Opinion

Billet d'humeur : J'ai eu la COVID

le mercredi 06 juillet 2022
Modifié à 15 h 15 min le 05 juillet 2022
Par Hélène Gingras

hgingras@gravitemedia.com

Test rapide de COVID. (Photo: Depositphotos)

Avez-vous eu la COVID?

Je suis tombée au combat il y a quelques jours. Deux ans et demi après le début de la pandémie, j’ai été frappée pour la première fois - à ma connaissance - par le coronavirus.

Il m’a bien fallu me rendre à l’évidence que j’avais développé des symptômes (mal de gorge, fièvre, maux de tête), alors que les proches de mon entourage y passaient les uns après les autres dans les jours suivants la fête des Pères. Le virus s’était invité à table à notre insu visiblement.

Fait particulier, la moitié d’entre-nous avons été passablement malades et avons testé positifs à l’exception deux. Des faux négatifs sans doute. D’autres ont eu brièvement quelques symptômes, sans plus.

Par quel variant de la COVID-19 ai-je été frappée? J’avoue avoir perdu le compte.

Je vous avertis d’emblée; je n’ai pas encore les idées tout à faire claires en écrivant. J’ai parfois l’impression d’être dans les vapes. De divaguer.

Au plus creux de ma vague, j’ai passé 24 heures sur le carreau. À n’avoir aucune, mais aucune énergie. Entre deux siestes, je n’arrivais pas à accomplir quoi que ce soit, ni à avoir une once de concentration. Chaque geste était un effort en soit. Chaque respiration me faisait soupirer. J’étais incapable de me projeter dans le temps, ni même plus tard dans la journée.

Je n’étais pas à l’article de la mort, mais ça m’y a fait penser. Rien ne m’intéressait plus. J’aurais pu tout laisser aller à ce moment. Même ce qui m’est le plus cher. Plus rien ne comptait ni me m’intéressait. Je cherchais le repos. Pourtant, je suis une battante en général dans la vie.

Est-ce que les gens qui meurent doucement sont dans cet état? Parce que plus rien ne les retient, elles s’abandonnent et se laissent aller? Je pense chaque fois à ma grand-mère, décédée paisiblement. Est-ce qu’elle est partie dans un moment de lâcher prise du genre? Elle si combattante toute sa vie.

Vais-je mourir ainsi à mon tour?

À contrario, j’ai entendu quelques histoires de fins de vie violentes. Des gens gravement malades et au bout de leurs forces qui résistent – pour ne pas dire se débattent - jusqu’à leur dernier souffle tant elles veulent continuer à vivre.

La mort reste un mystère troublant pour moi que la COVID n’a pas élucidé.

«Vivre, c’est lutter contre les démons du cœur et du cerveau.»

-Henrik Ibsen