VIDÉO – Agriculture : la plus belle saison de Pier-Hugues Seers

VIDÉO – Agriculture : la plus belle saison de Pier-Hugues Seers
Pier-Hugues Seers et sa fille Zoé (Photo : Gracieuseté)

Une imposante machine verte avance dans un champ éclairé par un soleil bas. Ses dents d’épaulard à ras de terre, elle avale l’une après l’autre des rangées de maïs desséché. Son dos se bombe d’or. Quand sa panse est pleine, le bétail fort comme 50 bœufs se dirige vers un dix-roues qui conviendrait au transport de la neige. Là, c’est un jet de grains dorés que lui souffle la moissonneuse-batteuse.

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Cette scène est typique à l’automne dans la région. Celle-là se passait le samedi 25 octobre à Les Fermes Luc et Ph Seers à Sainte-Martine. Première journée de récolte du maïs. « Et c’est un départ pour la plus belle des saisons !! » lisait-on sur la page Facebook de l’entreprise.

(Photo Michel Thibault)

Ph, c’est Pier-Hugues. Il conduisait le dix-roues. À quoi ressemble le temps des récoltes ? « C’est toujours avec la température. Quand ça fonctionne, on essaie tout le temps de maximiser. C’est toujours du 16, 18, 20 heures. Même, des fois, on fait des 24 heures quand on n’a pas le choix, mais le moins souvent possible. La fatigue on essaie de faire attention », a-t-il indiqué au Soleil de Châteauguay tandis que la moissonneuse-batteuse remplissait son camion. « On est à la merci de la météo. On essaie de faire ce qu’on peut pour nourrir la population », a-t-il souligné. Une superficie de 1000 acres attendait alors d’être moissonnée, moitié maïs, moitié soja. « C’est environ deux semaines à trois semaines intenses pour le maïs, même chose pour le soja », a noté celui qui est copropriétaire de l’entreprise familiale avec son père Luc depuis six ans. Il suit les traces de son paternel, et de son grand-père Léo Seers.

Le devoir l’appelant, Pier-Hugues Seers a accepté de poursuivre l’entrevue plus tard par courriel. Voici  la suite :

(Photo Michel Thibault)

Q          Racontez-nous un peu l’histoire de votre ferme.

R           Les Seers se sont installés à Châteauguay autour des années 1875. La terre/ferme familiale se trouvait sur Haute-Rivière à côté du CHSLD Trèfle-d’or et allait jusqu’au nouveau complexe de soccer près de l’hôpital, là où se trouvait anciennement notre cabane à sucre. En 1993, mon père a fait encan pour délaisser la production laitière et fait l’acquisition dans la même année de l’endroit où la ferme se trouve à ce jour, sur Haute-Rivière encore, mais à Sainte-Martine.

Q    Qu’est-ce que l’automne représente pour vous ?

R L’automne est de loin la plus belle des saisons. Faut aimer la nature pour faire ce métier. Elle est belle de par ses couleurs et en tant qu’agriculteur c’est l’aboutissement d’une année complète de travail. Que ça soit en bien ou en mal, nous voyons les résultats de récoltes et de notre travail. En agricole, nous sommes à la merci de la météo, il n’y a pas une saison pareille. Nous apprenons à chaque automne et nous essayons de s’améliorer du fait même pour les années suivantes.

Q          Quel est le rendement à l’hectare de votre maïs et votre soja ?

R           Pour ce qui est des rendements, dans le maïs c’est en moyenne 10-11tm/ hectare. Et pour le soya iP (consommation humaine) cette saison notre moyenne est autour de 1.4tm/acre

Q    Que faites-vous avec votre récolte ?

R Pour le maïs, nous faisons affaire avec une ferme porcine dans le coin de Coaticook depuis un peu plus d’une dizaine d’années, qui nous achète un voyage (36tm) à chaque 2 semaines environ. Lui s’assure d’un approvisionnement de qualité pour l’alimentation de ses cochons tout au long de l’année, et nous un prix légèrement au-dessus du marché. Pour la balance du maïs, il est vendu à différents acheteurs de grain dans la région. Pour ce qui est du soya, nous cultivons uniquement du soya iP destiné à l’alimentation humaine. Ce soya est en très grande majorité exporté sur le continent asiatique.

Q    Que faites-vous une fois que le maïs ou soja est récolté ?

R Une fois les récoltes terminées, le grand sprint du lavage commence. Un nettoyage de fond en comble de chacune des machineries est fait. Ça nous permet d’augmenter leur durée de vie et aussi, des fois, trouver des petits bris qui nous auraient échappé durant la saison.

Q   Vous devez souvent vous déplacer sur les routes pendant les récoltes. En général, les autres usagers de la route sont prudents ? Respectueux ?

R    En général oui, mais malheureusement ce sont toujours les 4-5 pressés que nous croisons par année qui nous restent en mémoire. Nous ne sommes pas là pour retarder personne sur la route. On ne fait pas exprès quand nous roulons lentement sur la route. C’est souvent pour notre sécurité et celle des autres… La plupart comprennent, nous envoient la main pour saluer, se tassent, nous laissent la place nécessaire pour se déplacer sur la route en sécurité, mais ce n’est pas le cas pour tous les usagers que nous rencontrons.

 

Nombre de fermes

Sainte-Martine – 57

Mercier – 46

Saint-Urbain-Premier – 46

Saint-Isidore -38

Beauharnois – 23

Châteauguay – 8

(Source : UPA – Données de 2014)

 

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