Beauharnois justifie ses rejets d’eaux usées dans le fleuve

Valérie Gagnon valerie.gagnon@tc.tc
Publié le 21 avril 2016

La rivière Châteauguay à un haut niveau en 2013.

©TC Media – Valérie Gagnon

La Ville de Beauharnois tient à rassurer les citoyens à la suite des articles publiés dans les quotidiens montréalais La Presse et le Journal de Montréal au sujet des eaux d’égout déversés dans le fleuve.

«On ne conteste pas les données qui sont là, sauf qu’il y a des débordements en période sèche qui ne le sont pas nécessairement parce que les équipements que nous avons font en sorte que les données enregistrées, peuvent traiter d’un débordement qui s’est produit deux jours avant et ce n’était pas nécessairement en temps sec», commente Claude Haineault, maire de Beauharnois, lors d’un entretien avec Le Soleil de Châteauguay.

La Fondation Rivières a fait ressortir des chiffres concernant les débordements d’eaux usées des municipalités longeant les bassins versants des rivières Châteauguay et Saint-Louis. Dans ce rapport sommaire, la Ville de Beauharnois est pointée du doigt pour ses 22 débordements en temps sec, jugés illégaux par le Règlement sur les ouvrages municipaux d’assainissement des eaux usées.

La Ville reconnaît que parmi ces débordements, un seul, d’une durée de 18 minutes, n’était pas normal puisque la raison demeure inconnue. En 2015, 404 déversements ont été répertoriés dans la localité.

«Cependant, les raisons des autres débordements ont été justifiées dans le formulaire du ministère du Développement durable et Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) puisqu’ils répondent aux normes de la Loi sur la qualité de l’environnement. Cette loi évoque que les débordements et les dérivations d’eaux usées permettent les surverses en temps de pluie, mais également lorsqu’ils se produisent en cas d’urgence, lors de la fonte des neiges, lors de travaux spécifiques ou lors d’une infiltration d’eau dans l’ouvrage causé par le dégel printanier», renseigne la municipalité par voie de communiqué.

Selon Clément Mortier, chargé de projet de l’étude de la Fondation rivières, la Ville de Beauharnois avait retenu leur attention en raison de l’important étalement urbain de la municipalité, depuis 2012.

12 M$

«On voudrait procéder aux réfections dès l’automne prochain», soutient M, Haineault. Pour le moment, Beauharnois attend une confirmation d’aide financière du gouvernement fédéral pour emboîter le pas. Un règlement d’emprunt de 12 M$ a été adopté en mai 2014 pour rénover les installations complètement, comprenant 19 stations et le bassin de décantation. «C’est des équipements qui datent de 30 ans et c’est sûr qu’on est rendus à l’étape de la remise aux normes», conclut M. Haineault.

L’acquisition d’analyseurs de surverse pour toutes les stations de pompage a été effectuée. Ces technologies ont été installées au mois de mars et permettent d’intervenir immédiatement en cas de débordement. 

Les données compilées par la Fondation Rivière proviennent du système de suivi des ouvrages municipaux d’assainissement des eaux du ministère des Affaires municipales.

À Châteauguay

Le rapport collige aussi des données de la Ville. En 2015, 258 débordements et deux non-respects des exigences non réglementaires du MDDELCC sont rapporté dans le document. La mairesse Nathalie Simon croit que c’est une situation généralisée au Québec. La difficulté pour les municipalités est de revoir tout le réseau d’infrastructures, soutient-elle. Actuellement, les caméras inspectent l’état des égouts pluviaux afin de voir où il y aurait de la contamination. Elle considère que les changements climatiques contribuent à la problématique puisque selon, Mme Simon, aucun réseau pluvial n’est en mesure de composer avec les pluies diluviennes qui sont plus fréquentes.

À Sainte-Martine

Selon le même rapport, il y aurait absence de données concernant les débordements de 2015 ainsi que le traitement de 2014. La mairesse Maude Laberge assure que ces données ont été transmises au ministère. «Notre direction des travaux publics transmet les rapports requis par le ministère de l’Environnement conformément au calendrier d’échantillonnage qui s’applique à nous», assure-t-elle. Des réfections ont été complétées à la station d’épuration pour une mise à niveau.

À Saint-Isidore

Selon Sébastien Carignan-Cervera, directeur général de la municipalité de Saint-Isidore, un appel d’offres est en cours pour améliorer l’unité de déphosphatation. «Nous travaillons en étroite collaboration avec le MDDELCC afin d’identifier les améliorations à apporter à nos installations. Ainsi, depuis les dernières années, nous avons fait des travaux de réfection à l’usine de pompage principale», fait-il savoir.