Un jeune abbé arrive à Sainte-Martine

Un jeune abbé arrive à Sainte-Martine

Crédit photo : Le Soleil de Châteauguay - Valérie Gagnon

ENTREVUE. Le jeune abbé Paul Akpa aime se promener en MINI Cooper et en rouli-roulant. Parfois, il se déplace en Hoverboard, planche à roulettes électrique. Le dimanche 1er octobre, l’homme de 39 ans donnera sa première messe aux paroissiens des communautés chrétiennes de Sainte-Martine, Saint-Urbain-Premier et Howick/Très-Saint-Sacrement. Entretien avec un trentenaire qui a choisi de donner sa vie à la grâce de Dieu.

Q Qu’est-ce qui vous amène dans la région?

R Initialement, je venais pour un ressourcement dans un monastère à Saint-Jean-de-Matha, et j’ai prêté mes services au Diocèse de Valleyfield. J’ai servi ce diocèse pendant quatre ans. J’ai aussi une perspective d’études. J’ai commencé un baccalauréat en psychologie après la théologie et la philosophie. Pour moi, la psychologie est vraiment la science qui détermine tout. Mon projet à long terme est de montrer que psychologie et spiritualité se rejoignent quelque part ou elles sont complémentaires.

Q Croyez-vous attirer plus de jeunes à l’église?

R Oh mon dieu… je ne sais pas. On va compter sur la grâce de Dieu. C’est sûr qu’on a des désirs quand on vient quelque part et qu’on a une mission, mais en tant que prêtre, ce n’est pas nous qui faisons tout. Notre travail est important, mais le reste dépend du Seigneur. C’est sûr que je donnerai le maximum de moi pour que les jeunes puissent revenir à l’église. Puisque je suis jeune, j’ai une vision un peu différente de la vieille école. Comme jeune, je vis dans mon temps et ça ne m’empêche pas d’être un prêtre. Je suis comme tous les jeunes. Je porte des jeans. On ne me distinguerait pas des autres. Bien sûr, pendant la messe, j’ai une tenue de prêtre. Aujourd’hui, exceptionnellement, j’ai un col romain, mais je n’en mets pas toujours, c’est mon choix.

Q Pourquoi les gens vont moins à l’église, selon vous?

R On va dire que c’est culturel. C’est une dynamique qui s’est installée de manière progressive dans l’histoire du Québec que j’ai pu découvrir avec le temps. Les jeunes ne s’identifient plus à ce que l’église a été et ce qu’elle est aujourd’hui. Les jeunes ont d’autres recherches et quêtes de spiritualité. Ils la remplissent plutôt dans autre chose; par la méditation, le yoga, etc. C’est parce que l’église ne répond pas à ce qu’ils espèrent ou ce qu’ils attendent.

Q Comment c’est manifesté votre intérêt à Dieu?

R  D’abord, ma famille est très chrétienne. Mon grand oncle était le premier cardinal de la Côte d’Ivoire; Monseigneur Yago, l’oncle de mon père. Puis du côté de ma mère, celui qui a pris soin d’elle, c’était le second cardinal, donc j’ai été éduqué dans une famille chrétienne. Après cela, je me suis éloigné de l’Église. Je n’étais pas attiré par la prêtrise. J’ai fait beaucoup de chose, un peu de yoga, j’ai roulé ma bosse en quête de vie spirituelle jusqu’à ce que mon éducation chrétienne me rattrape, que je vois que c’est là que j’ai grandi et je me suis trouvé pleinement rempli et rassasié. Ce que je recherchais à l’extérieur, je me suis rendu compte que c’était déjà présent dans l’Église et c’est comme ça que j’ai repris le chemin de l’Église. J’ai une expérience personnelle qui a fait que j’ai décidé de consacrer toute ma vie au Seigneur.

Q Que comptez-vous faire pour revitaliser les activités dans cette église?

R  Je vais observer ce qui se fait. Avec l’aide des uns et des autres, on va pouvoir déterminer ce qui a été essayé d’être mis en place. Je ne viens pas avec des idées préconçues. Je viens avec un esprit d’analyse et un désir de voir ce que tous ensemble ont essayé d’apporter. Il y a un adage qui dit : «L’étranger, il a de gros yeux, mais il ne voit pas vraiment.»

Administrer une paroisse chrétienne

Les curés sont attitrés à une paroisse pour une période de six ans, renseigne l’abbé André Lafleur du Diocèse de Valleyfield. Paul Akpa est un abbé nommé administrateur paroissial qui donnera la messe dans les communautés de Sainte-Martine, Saint-Urbain-Premier et Howick/Très-Saint-Sacrement pour une période indéterminée. Sa venue à Sainte-Martine est vue d’un bon œil de la part de M. Lafleur. «Il est rempli du feu de l’esprit. Il est jeune et très dynamique, il saura rassembler la communauté», commente-t-il.