Comme une passion dans l’eau

Par Michel Thibault
Comme une passion dans l’eau
France Hudon tenant un crabe dans la mer des Caraïbes qui baigne les côtes de Cuba. (Photo : Nathalie Langevin)

(Reportage publié en mai 2007) Sur la plage devant l’hôtel Ancon proche de Trinidad à Cuba, des vacanciers rôtissent au soleil. D’autres lisent sous un parasol de feuilles séchées ou suent devant un filet de volley en ce bel après-midi d’avril. Quelques-uns barbotent dans la mer turquoise où la tache blanche du Mangle Rojo grossit à l’horizon.

Le bateau ramène un groupe de plongeurs. Parmi les passagers affairés à débarquer bonbonnes, palmes et combinaisons, deux filles de Châteauguay : Nathalie Langevin et France Hudon ainsi que leur ami Christian Trudel, de Salaberry-de-Valleyfield.
Les trois, tous policiers, sont passionnés de plongée sous-marine. Durant leur séjour de deux semaines à Cuba, ils ont exploré les merveilles de la mer des Caraïbes quasiment tous les jours. Ces émules du commandant Cousteau ont bien voulu accorder une entrevue avec vue sur la mer au journaliste du Soleil de Châteauguay qui, par pur hasard, résidait dans un hôtel voisin du leur ce printemps.
Après chaque excursion, les plongeurs partagent leurs expériences, s’échangent leurs appareils-photos numériques submersibles avec lesquels ils ont capturé des centaines d’images d’un monde fascinant. « Ici à Trinidad on admire les poissons et le corail. Ça ressemble à une forêt multicolore. Il y a des rouleaux mauves, d’autres jaunes comme ça », raconte Nathalie Langevin en pointant la sangle moutarde du sac à dos du journaliste. Sur le petit écran de son appareil-photo, on voit France Hudon puis Christian Trudel serrant la pince d’un énorme crabe, toutes sortes de poissons, des coquillages, des végétaux et des créatures aux formes bizarroïdes. Pas de requins ; elles n’en ont jamais croisé.
Au cours de leurs pérégrinations dans le Sud, France et Nathalie ont vécu quelques moments particulièrement inoubliables. Lors d’une excursion, Nathalie a abouti dans une zone abyssale, un creux dans l’océan qui apparaît d’une profondeur infinie. « Ça m’a donné un petit vertige », confie-t-elle.
En réponse à la question « qu’est-ce que t’as vu de beau ? » après une plongée à Bonaire au Venezuela, France Hudon a tendu son appareil-photo à sa copine avec sa figure neutre qui lui permettrait sans doute de briller au poker. « J’ai regardé ses photos : hein, des dauphins ! »
Collègues de travail à Châteauguay, les deux policières ont commencé à plonger ensemble il y a deux ans et demi. Elles ont eu la piqûre toutes les deux.
« À l’époque, je faisais beaucoup de plongée en apnée avec tuba et je voyais les plongeurs en dessous. Je me suis dit : il faut que j’essaie », relate Nathalie. Qu’est-ce qu’elle aime dans ce sport ? « C’est le vieux rêve de voler comme un oiseau et de respirer sous l’eau comme un poisson. » Ses deux amis approuvent.
Ne se jette pas à l’eau avec une bonbonne qui veut. Pour plonger, il faut posséder un certificat délivré après avoir réussi une formation. Dans le Sud, certains offrent aux néophytes la possibilité de faire leur première balade sous-marine après un bref cours en piscine mais ce n’est pas conseillé. Le cours proposé est trop rudimentaire.
Avant de se jeter à la mer, les trois amis ont fréquenté l’école de plongée Soulo à Salaberry-de-Valleyfield pour obtenir leur certification. Les leçons portent entre autres sur les réactions du corps à la pression, les techniques de déplacement et l’orientation à l’aide d’une boussole. « Il faut lire et assimiler un livre épais comme ça », note Nathalie.
« La plongée exige de s’adapter à plusieurs choses en même temps. Le poids de l’équipement, la respiration sous l’eau… On commence en piscine. En piscine, ça va bien, c’est le fun, on se sent en confiance », expose Christian Trudel.
Après, les recrues passent aux choses sérieuses : un lac ou l’océan. Christian conseille de faire sa première plongée dans les mers du Sud. « C’est plus facile et plus agréable parce que l’eau est plus chaude et plus claire », explique-t-il.
« À Cuba, l’eau est environ à 80 en profondeur. Au Québec, ça peut baisser à 50 », précise Nathalie.

250 épaves à visiter
Les points d’eau intéressants ne manquent toutefois pas dans les environs. « Dans la région des Milles-Îles, il y a environ 250 épaves de bateaux à explorer. C’est très intéressant », mentionne France en guise d’exemple. Le lac Saint-François près de Salaberry-de-Valleyfield est également un lieu de prédilection.
La plongée sous-marine est un sport assez exigeant pour le corps. « Il faut être moyennement en forme », affirme France. « Après deux plongées, à neuf heures, je suis couchée. »
Des heures avant d’aller saluer M. Crabe, pas question de boire de l’alcool ni même de s’agiter. « Entre deux plongées, cette semaine, on voulait faire de la bicyclette et l’instructeur nous l’a déconseillé », souligne Nathalie.
Le loisir revient assez cher aux passionnés. L’équipement requis incluant la combinaison, les palmes, le masque, l’appareil de respiration, les bottes et une cagoule coûte près de 3000 $ neuf. Il y a toutefois moyen de réduire la facture en se tournant vers le seconde main. Il y a ensuite les nombreux voyages. À ce chapitre, France et Nathalie chassent les aubaines. Elles ont payé environ 1000 $ chacune leurs deux semaines à Cuba. Un tarif vraiment pas cher qui n’inclut cependant pas les plongées. France calcule avoir investi plus de 300 $ dans ses sorties avec palmes. « C’est assez dispendieux », note-t-elle mais le golf, le ski et les virées dans les bars la fin de semaine coûtent aussi cher, fait-elle valoir. Bref, c’est une question de choix.

(Les photos dans l’album ont été fournies par Nathalie Langevin et France Hudon.)

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