De l’enseignement à la religion: entretien avec un responsable de cimetière

Marie-Josée Bétournay marie-josee.betournay@tc.tc
Publié le 27 octobre 2016

Robert Byette évalue à 18 heures le temps nécessaire pour tondre la pelouse. Il exécute cette tâche avec un autre bénévole.

©TC Media – Marie-Josée Bétournay

Le résident de Beauharnois Robert Byette a deux vies. La première, il l’a consacrée à l’enseignement. La seconde, il la dédie aux chrétiens comme coresponsable du cimetière de la paroisse Saint-Clément de Beauharnois.

Les signes religieux disparaissent (sur les monuments). -Robert Byette, coresponsable du cimetière

Entre ces deux mondes, différents à première vue, M. Byette note quelques rapprochements. «Dans les deux cas, je suis en contact avec les gens. À l’école, je rencontrais des parents et ici des familles. Je connais les familles. Plusieurs personnes sont de mes anciens élèves», dit-il.
Robert Byette a passé 36 ans dans le milieu de l’éducation. Il a enseigné l’histoire à des adolescents de la 4e et de la 5e secondaire à l’École secondaire des Patriotes-de-Beauharnois avant de diriger l’établissement pendant les 13 dernières années de sa carrière. Sa deuxième vie s’est manifestée après qu’une ancienne collègue de travail lui ait demandé son aide pour informatiser les lots du cimetière de la paroisse Saint-Clément de Beauharnois, en 2012. «J’ai travaillé au recensement des lots et des monuments. Après, le curé m’a demandé pour être marguillier. J’ai refusé. Il m’a alors proposé l’entretien du cimetière. J’ai été tenté puisque je travaillais avec René Vigneau (diacre au sein de la paroisse)», relate le bénévole de 62 ans.


Lieu serein

Depuis, M. Byette passe pratiquement toutes ses journées dans ce cimetière où les gens sont enterrés été comme hiver. Alors que plusieurs considèrent les cimetières comme des lieux macabres, Robert Byette y voit plutôt un site empreint de sérénité. «C’est un endroit magique. On côtoie les morts, mais aussi le calme, la paix», souligne-t-il. M. Byette ajoute qu’à la lecture de monuments, le cimetière raconte également de larges pans de notre histoire. Qui y retrouve-t-on? De populaires personnages, dont l’ancien maire de Beauharnois Paul Francoeur et la femme aux multiples métiers – elle a été tour à tour enseignante, infirmière et technicienne en laboratoire - Anna Laberge. Robert Byette est rarement laissé seul à lui-même. Des cyclistes, des marcheurs, des coureurs, des lecteurs et même des éducatrices à l’enfance et leurs petits fréquentent le cimetière. Le site se veut même le terrain de pratique des futurs élagueurs inscrits au Centre de formation professionnelle des Moissons de Beauharnois.
Et la mort? M. Byette a apprivoisé la mort depuis qu’il donne de son temps au cimetière. «J’ai eu le malheur de trouver mon père mort. Ça m’a hanté pendant plusieurs nuits. C’est un signe, dit-il de son emploi bénévole. Je me suis dit “écoute Robert, tu es capable d’accompagner les gens”.»