L’impact de Trump sur l’épicerie

L’impact de Trump sur l’épicerie

Crédit photo : Marie-Josée Bétournay

(Texte de Marie-Josée Bétournay) Les aliments produits ou transformés au Canada sont plus nombreux dans le panier d’épicerie des consommateurs en réaction aux gestes protectionnistes du président américain Donald Trump. Adieu, le ketchup Heinz pour plusieurs !

«Les États-Unis nous font la guerre, on va acheter plus les produits d’ici», lance Rachel Zizian, une résidente de Châteauguay. Mme Zizian est prête à payer plus cher un produit québécois.

Les consommateurs ne sont pas les seuls à réagir aux décisions de nos voisins du Sud. Des marchands suivent la vague en identifiant la provenance des produits non périssables sur leurs tablettes. C’est le cas  du Metro Plus Fordham à Saint-Zotique. Sous chaque produit pour le petit déjeuner, comme les beurres d’arachides et les confitures, ainsi que les condiments, dont les sauces aux tomates (ketchups) et les moutardes, sont apposés la feuille d’érable rouge, pour identifier les produits canadiens, ou le drapeau américain, pour identifier les produits de nos voisins du Sud. «Pour l’instant, c’est la façon la plus facile et rapide, mais peut-être l’améliorerons-nous», indique Nathalie Léger, directrice du Metro Plus Fordham. La direction du supermarché étendra l’identification de la provenance des produits non périssables à d’autres départements cet automne.

En identifiant la provenance des produits, le marchand dit vouloir guider la clientèle dans ses emplettes. «Nous voulons que les gens consacrent leurs achats aux produits du Québec ou du Canada. Nous désirons évidemment ne pas encourager M. Trump», explique Mme Léger. Le marchand a investi quelques heures dans cette démarche. «Charles Fordham, consultant, est enchanté de son projet, donc il y consacre beaucoup de son temps», poursuit Nathalie Léger.

Les consommateurs applaudissent le geste de l’épicier. Une photo de produits pour le petit déjeuner, avec en avant-plan leur provenance, publiée sur le compte Facebook de l’auteure de ces lignes, a suscité beaucoup de commentaires positifs. «Très bonne idée!» écrit Mylène Boisselle. «Félicitations il était temps que l’on encourage seulement nos produits», fait part Réjeanne Hébert Crépin. «Ouah !!! Super…», lance Ange-Marie Delforge. «Excellente idée! Ça fait plus de 25 ans que je m’efforce d’acheter le plus localement possible ou canadien. Je me sentirais moins seule!» mentionne Chantal Tremblay.

Intérêt à la hausse pour les produits locaux

Des citoyens interviewés dans un supermarché de Châteauguay ont confirmé leur intérêt pour les produits locaux. Même si elles souhaitent voir davantage les produits canadiens mieux identifiés sur les tablettes, certaines personnes parviennent à les repérer grâce à leur sens aiguisé. «Depuis le temps que l’on fait les marchés, on a l’œil, on reconnaît les logos. On a l’assurance que les produits (canadiens) ont été vérifiés et inspectés», mentionne Johanne Gélinas, de Léry, en précisant que son panier se compose d’au moins 30 % de produits canadiens. «Je regarde d’où vient le produit, souligne pour sa part Michel Boucher, de Châteauguay. Il s’agit d’avoir ses lunettes bien nettoyées.» L’homme, qui vante la disponibilité des produits canadiens dans les marchés à grande surface, estime à 90 % le pourcentage de produits d’ici qu’il achète chaque semaine.

Selon Mme Gélinas et M. Boucher, acheter des produits fabriqués ici préserve la bonne santé économique du Canada. «Si on veut faire vivre notre pays, il faut acheter les produits de notre pays», lance M. Boucher. La résidente de Léry croit même que si les consommateurs étaient plus nombreux à préférer les produits locaux, leurs prix à la caisse baisseraient.

 

 

 

 

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