Il faut ramener les avis publics dans les journaux

Par Claude Poirier
Il faut ramener les avis publics dans les journaux

Est-ce normal qu’en 2019, les gouvernements soient obligés d’investir dans des entreprises privées?

Je suis de ceux qui pensent que les citoyens ont besoin des médias régionaux. Il est faux de prétendre que les médias nationaux desservent les payeurs de taxes des municipalités en région. D’abord par manque d’espace, puis par manque d’intérêt.

Jusqu’à présent, 15 M$ (10 M$ d’Investissement Québec et 5 M$ de la CAQ) ont été investis dans l’aventure du Groupe Capitales Médias. Cet argent ne règlera pas la crise.

La Commission parlementaire sur l’avenir des médias a débuté lundi. J’ai hâte de voir ce qu’il va en ressortir. Personnellement, je crois qu’on a tué beaucoup de médias locaux en sortant les avis publics des journaux. Si on veut garder l’information locale, il faudra, au terme de la Commission parlementaire, que les Villes soient forcées à publier de nouveau leurs avis publics.

Aussi, il est important que le milieu des affaires s’implique et annonce ses services dans les journaux. Il faut arrêter de se dire que le financement des médias doit uniquement passer par les gouvernements.

La situation actuelle est malheureuse. Il y a des gens qui vivent sur du temps emprunté dans leur profession.

Depuis les débuts de ma carrière à la télévision communautaire, je répète que si les gens veulent être informés sur ce qui se passe dans leur ville, ils ont besoin de leur média local.

Il faut trouver des solutions à long terme plutôt qu’à court terme. Les médias vivent une crise présentement, surtout ceux de la presse écrite, parce que la tarte publicitaire a diminué. Ils sont obligés de couper dans les nouvelles à publier pour faire plus de place à la publicité.

Les gouvernements doivent avoir une politique pour s’assurer que les lecteurs (aussi électeurs) soient bien renseignés. Ils ont une responsabilité à ce chapitre. Est-ce qu’il faut en arriver à une tutelle?

J’ai vécu la fermeture des journaux Montréal-Matin et Dimanche-Matin. À l’époque, nous n’avions pas les réseaux sociaux. Regardez les nouvelles que vous consultez sur Facebook. Elles viennent toutes de la base: les médias. Si nous voulons être bien renseignés, il faut avoir des journalistes sur le terrain. Leurs reportages ont mené à des commissions d’enquête. Ils ont dénoncé des situations. Ce n’est pas grâce aux réseaux sociaux, c’est grâce aux journalistes.

10-4!

(Propos recueillis par Gravité Média)

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