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À la recherche d'autres trésors dans l'île Saint-Bernard à Châteauguay


Publié le 14 juillet 2017

(English follows) Les étudiants en archéologique de l’École de fouilles de l’Université de Montréal poursuivent pour une troisième année leurs recherches dans l’île Saint-Bernard. Cette année, deux élèves mohawks de Kahnawake ont été intégrés à l’équipe.

Adrian L. Burke, qui dirige l’équipe de fouilles de l’Université de Montréal, souhaite intégrer lorsque c’est possible des représentants des Premières nations afin «que ceux-ci s’approprient leur histoire», dit-il.  Mais cette année, aucun étudiant universitaire au programme d’archéologie n’était candidat. L’équipe a donc invité deux élèves d’une école secondaire de Kahnawake.

L’un d’eux, Joshua Sky, qui vient de terminer sa quatrième secondaire, confie que l’histoire de son peuple l’interpelle. «C’est fascinant de pouvoir retourner ainsi dans le temps. Les objets que l’on trouve prouvent que mes ancêtres étaient bien là», dit-il.

Le site de l’île Saint-Bernard regorge d’ailleurs d’objets qui témoignent de cette époque où les Amérindiens occupaient l’île, mais également de celle des premiers contacts avec les Européens. Comme des perles italiennes amenées par les Français comme monnaie d’échange. Ou encore une pipe fabriquée par les Européens selon un modèle typique amérindien.

Les deux élèves de Kahnawake ont reçu une formation pour assister aux recherches avec  l’équipe d’étudiants universitaires. «Au fond, l’archéologie est somme toute assez simple, dit M. Burke. Tout ce qu’il faut est être méticuleux et très observateur. Le seul aspect plus compliqué est la mise en contexte des artéfacts qui sont trouvés» spécifie-t-il. Une étape qui sera faite à la fin des fouilles de cet été, assure le chercheur.

Jusqu’au 30 juillet.

Les recherches se poursuivent dans l’île pendant tout le mois de juillet, qui est le mois officiel de l’archéologie. Une conférence de presse aura d’ailleurs lieu à la fin du mois pour dévoiler les découvertes. D’ici là, les visiteurs peuvent observer les étudiant à l’œuvre et poser des questions. Des objets trouvés dans l’île sont aussi en exposition au Manoir d’Youville, au Pavillon de l’île Saint-Bernard de même qu’à la bibliothèque municipale de Châteauguay.

Le projet de fouilles archéologiques dans l'île Saint-Bernard est rendu possible grâce à la collaboration de la Ville de Châteauguay, du Manoir D'Youville, d'Héritage Saint-Bernard, du Musée d'archéologie de Roussillon, de l'Université de Montréal et de l'INRS.

Un livre sur l’histoire de l’île Saint-Bernard.

Selon l’archéologue Adrian L. Burke, les recherches dans l’île Saint-Bernard devraient se terminer dans une année ou deux. «Ça dépend toujours du financement, mais en règle générale, on ne déterre jamais tout sur un site. Il faut en laisser un peu. D’abord parce que les méthodes de recherches, dans le futur, permettront peut-être de trouver de nouveaux indices. Mais également parce qu’il ne sert à rien de trouver des milliers d’objets sans faire une synthèse. Un moment donné, il faut s’arrêter et faire l’analyse de tout ça. Nous ferons donc, d’ici peu, des articles scientifiques sur nos découvertes ici. Mais nous pourrions également en faire une vulgarisation, qui pourrait prendre la forme d’un livre sur l’histoire de l’île Saint-Bernard», dévoile l’archéologue. Depuis le début des fouilles, quelque 30 000 artéfacts ont été déterrés de l’île.

Un site riche d’histoire

La particularité du site de l’île Saint-Bernard, sur le plan archéologique, est qu’il recèle des objets de trois époques différentes. Soit celle de l’occupation amérindienne, celle de l’arrivée des Européens, et celle où l’île était occupée par la congrégation religieuse des Sœurs grises. Les plus vieux objets trouvés à ce jour datent de 3000 ans, soit l’époque appelée «préhistorique» par les archéologues.

 

Archaeological excavations on Ile Saint-Bernard : Two Kahnawake students participate in researches

Patricia Blackburn  Translation Dan Rosenburg

 

Students in archaeology from the University of Montreal School of Excavations are pursuing their researches on Ile Saint-Bernard for the third year. This year, two Mohawk students from Kahnawake have been integrated onto the team.

Adrian L. Burke, who directs the University of Montreal excavations team, wishes to integrate when possible some First Nations representatives in order « that they appropriate their history, » he says. But this year, no university student in the archaeology program was a candidate. The team then invited two pupils from a secondary school in Kahnawake.

One of the two, Joshua Sky, who has just finished his fourth year of secondary school, confides that the history of his people calls out to him. « It's fascinating to be able to go back in time in this way. The objects we find prove that my ancestors were definitely there, » he says.

The site of Ile Saint-Bernard moreover is crammed with objects that attest to this time period where Amerindians occupied the island, but also of the era of initial contacts with the Europeans. Such as Italian pearls brought by people from France as money exchange. Or also a pipe manufactured by the Europeans according to a typical Amerindian model.

The two Kahnawake pupils received training to assist in the researches with the team of university students. « In the end, archaeology in sum total is simple enough, » Burke says. « All one needs is to be meticulous and very observant. The only more complicated aspect is the putting in context of some artifacts that are found, » he specifies. « It's a stage which will be done at the end of this summer's excavations, » he assures.

Until July 30

The researches continue on the island during the entire month of July, which is the official month of archaeology. A press conference will moreover be held at the end of the month to divulge the discoveries. Between now and then, visitors can observe the students at work and ask questions. Some items found on the island are also on exhibit at Manoir d'Youville, at the Pavillon de l'Ile Saint-Bernard, as well as at the Chateauguay Municipal Library.

The project of archaeological excavations on Ile Saint-Bernard is made possible thanks to the collaboration of the City of Chateauguay, the Manoir d 'Youville, Heritage Saint-Bernard, the Roussillon Archaeology Museum, the University of Montreal and the INRS Centre.

 

A book on Ile Saint-Bernard history

According to archaeologist Adrian L. Burke, the researches on Ile Saint-Bernard should be ending in a year or two. « That always depends on financing, but as a general rule, we never dig up everything at a particular site. We have to leave a bit there. First, because the methods of researches in the future will perhaps permit us to find new indications. But also because it accomplishes nothing to find thousands of objects without making a synthesis. At a given moment, we must stop and make an analysis of everything.  We then shortly must evaluate the scientific significance of our discoveries here. But we should also be able to make a popularization, which would take the form of a book on the history of Ile Saint-Bernard, » the archaeologist disclosed. SInce the start of the excavations, about 30,000 artifacts have been uprooted from the island.  

A rich historical site

The particularity of the Ile Saint-Bernard site, on the archaeological scale, is that it receives objects from three different time periods. There's the one of the Amerindian occupation, the one of the arrival of Europeans, and the one where the island was occupied by the religious Grey Nuns congregation. The oldest items found to this day date back to 3,000 years, or the period called « prehistoric » by archaeologists.