Le poêle à éthanol explose : graves blessures aux jambes

Michel Thibault michel.thibault@tc.tc
Publié le 27 mai 2016

Une soirée de détente à l’extérieur a tourné au cauchemar pour une résidente de Beauharnois le vendredi 20 mai. Un petit poêle à l’éthanol qui devait égayer l’atmosphère a éclaté causant de graves brûlures à Carole Coutu. «Si ma voisine n’avait pas été là, j’étais morte», a confié la femme interviewée à son domicile jeudi.

C’est un film d’horreur que j’ai vécu Carole Coutu

Mme Coutu a acheté l’appareil, l’an dernier, à la vente de fermeture de la Boutique Dollar et plus à Beauharnois. Au prix réduit de 25 $ plutôt que 50. C’était la première fois qu’elle l’utilisait le 20 mai. Le poêle de forme ronde a la taille d’une citrouille. «Ça fait une petite flamme d’ambiance. Une demi-heure après l’avoir allumé, on a entendu une explosion. Sur le coup, je pensais que ça s’était produit dans la cour. Je n’ai pas réalisé que j’étais en feu», a relaté Mme Coutu, assise dans sa cuisine, ses deux jambes couvertes de pansements blancs.

Avec l’éclatement du foyer, elle a été aspergée d’éthanol enflammé qui a continué à brûler sur son corps et ses vêtements mais sans flamme très visible. Ça a pris un instant avant qu’elle le réalise. «J’ai vu des reflets de petites flammes bleues. J’ai dit : my god je brûle, je brûle ! Je ne voyais pas les flammes sauf si j’étais vraiment proche», a-t-elle fait part. Une douleur intense est apparue. Le feu a grimpé sur le haut de son corps. «Je suis entrée dans la maison. Je ne savais pas quoi faire pour l’éteindre. Me rouler par terre ? J’ai enlevé mon pantalon. La peau est venue avec» a-t-elle affirmé.

Sauvée par la voisine

Au même moment, sa voisine Marie-Christine Fauteux avait aussi parti un feu dans un foyer extérieur. «Pour moi, feu va avec eau. J’avais mon boyau d’arrosage à portée de main. J’ai entendu ma voisine crier : au feu, au feu, je l’ai arrosée», a-t-elle raconté. Formée en premiers soins, Mme Fauteux a éteint le feu puis réconforté sa voisine. «Même si j’avais mal, sa main dans le dos me faisait du bien», a confié Mme Coutu. «Je savais qu’elle était brûlée au deuxième degré et en partie au troisième», a précisé sa voisine envers qui elle est très reconnaissante.

Graves conséquences

Les premiers répondants, les pompiers et les ambulanciers sont intervenus. Mme Coutu a été soignée à l’hôpital Anna-Laberge. Arrivée à 21h30 elle est ressortie à 1h30 du matin. Elle doit changer ses pansements chaque jour et subira une greffe de peau dans trois semaines. «Il faut que ça guérisse un peu avant», a-t-elle informé. Avec ses blessures, Mme Coutu se déplace difficilement. Elle est forcée de fermer temporairement le service de garde en milieu familial qu’elle offre dans sa maison. «Je suis travailleuse autonome alors je n’ai pas de revenus», s’est-elle désolée. Et comme c’est son corps qui a été brûlé et non ses biens, elle n’a droit à aucun dédommagement de son assureur, a-t-elle spécifié. Elle n’exclut pas une action en justice. «S’il y a moyen, oui. Je vais essayer de voir s’il existe un recours collectif», a-t-elle mentionné.

Incompréhension

Mme Coutu assure avoir utilisé l’appareil en respectant les règles de sécurité. «Ce n’est pas arrivé parce que nous n’avons pas suivi les mises en garde. C’est joli, c’est attirant, c’est une bombe à retardement. Je ne comprends pas qu’ils n’enlèvent pas ça de sur le marché», conclut-elle.

Des articles non homologués

Le service de protection incendie de Beauharnois a pris possession de l’appareil à des fins d’expertise. Son directeur Jean-Maurice Marleau a confirmé que le foyer en question n’était pas approuvé par un organisme comme CSA ou ULC. «On recommande aux consommateurs d’être vigilants avec les produits non homologués», a-t-il insisté. Plusieurs articles vendus à petits prix dans les magasins à rabais comme les foyers à l’éthanol mais aussi des veilleuses, barres multiprises et autres articles électriques peuvent représenter une économie à l’achat mais un risque accru d’incendie, a laissé entendre M. Marleau.