Beauharnois ne veut pas que Waukesha s’abreuve dans le lac Michigan

Michel Thibault michel.thibault@tc.tc
Publié le 4 mars 2016

Le lac Michigan vu de Chicago

©TC Media - Michel Thibault

La Ville de Beauharnois s’oppose au projet de la localité de Waukesha dans le Wisconsin de puiser son eau potable dans le lac Michigan.

Les élus de la municipalité ont adopté le 1er mars une résolution demandant aux autorités concernées au Canada et aux États-Unis de rejeter la demande de la localité américaine. Ce, comme plusieurs membres de l’Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent et l’organisation elle-même.

Pour préserver le vaste réservoir d’or bleu au cœur des États-Unis et du Canada, une entente a été conclue en 2005 accordant le droit de s’y abreuver aux seules villes situées dans son bassin versant, à moins d’un accord de l’ensemble de ces municipalités. Le territoire de Waukesha figure partiellement dans la zone sensible mais elle approvisionne plusieurs autres localités à l’extérieur. «Si on ouvre ça avec la Ville de Waukesha, on vient d’ouvrir la porte à vider les Grands Lacs vers des zones qui ne sont pas dans la ligne de partage des eaux», a fait part le maire Haineaut, exposant la position de sa ville et de l’Alliance.

Une vision qu’approuve Mathieu Traversy, porte-parole du Parti québécois en matière d’environnement et de développement durable. Exhorté à dire non au projet, le ministre titulaire David Heurtel a fait savoir, le 23 février, qu’il était trop tôt pour se prononcer, selon le quotidien La Presse.

Abreuver la Californie

L’accord limitant l’accès aux Grands Lacs a été conclu à la suite de projets de transporter son eau dans le sud des États-Unis «jusqu’en Arizona, au Texas et même jusqu’en Californie», a informé le maire de Beauharnois.

Selon l’Alliance, Waukesha a d’autres alternatives. «On ne fera pas mourir tout le monde de soif. Il y a une possibilité pour eux de s’alimenter sur une base de puits artésiens», a observé Claude Haineault.

Eau polluée

Ville de 71 000 âmes, Waukesha a reçu en 2009 l’ordre d’un tribunal de trouver une autre source d’eau potable parce que la sienne est contaminée au radium, selon La Presse. La localité plaide que sa nappe phréatique ne suffira pas à la demande. Elle fait valoir que sa consommation ne représentera qu’une infime fraction des Grands Lacs et qu’elle y retournera l’eau utilisée, en prenant soin de la traiter au préalable.