Mange avant que ça pousse !

Valérie Lessard valerie.lessard@tc.tc Publié le 8 septembre 2015

Steve Vachon, propriétaire des Serres Bien-être et bon goût s’est lancé dans la production de pousses.

©Photo TC Media-Valérie Lessard

Manger un légume avant qu’il ne pousse ne relève pas de la science-fiction. Il est possible de le consommer dans sa phase «pousse ou micro-pousse», soit quelques jours après la semence de la graine. Un jeune entrepreneur de Mercier s’est d’ailleurs lancé dans la production de ce type d’aliment et souhaite séduire les paniers d’épicerie de la province.

Je veux que ça devienne un légume qu’on achète toutes les semaines. Pas juste quand on reçoit de la visite et qu’on veut faire fancy dans l’assiette.

Steve Vachon, propriétaire des Serres Bien-être et bon goût

Steve Vachon a beau être dans la fin vingtaine, à voir son CV, on pourrait croire qu’il est beaucoup plus vieux tant il est actif sur le marché du travail. Vente d’automobiles, gérant de magasin, guide touristique, gérant d’une bijouterie, vendeur de fines herbes, il en a fait des détours avant d’arriver à la production et la vente de pousses. «À l’école, j’ai toujours été TDAH(trouble du déficit d’attention avec ou sans hyperactivité) dans le tapis, j’avais toujours trois films qui me jouaient dans la tête, mais j’étais incapable de me concentrer sur le «film» qui était dans la classe», illustre-t-il.

Découvrir un nouveau marché

Ayant eu ses premiers contacts avec l’agriculture lors d’un emploi comme vendeur de fines herbes dans un marché montréalais il y a quelques années, il a ensuite commencé à mettre la main à la terre sur le terrain de son père à Mercier en y construisant des serres. Il produisait notamment des tomates, des concombres, des fleurs culinaires et des fines herbes avec sa compagnie les Serres Bien-être et bon goût. «Cette année je n’avais pas envie de retourner au marché et d’essayer de vendre mes plants de tomates quand on est 75 à essayer de vendre nos plants de tomates, explique-t-il. Je voulais faire de quoi de nouveau.» En fouillant sur le web, il a trouvé le défi dont il avait besoin : la pousse.

Beaucoup plus que de la décoration d’assiette

Vanté pour sa saveur prononcée (la pousse de brocoli goûte beaucoup le brocoli!) et les nutriments qu’on retrouve dans ces petites pousses d’à peine quelques centimètres, ce type d’aliment demeure méconnu du grand public. «Il y a des gens qui vont penser luzerne, granola, salade. C’est tout, dit-il. D’autres vont dire : ah oui! De la décoration d’assiette. À la quantité de nutriments qu’il y a là-dedans, c’est absurde de prendre ça juste pour décorer les assiettes.» Il affirme qu’une pousse, selon la variété, peut contenir de 20 % à 600% plus de nutriments que dans son légume mature.

Les mains pleines de pousses

Son produit suscite de l’intérêt, car en quelques mois seulement, il a réussi à percer le marché de près de 20 épiceries de la région de Montréal. «Je suis assez fier», commente-t-il. Pour réussir à progresser, il met les bouchées doubles. Chaque semaine il doit semer de nouvelles pousses, en plus de faire la livraison dans les commerces et de faire des dégustations chaque week-end dans les supermarchés.

Comme rien n’arrête l’entrepreneur, il prépare déjà l’avenir de son jeune produit. D’ici l’automne, il aimerait offrir la vente de semences en ligne pour que les gens puissent cultiver eux-mêmes des pousses. L’an prochain il envisage de proposer des produits transformés à base de pousses comme des mélanges à salades, des huiles et des mélanges à jus.

Nouveau légume miracle?

La pousse est-elle meilleure que le légume lui-même? Selon Joëlle Émond, nutritionniste de la région, il faut être prudent sur ce qu’on entend. «Quand un nouvel aliment arrive sur le marché, il y a souvent un effet boule de neige et tout le monde lui attribue des vertus», explique-t-elle.  Dans le cas des pousses, par exemple, Mme Émond indique qu’il est trop tôt pour connaître leurs réelles qualités nutritives d’un point de vue scientifique. Pas assez d’études n’ont été faites sur le sujet. «Les études ont prouvé que des aliments comme le chou et le brocoli  étaient d’excellents anti-cancérigènes. Est-ce que dans le futur, on pourra conclure que la pousse de brocoli et de chou est encore meilleure? Peut-être», illustre-t-elle.

En attendant, la nutritionniste recommande tout de même aux gens de consommer des pousses. «Ça apporte une variété dans ton assiette et c’est l’fun, ça ouvre tout un univers gustatif», conclut-elle.

Qu’est-ce qu’une pousse?

  • C’est le format bébé d’un plant d’herbe, de céréale ou de légume.

Quelques pousses offertes par les Serres BEBG

  • Brocoli, moutarde, roquette, blé, chou, tournesol, radis.

 

 

Mange avant que ça pousse !

Valérie Lessard valerie.lessard@tc.tc Publié le 8 septembre 2015

Steve Vachon, propriétaire des Serres Bien-être et bon goût s’est lancé dans la production de pousses.

©Photo TC Media-Valérie Lessard


Manger un légume avant qu’il ne pousse ne relève pas de la science-fiction. Il est possible de le consommer dans sa phase «pousse ou micro-pousse», soit quelques jours après la semence de la graine. Un jeune entrepreneur de Mercier s’est d’ailleurs lancé dans la production de ce type d’aliment et souhaite séduire les paniers d’épicerie de la province.

Je veux que ça devienne un légume qu’on achète toutes les semaines. Pas juste quand on reçoit de la visite et qu’on veut faire fancy dans l’assiette.

Steve Vachon, propriétaire des Serres Bien-être et bon goût

Steve Vachon a beau être dans la fin vingtaine, à voir son CV, on pourrait croire qu’il est beaucoup plus vieux tant il est actif sur le marché du travail. Vente d’automobiles, gérant de magasin, guide touristique, gérant d’une bijouterie, vendeur de fines herbes, il en a fait des détours avant d’arriver à la production et la vente de pousses. «À l’école, j’ai toujours été TDAH(trouble du déficit d’attention avec ou sans hyperactivité) dans le tapis, j’avais toujours trois films qui me jouaient dans la tête, mais j’étais incapable de me concentrer sur le «film» qui était dans la classe», illustre-t-il.

Découvrir un nouveau marché

Ayant eu ses premiers contacts avec l’agriculture lors d’un emploi comme vendeur de fines herbes dans un marché montréalais il y a quelques années, il a ensuite commencé à mettre la main à la terre sur le terrain de son père à Mercier en y construisant des serres. Il produisait notamment des tomates, des concombres, des fleurs culinaires et des fines herbes avec sa compagnie les Serres Bien-être et bon goût. «Cette année je n’avais pas envie de retourner au marché et d’essayer de vendre mes plants de tomates quand on est 75 à essayer de vendre nos plants de tomates, explique-t-il. Je voulais faire de quoi de nouveau.» En fouillant sur le web, il a trouvé le défi dont il avait besoin : la pousse.

Beaucoup plus que de la décoration d’assiette

Vanté pour sa saveur prononcée (la pousse de brocoli goûte beaucoup le brocoli!) et les nutriments qu’on retrouve dans ces petites pousses d’à peine quelques centimètres, ce type d’aliment demeure méconnu du grand public. «Il y a des gens qui vont penser luzerne, granola, salade. C’est tout, dit-il. D’autres vont dire : ah oui! De la décoration d’assiette. À la quantité de nutriments qu’il y a là-dedans, c’est absurde de prendre ça juste pour décorer les assiettes.» Il affirme qu’une pousse, selon la variété, peut contenir de 20 % à 600% plus de nutriments que dans son légume mature.

Les mains pleines de pousses

Son produit suscite de l’intérêt, car en quelques mois seulement, il a réussi à percer le marché de près de 20 épiceries de la région de Montréal. «Je suis assez fier», commente-t-il. Pour réussir à progresser, il met les bouchées doubles. Chaque semaine il doit semer de nouvelles pousses, en plus de faire la livraison dans les commerces et de faire des dégustations chaque week-end dans les supermarchés.

Comme rien n’arrête l’entrepreneur, il prépare déjà l’avenir de son jeune produit. D’ici l’automne, il aimerait offrir la vente de semences en ligne pour que les gens puissent cultiver eux-mêmes des pousses. L’an prochain il envisage de proposer des produits transformés à base de pousses comme des mélanges à salades, des huiles et des mélanges à jus.

Nouveau légume miracle?

La pousse est-elle meilleure que le légume lui-même? Selon Joëlle Émond, nutritionniste de la région, il faut être prudent sur ce qu’on entend. «Quand un nouvel aliment arrive sur le marché, il y a souvent un effet boule de neige et tout le monde lui attribue des vertus», explique-t-elle.  Dans le cas des pousses, par exemple, Mme Émond indique qu’il est trop tôt pour connaître leurs réelles qualités nutritives d’un point de vue scientifique. Pas assez d’études n’ont été faites sur le sujet. «Les études ont prouvé que des aliments comme le chou et le brocoli  étaient d’excellents anti-cancérigènes. Est-ce que dans le futur, on pourra conclure que la pousse de brocoli et de chou est encore meilleure? Peut-être», illustre-t-elle.

En attendant, la nutritionniste recommande tout de même aux gens de consommer des pousses. «Ça apporte une variété dans ton assiette et c’est l’fun, ça ouvre tout un univers gustatif», conclut-elle.

Qu’est-ce qu’une pousse?

  • C’est le format bébé d’un plant d’herbe, de céréale ou de légume.

Quelques pousses offertes par les Serres BEBG

  • Brocoli, moutarde, roquette, blé, chou, tournesol, radis.