Le Comité logement Beauharnois veut agir contre les logis insalubres

Michel Thibault michel.thibault@tc.tc
Publié le 25 novembre 2015

Eric Deroi et Diane Neuville ont témoigné du mauvais état de leurs anciens logements à Beauharnois.

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Le Comité logement Beauharnois demande au gouvernement du Québec et aux municipalités de légiférer pour contraindre les propriétaires à maintenir leurs logements locatifs salubres et sécuritaires.

Nathalie Meunier, Annick Frappier et Christina Girard, du Comité logement Beauharnois
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Malgré un redressement de l’économie de la Ville de Beauharnois ces dernières années, l’insalubrité de plusieurs logements reste un problème majeur dans la localité, a soutenu la présidente de l’organisme, Nathalie Meunier, en conférence de presse, mercredi.

«Au CLSC, c’est une des plaintes qui revient le plus souvent, l’insalubrité des logements. Dans certains édifices, le système électrique est trop dangereux pour installer laveuse et sécheuse», a fait part Louis-Philippe-Boucher, organisateur communautaire aux CLSC de Beauharnois et Salaberry-de-Valleyfield.

Les infiltrations d’eau et d’air, ainsi que les moisissures constituent les principales lacunes.

Témoignages

«J’habitais un trois et demi à  Beauharnois. En signant le bail, en juillet, je ne l’avais pas réalisé mais il y avait seulement un calorifère dans le logement. L’hiver venu, j’avais tellement froid que je couchais avec un habit de motoneige», a témoigné Diane Neuville, parlant d’un ancien logement. Elle a ajouté qu’elle avait toujours la gorge irritée à l’époque. «Un moment donné, j’ai enlevé de la tapisserie, c’était noir comme mon chandail. Il était là mon problème», a-t-elle relaté.

Un autre locataire, Eric Deroi, a raconté que son propriétaire avait tout simplement peinturé par-dessus des moisissures dans un ancien logement à Melocheville. «J’étais toujours malade, je faisais de l’anxiété», a-t-il affirmé. «Tout son linge sentait les champignons», a lancé Sylvie Moreau, une autre dame présente à la conférence de presse.

Régie du logement

Coordonnatrice du CLB, Annick Frappier note que la Régie du logement constitue actuellement le seul recours de la majorité des locataires au Québec aux prises avec des problèmes de salubrité. «À la régie, les délais sont longs. Il faut compter de 12 à 18 mois», a-t-elle mentionné.

Sur 1000 municipalités, seulement une quinzaine, dont Montréal, disposent d’une règlementation sur l’entretien, la salubrité et la sécurité des logements locatifs, a-t-elle déploré. Pour relever le niveau d’encadrement, le CLB demande au gouvernement du Québec d’adopter un code du logement provincial et de soutenir financièrement les villes dans l’implantation de leur propre règlementation et l’embauche d’inspecteurs.