Ford F-150 Power Stroke diesel 2018 : l’outil de travail parfait

Ford F-150 Power Stroke diesel 2018 : l’outil de travail parfait


Le Guide de l'Auto

Article par Sylvain Raymond

Les mécaniques diesel n’ont peut-être pas bonne presse ces temps-ci, mais dans le cas d’une camionnette pleine grandeur, elles demeurent toujours un choix logique en raison de leur économie de carburant supérieure, surtout à l’effort. Alors que Ram a été le premier à introduire un moteur diesel à bord d’un modèle 1500, Ford emboîte finalement le pas cette année en introduisant un V6 diesel Power Stroke dans sa gamme F-150, procurant ainsi un solide argument de vente supplémentaire à sa camionnette.

Jusqu’à présent, le F-150 comptait tout de même d’excellents choix de motorisations qui d’ailleurs représentent pour plusieurs acheteurs un véritable dilemme. Le V6 atmosphérique de 3,3 litres équipe les livrées de base, mais ses capacités réduites le rendent impopulaire chez nous. L’as caché, c’est le moteur V6 EcoBoost de 2,7 litres qui réalise de bonnes performances et dont les capacités sont à la hauteur des besoins de beaucoup d’acheteurs. Loin d’être anémique, il ne concède que quelques centièmes de seconde au sprint du 0-100 km/h face aux moteurs plus puissants, tout en effectuant de bonnes reprises grâce à son couple généreux. Nous avions enregistré une moyenne d’environ 11,3 L/100 km lors de notre dernier essai.

La majeure partie des F-150 vendus hébergent le V8 de 5,0 litres ou le V6 turbocompressé de 3,5 litres. On ne peut nier la puissance et le couple du V6 suralimenté, mais beaucoup lui reprochent sa consommation et sa fiabilité à long terme. Étant propriétaire d’un F-150 équipé de ce moteur, à l’effort il est plus punitif que le V8, mais il est aussi possible de faire des miracles, si bien entendu vous demeurez posé dans votre conduite. Le V8 de 5,0 litres est également un excellent choix, si vous devez remorquer fréquemment de lourdes charges en zones urbaines, il pourrait bien être plus économique en carburant, mais il concède quelques centaines de livres en capacité.

Et le diesel
Le nouveau V6 de 3,0 litres Power Stroke vient toutefois brouiller les cartes. Provenant du même fournisseur que le moteur diesel de Land Rover, mais remanié par Ford, notamment avec l’ajout d’un bloc en graphite, il développe 250 chevaux, ce qui n’est pas énorme, mais son couple de 440 lb-pi est ce qui fait sa grande force. Du couple, on en a besoin à bord d’une camionnette, surtout lorsqu’il est libéré à bas régime, 1 750 tr/min dans son cas.

Nous avons eu la chance de le mettre à l’épreuve récemment et ce qui nous a étonnés initialement, c’est sa douceur et son silence. Une fois démarré, on croyait être en présence d’un modèle à essence tant l’absence de cognement, typique aux moteurs diesel, était perceptible. On a même vérifié que l’emblème Power Stroke était bien apposé sur la carrosserie, c’était le cas!

En conduite normale, le moteur surprend par ses accélérations franches et la boîte automatique à 10 rapports accomplit un excellent travail. On a obtenu une moyenne de 9,2 L/100 km en conduite combinée, ce qui est assez impressionnant pour ce type de véhicule. L’avantage d’une mécanique diesel c’est qu’à l’effort, sa consommation n’est pas aussi affectée que celle d’un moteur à essence. Un petit voyage effectué avec une remorque d’un plus de 2 268 kg (5 000 lb) nous aura donné une consommation d’un peu plus de 12,0 L/100 km. Voilà qui fait de ce moteur le choix le plus sensé pour le modèle. Cependant, tout n’est pas rose, malheureusement.

Le hic?
Premièrement, afin d’être conforme aux normes d’émission, on injecte de l’urée et, comme vous l’imaginez, il faut remplir le petit réservoir de temps à autre. Plus le véhicule travaille fort, plus il consomme de l’urée; il faut donc s’attendre à ce déboursé supplémentaire. Deuxièmement, les coûts d’entretien sont plus élevés pour un moteur diesel, un simple changement d’huile vous le prouvera.

À l’instar de la concurrence, le moteur diesel n’est pas disponible dans toutes les versions. Ne pensez pas obtenir un F-150 diesel dénudé puisqu‘il n’est pas offert dans les livrées XL et XLT. Il faut minimalement vous acheter un F-150 Lariat équipé de la cabine double et donc, débourser près de 55 000 $. L’option du moteur diesel fait à elle seule grimper le prix de 5 650 $, mais n’oubliez pas que comme dans le cas des deux moteurs EcoBoost, il permet d’économiser annuellement la taxe des grosses cylindrées. Côté capacité de remorquage, il permet de tracter 5 171 kg (11 400 lb) avec l’ensemble Remorquage max, un chiffre similaire au V8 de 5,0 litres, mais inférieur au V6 EcoBoost qui remporte la palme de la catégorie avec 5 987 kg (13 200 lb).

La force du F-150, c’est qu’il est pensé de A à Z pour le travail. La preuve, jetez un œil aux options de la caisse : une marche et une poignée d’accès qui se range dans le hayon, un système d’ancrage BoxLink ainsi qu’une division servant également d’extension de caisse. Pareillement à bord, les boutons sont surdimensionnés afin de faciliter leur manipulation lorsque vous portez des gants. D’ailleurs, même si l’on a récemment modernisé l’habitacle, les formes carrées demeurent à l’honneur et c’est assez chargé dans les versions les plus cossues, mais tout est simple à comprendre et bien présenté. Dans les versions SuperCrew, l’espace pour les passagers est plus que généreux et l’on apprécie le plancher complément plat qui permet de transporter de gros objets au sec.

Avec son châssis en acier et la carrosserie tout en aluminium, le centre de gravité du véhicule change et devient plus bas, ce qui ajoute au dynamisme de la conduite. En slalom, on sent le F-150 plus maniable et les transferts de poids sont moins importants. Ford a amélioré le freinage, une bonne chose, et recalibré la direction électrique. Elle nous semble malgré tout encore un peu trop surassistée.

Quelle version choisir?
La cabine la plus intéressante, c’est celle à quatre portes, la Supercrew qui offre également l’habitacle le plus spacieux. La cabine double avec ses deux demi-portières n’est pas pratique pour les familles, surtout dans les stationnements. Impossible de se passer d’un système à quatre roues motrices! Qui voudrait d’une camionnette à deux roues motrices au Québec? Quant à la longueur de caisse, celle de 5,5 pieds permet d’avoir une camionnette plus compacte lorsque jumelée à la cabine d’équipe à quatre portes. Si vous avez besoin d’espace supplémentaire, la caisse de 6,5 pieds est un peu plus pratique, mais il faut passer à l’empattement long si vous désirez avoir la cabine Supercrew.