Centre Up: sortir l’urgence pédiatrique de l’hôpital et en améliorer l’accès

Par Ali Dostie
Centre Up: sortir l’urgence pédiatrique de l’hôpital et en améliorer l’accès
Le Dr Alexander Sasha Dubrovsky (Photo : (Photo : Ali Dostie - Le Courrier du Sud))

Le Dr Alexander Sasha Dubrovsky et les deux autres cofondateurs du centre d’urgences pédiatriques Up ont imaginé un nouveau modèle à offrir à la population. Ni un groupe de médecine familiale, ni un hôpital, le centre situé au Quartier DIX30 s’avère un mélange des deux.

Contrairement à la clinique traditionnelle qui priorise l’accès aux soins de première ligne, le centre d’urgences pédiatriques Up se distingue en offrant certains services supplémentaires, couvrant des soins de première, deuxième et troisième lignes. L’équipe peut entre autres traiter les blessures, maladies respiratoires (Croup, pneumonie, etc.) et maladies infectieuses.

«Nous avons l’expertise pour aller plus loin», évoque le Dr Dubrovsky.

Des radiographies, analyses d’urine et prélèvements de gorge sont par exemple effectués sur place, tout comme des prises de sang dont les résultats sont obtenus en 2 à 3 heures. Un jeune patient avec le bras cassé peut faire installer – ou retirer – son plâtre sur place.

Dirigée par des urgentologues pédiatriques, l’équipe compte des médecins de famille et des infirmières, en plus de spécialistes tels que des pédiatres. Sans plateaux techniques pour réaliser des opérations et avec moins de spécialistes, Up s’éloigne de la lourdeur du centre hospitalier.

Rapprocher l’expertise

L’occasion de créer ce nouveau modèle est né de deux conditions, identifie le Dr Dubrovsky. Le message du gouvernement on ne peut plus clair – «ça prend plus de soins de proximité» – et, parallèlement, les spécialistes en urgence pédiatrique qui se retrouvent devant un marché saturé au pays, la profession étant relativement jeune et les milieux où ils peuvent évoluer plus limités.

À l’Hôpital de Montréal pour enfants, où pratique le Dr Dubrovsky depuis 20 ans, le tiers des patients proviennent de l’extérieur de Montréal, et 18 000 sont de la Montérégie. S’installer à Brossard était la réponse toute naturelle pour se rapprocher de la population de la région, qui s’affiche de plus en plus dans les statistiques de fréquentation de l’Hôpital de Montréal pour enfants.

«Nous voulons rapprocher l’expertise de la communauté. J’entends souvent des histoires de familles qui doivent faire plusieurs kilomètres et traverser le pont pour se rendre à l’hôpital. Quand ton enfant fait une crise d’asthme, c’est très angoissant», relate le Dr Dubrovsky.

Actuellement ouvert de 12h à 20h tous les jours, le centre d’urgences Up devrait être accessible 12 heures par jour dès le 8 septembre.

Moins d’attente, plus de créativité

Le centre Up s’est fixé comme objectif de prodiguer des soins au patient 30 minutes ou moins après son arrivée, que ce soit par un médecin ou l’infirmière au triage.

Depuis l’ouverture des lieux le 23 avril, le patient reste en moyenne 80 minutes à la clinique, de son arrivée jusqu’au congé. Jusqu’à maintenant, le centre Up reçoit entre 80 et 100 patients par jour. Le but est d’atteindre les 50 000 visites par an.

La salle d’attente, lumineuse et épurée, n’a rien de commun. Outre les quelques lettres aimantées avec lesquelles s’amuser sur un tableau, elle ne compte que des livres pour divertir les jeunes patients.

«Je veux que les jeunes soient inspirés et non collés sur un écran de cellulaire. Il n’y a aucun jouet: juste des livres. Tout pour favoriser la créativité, partage l’urgentologue pédiatrique. C’est incroyable, je vois des parents s’installer avec leur enfant et lire. J’adore ça!»

Dans la salle d’observation où se trouvent les patients qui, par exemple, ont reçu une dose de Ventolin après une crise d’asthme, les enfants peuvent dessiner sur les panneaux blancs qui séparent les différents fauteuils.

Autre signe distinctif, la clinique est sans secrétariat. Deux agents d’expérience demeurent dans la salle d’attente pour répondre aux questions des parents. «Nous ne voulions pas créer de barrière entre le patient et le personnel. On privilégie le contact humain.»

«Que l’enfant ait une otite ou une fracture, il y a des inquiétudes. Ça prend un contact humain pour répondre aux questions, poursuit-il. Il y a plus d’interactions avec la famille. On est là pour aider.»

Et les murs blancs de la clinique contribuent également à apaiser la jeune clientèle. «Nous voulons dédramatiser autant que possible cette expérience», précise le Dr Dubrovsky.

La technologie, mais pas à tout prix

Pour celui qui travaille à des programmes d’amélioration continue, intégrer pleinement la technologie au sein des pratiques du centre va de soi, mais à condition qu’elle contribue à donner plus aux patients.

La prise de rendez-vous s’effectue sur le Web, via la plateforme Bonjour-Santé. Lorsque le patient entre dans le centre Up, il confirme son arrivée sur son mobile et un numéro lui est assigné. Jusqu’à maintenant, 85% de la clientèle prend rendez-vous, mais il est possible de se présenter directement au centre. L’inscription se fait sur la même plateforme, à l’arrivée.

De plus, Up tend vers un modèle sans papier. Les médecins sont dotés de iPads, à partir desquels ils écrivent par exemple les prescriptions, envoyées à la pharmacie par efax. Les notes d’absence pour l’école sont acheminées par courriel.

«J’ai mis l’imprimante le plus loin possible, pour que ce soit un irritant», illustre-t-il.

Rassembleur

Le Dr Alexander Sasha Dubrovsky se réjouit que son modèle ait été bien accueilli, tant par la communauté – «on nous utilise comme une urgence!» – que par les intervenants de la santé (pharmacie, clinique GMF, radiologie, physiothérapie) déjà implantés au Quartier DIX30, tous dans le même bâtiment.

«Tous les propriétaires sont des visionnaires, constate-t-il. Ce n’est pas du travail en silo, mais une véritable collaboration. Nous avons un projet rassembleur.»

Le centre, qui relève du public, compte aussi sur le Centre intégré de santé et services sociaux (CISSS) Montérégie-Centre comme partenaire.

«Quand on est arrivé, les cliniques étaient inquiètes, elles craignaient de perdre des patients. Mais on leur a dit: notre but est de vous soutenir. Notre message, c’est: on veut désengorger les urgences. Comment on peut vous aider?»

À cette mission s’ajoute celle d’éducation, alors que sont développés des programmes d’éducation et d’apprentissage pour les médecins résidents.

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Nathalie

Bravo nous sommes la pour vous appuyer employer de jean coutu
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