Esclaves de l’auto de malheur

Par Michel Thibault
Esclaves de l’auto de malheur
(Photo : (Photo : Archives))

La puissante force d’attraction de l’automobile sur les jeunes serait en recul.

Pour une première fois, moins d’adolescents de 16 ans admissibles au permis de conduire l’ont réclamé en 2018, a révélé la SAAQ en présentant son bilan annuel le 9 mai. Il est trop tôt pour tirer une conclusion mais le phénomène sera analysé, a indiqué l’organisme, selon ce que rapporte La Presse canadienne.

Si les jeunes délaissent effectivement la voiture, c’est une excellence nouvelle.

L’automobile est l’invention la plus terrible de l’Homo Sapiens. Pire que la bombe atomique.

Après avoir mis au point le véhicule à moteur, l’être humain lui a assujetti tout son univers. À coups de milliards, il a couvert son environnement d’asphalte pour offrir un accès confortable à son carrosse.

Le pétrole qui abreuve sa monture a chamboulé les relations entre les pays. C’est une source de tensions et de guerres.

L’automobile laisse des cadavres et des corps mutilés par millions dans son sillage sur la planète. Au Québec, en 2018, elle a tué 359 personnes, fait 1435 blessés graves et 33 716 victimes de blessures «légères», selon la SAAQ. À noter qu’une blessure «légère» peut représenter une souffrance intense. Un pied détruit fait par exemple partie de cette catégorie.

On dirait qu’on perd une part d’humanité au volant. En 56 ans, je n’ai jamais vu une personne pousser son panier devant une file à la caisse d’une épicerie. Sur la route, c’est fréquent de voir des impolis s’insérer à la tête d’une file.

La voiture perturbe notre relation avec les autres et l’environnement. On va vite mais on perd le contact avec le monde quand on se déplace au milieu d’une tonne et demie de métal.

Il faudrait ramener le transport à une échelle humaine. À pied ou en vélo, on rencontre des gens, on entend des oiseaux, on capte des odeurs, on peut tomber sur une famille de renards.

À l’heure de la lutte aux changements climatiques, on devrait favoriser la marche, la bicyclette et tous ces moyens de transport avares d’énergie comme les quadriporteurs, les vélos électriques, les patins, les planches à roulettes et les voiturettes de golf.

Actuellement et malheureusement, tous ces modes de déplacement écologiques n’ont aucune place sécuritaire dans nos villes, puisque tout est organisé en fonction de l’auto.

En témoigne le bilan des décès de piétons qui ne s’améliore pas au Québec. 69 ont perdu la vie en 2018.

En attendant des améliorations aux infrastructures, souhaitons plus de vigilance de la part des conducteurs envers des usagers fragiles qui contribuent à limiter la pollution en se mouvant à la force de leurs jambes.

 

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