La technologie canadienne d’imagerie jouera un rôle crucial dans un satellite de météorologie spatiale

Par la Rédaction
La technologie canadienne d’imagerie jouera un rôle crucial dans un satellite de météorologie spatiale
(Photo : (Photo : ESA/ATG medialab))

L’Agence spatiale canadienne (ASC) et l’Université de Calgary, ainsi que d’autres partenaires, ont annoncé lundi qu’elles mettront au point la technologie que fournira le Canada à la mission satellitaire SMILE (Solar Wind Magnetosphere Ionosphere Link Explorer). Réalisée en collaboration avec l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Académie chinoise des sciences (CAS), cette mission étudiera les phénomènes de météorologie spatiale à l’origine des aurores polaires, mais aussi de pannes technologiques et de dommages matériels.

L’ESA et la CAS ont choisi la mission SMILE – la proposition de chercheurs de l’Université de Calgary – parmi les 13 projets scientifiques présentés. La conception de l’instrument scientifique de fabrication canadienne, un imageur dans l’ultraviolet (UVI), est rendue possible grâce à un mode de financement novateur faisant intervenir l’ASC, la Fondation canadienne pour l’innovation et le ministère du Développement économique, du Commerce et du Tourisme de l’Alberta.

«Le partenariat international SMILE constitue un véritable bond de géant en ce qui concerne notre capacité d’observer les phénomènes de météo spatiale et de prévoir leurs effets, a indiqué le président et vice-chancelier de l’Université de Calgary Ed McCauley. L’érudition du professeur Eric Donovan en imagerie aurorale sera d’une valeur indéniable pour l’équipe de l’ASC, qui s’efforcera de prédire les orages géomagnétiques ainsi que de protéger les systèmes mondiaux de navigation par satellite et les satellites de télécommunications.»

L’ASC a accordé deux contrats dans le cadre de ce projet; un de près de 11 M$ à Honeywell, pour la conception de l’UVI, et un autre de 1,5 M$ à l’Université de Calgary, pour la conception du Centre scientifique de l’exploitation et des données de l’UVI.

Les phénomènes de météo spatiale peuvent nuire au fonctionnement de technologies et de services essentiels, tant dans l’espace que sur Terre, ce qui n’est pas sans conséquences économiques importantes. Les graves perturbations spatiales peuvent couper les radiocommunications et la transmission des signaux de navigation par satellite, endommager les satellites en orbite et les réseaux électriques, et même présenter un risque pour le transport aérien au-dessus du pôle Nord. Il est important de bien les comprendre ces phénomènes si l’on veut en limiter les effets indésirables.

Le Canada est le pays qui possède la plus grande masse continentale où se produisent les aurores, manifestation la plus visible des phénomènes de météo spatiale.

Le satellite SMILE s’inscrit dans la Stratégie spatiale pour le Canada, puisqu’il s’agit d’une mission spatiale scientifique qui vise à mieux comprendre notre planète, le Soleil et le rayonnement spatial. Grâce à SMILE, il sera aussi possible pour le Canada de renforcer ses infrastructures spatiales et terrestres contre les impacts négatifs des phénomènes de météo spatiale.

(Photo: ASC, ESA, NASA, UCL)

SMILE en bref

  • Le lancement du satellite SMILE est prévu pour 2023. Sa durée de vie utile sera de trois à cinq ans.
  • Quatre instruments seront embarqués sur SMILE: un de conception canadienne, un autre du Royaume-Uni et deux de Chine. L’UVI de conception canadienne permettra d’observer les aurores de l’ensemble de l’hémisphère Nord, même le jour, sur des périodes d’une quarantaine d’heures.
  • La collaboration entre le Canada et l’ESA dans le domaine spatial remonte au début des années 1970.
  • C’est le premier projet scientifique que le Canada réalise en collaboration avec l’Académie chinoise des sciences.
  • La contribution canadienne à SMILE aidera à maintenir les emplois existants et à en créer de nouveaux pour la classe moyenne dans le secteur spatial, grâce à Honeywell et à sa chaine d’approvisionnement, et permettra aussi de former un certain nombre de scientifiques et d’ingénieurs hautement qualifiés à l’Université de Calgary.
  • Des décennies de recherche sur l’environnement spatial de la Terre ont mené le Canada à développer une expertise de calibre mondial en télédétection dans la région sous l’ovale auroral afin de comprendre les phénomènes de météorologie spatiale et de réduire leurs effets nuisibles sur Terre.
  • La mission canadienne de recherche la plus récente sur la météo spatiale, ePOP sur CASSIOPE, a été lancée en 2013. La sonde ePOP est un succès national et international et l’ESA en poursuit l’exploitation dans le cadre de la constellation satellitaire Swarm Echo.

(Source: Agence spatiale canadienne)

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