Pris avec un ancrage de câbles d’Hydro dans son entrée


Publié le 1 février 2017

Francis Legault doit payer 2100$ pour enlever les haubans d’Hydro-Québec dans son stationnement.

©TC Media - Valérie Gagnon

Un propriétaire d’une maison à Beauharnois se désole d’être obligé de payer des frais pour déplacer des câbles d’Hydro-Québec ancrés dans son stationnement pour retenir une série de poteaux.

Francis Legault a acquis son terrain de 1400 mètres carrés pour 70 000$ dans le secteur de Melocheville en 2014. Lorsqu’il authentifie son achat chez le notaire, ce dernier lui mentionne qu’une servitude d’Hydro-Québec donne les droits à cette société d’État d’installer ses matériaux pour prolonger l’alimentation en électricité.

Hydro-Québec a posé l’ancrage litigieux quelques mois après la transaction.

Menuisier depuis plusieurs années, M. Legault a construit sa demeure et a emménagé en juillet 2015.

C’est en 2016 que l’homme de 33 ans a fait une demande à Hydro-Québec pour déplacer les haubans, qui se trouvaient dans son entrée qu’il voulait asphalter. Il a appris que c’était possible, mais à ses frais.

«Moi, je dois payer 2100$ pour les tasser quand ils auraient pu le faire dès le début», reproche-t-il. Il a tenté de convaincre les sous-traitants au moment de l’installation des câbles de ne pas les planter dans son entrée. Cette mauvaise configuration l’empêche de stationner une autre voiture devant son deuxième garage. Francis Legault déplore qu’Hydro-Québec exige un versement complet des coûts des travaux avant de réaliser la correction. «Je trouve ça dommage. Je suis un bon payeur et je suis obligé de payer ces travaux, c’est beaucoup de sous», rend-il compte. Il a demandé s’il était possible de couper les câbles plutôt que de recreuser pour enlever l’ancrage afin de réduire la facture. Selon les estimés d’Hydro-Québec, cette façon de faire lui ferait épargner 70 $.

« Ce n’est pas que ce soit dans mon stationnement qui me dérange, c’est plus pour l’apparence», dit-il. Une source de Bell Canada se trouve aussi parmi les câbles qui sont fixés au sol.

La position d’Hydro-Québec

«C’est le principe de demandeur payeur. Les frais doivent être assumés par le client», indique Jonathan Petit, porte-parole d’Hydro-Québec. Les techniciens avaient les plans de lotissement, mais pas les détails des entrées, selon ce dernier. Un promoteur a demandé le prolongement de la ligne d’électricité en 2013. Hydro-Québec a procédé à l’acquisition des droits de servitudes en décembre de cette même année. «En février 2014, la construction du réseau est terminée, dont les haubans présents sur la photo, mentionne-t-il. Le raccordement de cette résidence a été complété en novembre 2014.» Les modifications qui doivent être faites afin de permettre la relocalisation des câbles au sol impliquent le déplacement de deux poteaux.

Demande de modification du réseau électrique en chiffres

404

Au cours des trois dernières années, Hydro-Québec a effectué 404 déplacements de réseau, à la demande et aux frais de clients privés, partout dans la province.

4431

Au cours de cette même période, 4431 autres demandes d’estimation ont été signalées et abandonnées ensuite par les clients.

675

Présentement, Hydro-Québec traite 675 demandes du même type.

(Source:Hydro-Québec)

 

Les câbles et l’ancrage dans le stationnement.
Facebook – Spotted Beauharnois

Et la valeur de l’habitation baisse-t-elle?

Luc Jodoin, courtier immobilier reconnu dans la région du Grand Châteauguay, évalue cette maison à 350 000$ sans compter le problème des câbles. «C’est sûr et certain que ça diminue la valeur d’une maison, dit-il. Irais-tu t’acheter une maison avec un garage double et un fil électrique dans ta cour avec des enfants? Ça peut diminuer une maison d’au moins 50 000$ minimum. Ils (techniciens d’Hydro-Québec) auraient pu changer le fil de bord et ça aurait fait la même affaire», dit-il. Les gens ne seront pas intéressés à l’acquérir, même si la propriété est parfaite, ajoute-t-il. «Quand vous achetez une maison de 200 000$ et qu’on est dans le bas de gamme, les gens sont un peu plus tolérants. Là, nous entrons dans les maisons de haut de gamme, ces maisons à Melocheville sont plus difficiles à vendre […] ça fait 16 ans que je suis agent immobilier et je n’ai jamais vu ça», conclut-il. Ce courtier croit qu’Hydro-Québec devrait payer une partie des ajustements.