Les syndicats réclament des réinvestissements majeurs en santé


Publié le 27 janvier 2017

Les représentants syndicaux Annette Herbeuval, Jacques Létourneau et Steve Brady, ont rencontré les médias à l’extérieur du Centre d’hébergement Cécile-Godin de Beauharnois.

©TC Media – Marie-Josée Bétournay

Les représentants de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) rencontreront le ministre des Finances au début février dans le cadre des consultations prébudgétaires. Jacques Létourneau, président du syndicat, réclame de Québec des réinvestissements majeurs dans le réseau de la santé pour pallier le manque de personnel.

Ce sont des gens qui ont choisi leur carrière, des gens qui ont étudié et qui veulent faire ce métier-là, mais on ne leur donne pas la possibilité de le faire. Annette Herbeuval, présidente du Conseil central de la Montérégie (CSN)

M. Létourneau demande l’ajout de préposés aux bénéficiaires et d’équipes de soins dans les établissements. «Les gens sont confrontés à une augmentation considérable de la charge de travail. (…) Il faut s’assurer que les services à la population soient donnés par un nombre suffisant de travailleurs. (…) On plaide pour un investissement récurrent et durable dans le réseau autrement les services vont s’effriter», dit-il.

Le président du syndicat qualifie de «saupoudrage» les sommes injectées par Québec au cours des dernières années. «Pour suivre l’inflation, il aurait fallu investir de 4,5 % à 5 % par année, alors que ç’a été du 1,5 % à 2 %. Les derniers investissements n’ont pas permis de rattraper ce qui a été coupé dans les deux dernières années», mentionne-t-il.

Steve Brady, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du réseau du Suroît explique qu’une moyenne de 15 % des membres sont absents actuellement. «Sur 830 membres, 111 sont soit en arrêt de maladie ou sur la CNESST (Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail)», lance-t-il. L’essoufflement et la surcharge de travail seraient à l’origine de cette situation, soutient M. Brady. «Les infirmières sont obligées de faire 16 heures par jour à l’urgence. Les préposés aux bénéficiaires font du temps supplémentaire pour aider nos autres collègues. Les gens sont essoufflés. (…) Sur 70 patients, on devrait avoir 6 préposés et il y a des journées où on est juste 4. Il faut les couvrir pareil, on est là pour les patients», ajoute-t-il. Les syndicats soutiennent que les problèmes de main-d’œuvre se font aussi ressentir au sein du personnel administratif. La CSN compte plus de 3500 salariés du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Ouest de toutes les catégories de personnel.