Des lacunes dans la prévention du suicide

Par Michel Thibault
Des lacunes dans la prévention du suicide
Les centres de crise de la province ne sont pas adaptés pour les personnes en fauteuil roulant comme Claudette Turgeon, à l’avant. Elle est entourée de Kathleen Mitchell, Karina Loffredo, Roxane Thibeault, directrice de la MSLA, Michel Bergevin, président de l’organisme, et Nathalie Beauvais, lors de l’épluchette de blé d’Inde soulignant la Journée mondiale de prévention du suicide. (Photo : Michel Thibault)

Les besoins des personnes handicapées ne sont pas comblés par les centres de prévention du suicide de la province. Les places d’hébergement temporaire font aussi défaut.
C’est le message que Roxane Thibeault a passé à l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, le 10 septembre. Mme Thibeault est directrice générale de la Maison sous les arbres à Châteauguay (MSLA). Elle est aussi présidente du conseil d’administration du Regroupement des services d’intervention de crise du Québec (RESICQ).
«On a de moins en moins de centres de crise qui sont aptes à recevoir des personnes à mobilité réduite. Il y a peu de centres de crise qui sont adaptés», a déploré Mme Thibeault lors d’une épluchette de blé d’Inde tenue à la MSLA pour souligner la Journée de prévention du suicide.
Des personnes en fauteuil roulant de Châteauguay doivent se rendre à Verdun, le centre adapté le plus proche, pour obtenir un suivi, a-t-elle regretté. Les centres ne sont pas non plus facilement accessibles pour les personnes âgées ayant de la difficulté à monter et descendre des escaliers, a-t-elle souligné.
«Nous avons bel et bien une rampe extérieure mais elle ne permet pas d’accéder au second étage», renchérit Michel Bergevin, président du conseil d’administration de la MSLA.
Davantage de places pour héberger temporairement les gens en crise seraient aussi nécessaires, a rappelé Mme Thibeault.
«Nous avons trois lits pour l’hébergement et notre taux d’occupation avoisine le 100%. Nous avons l’espace pour un 4e lit mais il nous manque les ressources financières pour augmenter notre capacité en hébergement», a précisé M. Bergevin.

Fête
L’épluchette de la MSLA a réuni dans une atmosphère de fête des membres du personnel, des usagers des services, des membres de groupes pour endeuillés et des gens formés pour être «sentinelles» dans leur milieu de travail. «Ils sont là pour dépister et référer des personnes suicidaires», a expliqué Roxane Thibeault.

Stratégie nationale
À titre de présidente du RESICQ, Roxane Thibeault a participé au lancement, à Québec, d’un Collectif réclamant l’adoption par le gouvernement du Québec d’une stratégie nationale en prévention du suicide. Le groupe de 25 organismes œuvrant dans le domaine encourage le public à appuyer sa campagne sous le thème «Pour un Québec plus lumineux».

Témoignage de Karina Loffredo
«J’ai fait mon premier contact avec la Maison sous les arbres il y a de ça huit ans. C’est grâce à un de mes amis qui m’a parlé d’ici. Dans ce temps-là, j’étais beaucoup isolée. J’étais hospitalisée assez souvent. J’ai eu de bons services, assez soutenus. J’ai trouvé que c’était un bon organisme. Il y a une bonne écoute. Ça m’a apporté beaucoup de soutien et d’aide psychologique. Je les remercie pour tout ce qu’ils ont fait pour moi. Mon chemin est mieux aujourd’hui. Je m’enligne pour faire une technique ambulancière pour soutenir la population.»

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