Billet d’humeur : Le jour de la marmotte

Par Hélène Gingras
Billet d’humeur : Le jour de la marmotte
marmotte (Photo : Depositphotos)

Vous vous souvenez? Il y a un an, le gouvernement du Québec déclarait l’urgence sanitaire.

Certains jours, on dirait que c’était hier. Les chasses aux arcs-en-ciel. La multiplication des slogans «Ça va bien aller». Les familles qui marchaient sans cesse. L’arrêt des classes. Puis le Québec sur pause. Sauf pour les commerces essentiels.

On se lavait les mains frénétiquement. On nous suggérait de nettoyer tout ce qu’on achetait. Mes parents étaient forcés au confinement en raison de leur âge. On se relayait mes sœurs et moi pour leur apporter leur épicerie. Lavant méthodiquement les sacs recyclables qu’on déposait sur leur balcon. Évitant toute interaction même de loin. Tel si l’un de nous avait été contagieux.

On connaissait très mal et très peu le virus. Le Québec tout entier retenait son souffle. Et commençait à valoriser – enfin – le travail des employés du domaine de la santé. Au front jour après jour. Au risque de leur vie.

On allait vite s’habituer aux rendez-vous télévisés avec le premier ministre François Legault. La ministre de la Santé Danielle McCann. Puis à découvrir le directeur de la santé publique, le Dr Horacio Arruda. Très vite, on allait comprendre à quel point la COVID-19 est contagieuse. Dans nos CHSLD. Frappés aussi par un manque de personnel flagrant.

Le temps semblait suspendu. Qui à ce moment-là aurait pu croire que 365 jours allaient s’écouler?

Mois après mois, les événements allaient s’annuler les uns après les autres. Les bals de graduation. Les festivals. Les fêtes en famille. Y compris Noël.

Il y a eu une petite accalmie cet été. Un semblant de vie sociale à l’extérieur. La reprise de certains sports. Mais l’automne et l’hiver se sont installés. Le Défi 28 jours du gouvernement, en octobre, n’a jamais pris fin. Le télétravail a été réimposé.

Certains jours, je me sens comme Bill Murray dans le film Le jour de la marmotte. Obligée à revivre sans cesse la même journée.

Malgré le couvre-feu, j’essaie de varier un peu mon quotidien. Sinon, tout se confond jour à après jour. Des détails sont déjà flous dans ma tête déjà. Le couvre-visage est devenu obligatoire dans les commerces en juillet seulement? Vraiment? Je croyais que c’était bien plus tôt. Comme j’ai oublié que je jouais autrefois au hockey sur glace. Dans deux ligues par-dessus le marché! Parce qu’il n’existe plus que le présent. Et l’espoir d’un printemps.

«L’espoir fait vivre.»

-Proverbe français

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