En vidéo – Une patinoire multicolore dans sa cour

« Le bonheur c’est comme le sucre à la crème. Si tu en veux, il faut que tu t’en fasses », a dit une sage. Patrick Lachance a appliqué la recette à sa façon à Châteauguay. Il a aménagé dans sa cour un sentier glacé haut en couleur. Le journal l’a rencontré alors qu’il déneigeait son œuvre pelle à la main et patins aux pieds mercredi après-midi. Il a bien voulu répondre à quelques questions.

Patrick Lachance consacre de nombreuses heures à son oeuvre. (Photo Michel Thibault)

Q Comment l’idée de faire cet aménagement glacé coloré vous est-elle venue ?

R « L’idée m’est venue un soir après 8h où je voulais prendre une marche. J’ai fait : ouais, on ne peut pas aller bien loin. Puis, je me suis dit : attends minute, il y a des gens qui habitent en ville, qui n’ont même pas de balcon, qui ne peuvent même pas sortir dehors du tout. Je me suis dit : t’as un terrain, amuse-toi sur ton terrain. J’ai sorti, j’ai marché. J’ai fait un tour, deux tours, trois tours. Et, l’été, je fais beaucoup de paysagement, ça fait que je suis tout le temps dans cette petite routine-là de m’occuper des plantes ici. Je me suis dit : j’aplatis tout et je fais une patinoire. Ça a commencé comme ça.»

Patrick Lachance n’a pas chômé après la bordée de neige de mardi

Q Comment avez-vous procédé ?

R « J’ai tout piétiné. Après, j’ai pris un demi-plywood, j’ai tout aplati. Après j’ai encore piétiné. Il y a à peu près pour cinq heures de piétinage. La neige était quand même collante, fait que ça a aidé. Ensuite, j’ai arrosé avec un boyau. Je faisais un petit jet parce que je n’avais aucune idée de comment on fait une patinoire. J’apprends. Je me suis dit : si j’arrose trop, la neige va fondre. J’ai fait à peu près 18 couches. Après, j’ai pu mettre un peu plus d’eau. Je me suis amusé comme un enfant. Je me suis levé la nuit au début pour arroser. Quand il fait moins 16, moins 15, c’est assez spécial de voir que le jet d’eau gèle aussitôt qu’il touche à la glace. J’ai arrêté de compter à 38 heures d’arrosage. À 30, je pouvais déjà patiner. Mais au début c’était vraiment comme un champ de labours. C’était raboteux. J’ai mis de la couleur pour que ce soit plus joyeux encore. Je mettais du colorant alimentaire dans une chaudière et j’envoyais ça sur la patinoire. »

La scène à l’intersection du boulevard Saint-Francis et de la rue Isabelle.

Q Qu’est-ce que cet aménagement représente pour vous ?

R « Bien, la couleur m’est venue aussi par rapport aux gens. Les gens qui arrêtaient. Les autobus scolaires qui arrêtaient. Le chauffeur disait aux enfants regardez. Les enfants ouvraient leur fenêtre et disaient bonjour monsieur, bonjour monsieur ! Les gens qui arrêtaient et qui étaient joyeux. C’est là que ça m’a fait : ok c’est joyeux, donc la couleur ça va être encore plus joyeux. Et moi, normalement, je voyage l’hiver, je ne reste pas ici, je n’aime pas l’hiver. Là, j’ai appris, vraiment, à aimer l’hiver, le froid. Il faut juste se trouver une activité, quelque chose qu’on aime. »

(Les questions et les réponses ont été éditées pour des raisons de concision et de clarté)

Patrick Lachance a joyeusement décoré son aménagement

 

Patrick Lachance a passé un bon moment à manier la pelle mercredi pour dégager son aire de glace.

 

 

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