Registres et référendums : Faisons-nous confiance !

Publié le 2 mars 2017

Nathalie Simon

©(TC Media- Andrew Clark)

Et si l'abolition de l'obligation de tenir des registres dans les villes était une bonne chose? Si, plutôt que de museler les citoyens, cette réforme du mode de gouvernance devenait au contraire la porte ouverte sur une nouvelle ère de communication entre les élus et les citoyens dont ils défendent les intérêts?

Voilà les questions qui, à mon sens, devraient rejaillir du débat soulevé par l'étude du projet de Loi 122 sur la gouvernance de proximité. Malheureusement, on s'attarde à ce que l'on veut abolir, plutôt que sur ce que l'on veut créer. Le débat s’en trouve tronqué et le propos réducteur.

À entendre ce qui se dit, nous, les élus, cherchons à pouvoir faire n'importe quoi en douce en faisant taire les citoyens et l'opposition. En s'appuyant sur ces prémices, on occulte le fait que le registre, dépeint ces jours-ci comme le dernier rempart de la démocratie municipale, sert plus souvent qu'autrement à faire entendre la voix d'une minorité d'individus au détriment de la majorité de la population. Ainsi, la nature même de cet outil démocratique est pervertie.

Attardons-nous aux raisons qui poussent une majorité de villes à demander l’abolition du registre. Comprenons combien la façon de faire actuelle peut brimer une communauté en empêchant la réalisation de projets intéressants et porteurs, susceptibles de redonner vie à des quartiers vieillissants où la mise en place de services municipaux bénéficiera à tous. La peur du changement guide trop souvent une certaine mobilisation et paralyse la municipalité dans sa capacité à répondre aujourd’hui aux besoins de demain.

Contrairement à ce que l'on entend, l'abolition de l'obligation de tenir un registre cherche à forcer la mise en place d'un processus de consultation où les citoyens seraient au cœur des décisions, accompagnant les élus et l'administration municipale dans leur prise de décision. Il ne s’agit plus de se battre les uns contre les autres. Il s’agit de travailler ensemble à définir le meilleur projet.

Si nous voulons rendre nos municipalités plus efficaces et faire plus de place à la démocratie participative, il devient impératif de réformer nos façons de faire. Ce n'est pas en gardant le même vieux cadre réglementaire que nous y arriverons. Faisons-nous confiance!

Nathalie Simon,

Mairesse de Châteauguay