Un chien est resté pris dans un piège à castors durant deux heures : les pompiers l'ont libéré

Michel Thibault michel.thibault@tc.tc
Publié le 1 avril 2016

Mikele Elustondo et sa chienne Maïté.

©Gracieuseté

Un chien est resté coincé dans un piège à castors pendant près de deux heures sous les yeux de sa maîtresse impuissante le lundi 28 mars dans le Parc régional de Beauharnois-Salaberry. Il a fallu une intervention des pompiers pour libérer l’animal.

Mikele Elustondo se promenait avec une amie sur la route longeant le canal de Beauharnois, parallèle à la piste cyclable, lorsqu’elle a entendu les cris de sa chienne Maïté, qui les accompagnait, en liberté. «On s’est précipitées. On s’est rendu compte qu’elle était prise à deux endroits. Au cou et au bas du ventre. C’est atroce, je pensais qu’elle était décédée», raconte la résidente de Châteauguay.

Incapable d’ouvrir le piège refermé sur son chien souffrant, Mme Elustondo a composé le 911 sur son cellulaire. «Il fallait que je tienne mon chien parce que la trappe se refermait davantage lorsqu’elle bougeait», mentionne-t-elle.

Accès aux véhicules barrés

L’intervention des secours a été compliquée par les barrières cadenassées empêchant l’accès des véhicules au parc.

Les promeneurs mal pris se trouvaient près de la Halte du héron de la piste cyclable. Les policiers ont dû marcher un kilomètre et demi pour les rejoindre. Ils sont arrivés environ 45 minutes après son appel de détresse, selon Mme Elustondo. Et ils n’ont pas réussi à écarter les mâchoires de métal retenant la Boston terrier pesant une vingtaine de livres. Appelés en renfort avec leurs pinces de désincarcération, les pompiers de Beauharnois ont dû se faire débarrer un accès. «Durant ce temps, mon chien était à l'agonie. Il pleuvait, il était proche de l'hypothermie, tout comme moi d'ailleurs», fait part Mme Elustondo.

«On est passés par la voie maritime. Le chien a été dépris à 11h21, a indiqué Jean-Maurice Marleau, directeur du service de protection incendie de Beauharnois. C’est la première fois que nous avons un appel comme ça.»

Elle dénonce la situation. «Comment peut-on installer des pièges de cette nature où des personnes circulent? Un enfant ou un adulte aurait pu être gravement  blessé et l'accès aux secours est plus que difficile apparemment», exprime-t-elle.

Trappeur engagé par Hydro-Québec

Le piège qui a blessé le chien de Mme Elustondo a été installé par un trappeur engagé par Hydro-Québec pour contrôler la population de castors dans le secteur, a confirmé au journal Jonathan Petit, porte-parole de la société d’État. «C’est malheureux que le chien ait été blessé. Nous sommes contents qu’il se rétablisse», a-t-il mentionné.

Hydro-Québec fait capturer des castors pour prévenir les dommages qu’ils peuvent causer en bloquant des cours d’eau. L’objectif est aussi de protéger les travailleurs d’Hydro-Québec et le public en général contre les chutes d’arbres fragilisés par le rongeur, a informé M. Petit.

Le trappeur peut disposer à sa guise des castors «selon les lois en vigueur». Les bêtes ne sont pas déménagées mais éliminées, a confirmé le porte-parole.

Des pièges jusqu’au 1er avril

La trappe s’effectue uniquement entre le mois de décembre et le 1er avril de chaque année, a fait part Jonathan Petit. L’accident est survenu alors que le parc était «en principe fermé», a-t-il observé, l’ouverture officielle étant prévue le 15 avril.

Le porte-parole d’Hydro-Québec a rappelé que les visiteurs du parc doivent demeurer dans les aires aménagées et que les chiens doivent être tenus en laisse.

Mme Mikele affirme que plusieurs personnes fréquentent le parc en dehors de la période d’ouverture de la piste cyclable. Aucun panneau n’indique que ce soit interdit, souligne-t-elle. Il n’y a pas non plus d’avertissement concernant la présence de pièges, remarque-t-elle.