Maison des enfants Marie-Rose : du pain pour réaliser le rêve du Manoir Ellice

Par Michel Thibault
Maison des enfants Marie-Rose : du pain pour réaliser le rêve du Manoir Ellice
Mère de la Maison des enfants Marie-Rose, Janine Lefebvre mise sur le pain cuisiné par Karima Mahaya pour attirer une bonne fée ou une espèce de dragon qui permettra de concrétiser son rêve de déménager au Manoir Ellice. (Photo : Andrew Clark)

La Maison des enfants Marie-Rose déménagerait en un clin d’œil dans le Manoir Ellice à Beauharnois si Janine Lefebvre maniait une baguette magique.

Elle mise plutôt sur des baguettes de pain pour attirer une bonne fée ou une espèce de dragon qui permettrait de réaliser ce rêve de longue date.

Pour ceux qui aurait manqué le début de l’histoire, Janine Lefebvre a fondé la Maison des enfants Marie-Rose en 2007. Elle a donné pour mission à l’organisme à but non lucratif de «s’activer dans l’aide, le soutien et le développement personnel des enfants de 5 à 12 ans à travers l’art et la musique». «L’accès à la culture, c’est dans les droits de l’enfant. C’est bon pour la résilience, le goût de vivre», exprime Mme Lefebvre. La professeure possède dans ses bagages des diplômes en art et en pédagogie et de nombreuses années à initier les enfants à la musique et autres formes d’expression.

Jardinage, ateliers culinaires, aide aux devoirs et toutes sortes d’autres activités figurent au menu, auxquelles participent aussi les parents. «La reconnaissance du rôle parental est au cœur de nos préoccupations», fait part la Maison dans un document de présentation.

Son programme est très populaire. Depuis 2011, l’organisme refuse des inscriptions parce que l’immeuble qu’il occupe rue Saint-Joseph n’est pas assez grand. Pour mieux répondre à la demande, l’idée a été lancée de rénover l’ancien Manoir Ellice à l’abandon et de s’y installer.

Le projet est dans les cartons depuis un bout et il a bénéficié jusqu’ici du soutien d’une foule d’intervenants : la Ville de Beauharnois, le gouvernement du Québec, Patrimoine Canada, les Sœurs du Saint-Nom-de-Jésus, entre autres, et la communauté.

Endosseur recherché

Pour aller de l’avant, il ne manque plus qu’une pièce du casse-tête. «Le Fonds de Solidarité de la FTQ Construction nous propose un prêt que nous commencerions à rembourser dans 15 ans mais il veut des garanties. Il nous faudrait un mécène, quelqu’un qui accepterait de cautionner l’emprunt. Si on avait les garanties, on pourrait commencer demain matin», explique Janine Lefebvre. Le montant du prêt sera «important» mais il est toujours en évaluation, précise-t-elle.

Café-Boulangerie

La directrice générale est confiante de pouvoir rembourser l’emprunt grâce à un Café-Boulangerie projeté dans le Manoir. «Je ne suis pas inquiète pour une caution. Le Café-Boulangerie pourrait faire vivre le Manoir. On est convaincus», affirme-t-elle. Un tel commerce n’existe pas présentement à Beauharnois et les employés de la commission scolaire et de la mairie à proximité constitueraient un bon bassin de clientèle, entrevoit Mme Lefebvre.

Formée à l’institut d’hôtellerie du Québec, Marie-Claude Desrochers opérerait le Café-Boulangerie. Dans un dépliant qu’elle a préparé pour présenter le projet, elle estime des ventes de 8000 pains bio par année aux familles de Beauharnois.

En attendant, la Maison des enfants a commencé à mettre la main à la pâte. Presque tous les matins depuis janvier, Karima Mahaya y boulange du pain brioché, du pain au chocolat et du pain algérien. «Ils sont faits avec amour», assure Mélanie Barbeau, éducatrice. «Et savoir et compétence», complète Janine Lefebvre. Et la fournée quotidienne de 14 à 20 unités s’envole comme, hé oui, des petits pains, dit-elle.

Décembre butoir

Le projet en marche depuis quelques années arrive à un tournant crucial. Si aucune caution ne peut être obtenue en 2019 ce n’est pas le pain mais les carottes qui seront cuites. Les subventions annoncées ne peuvent être mises en attente indéfiniment.

«Le MAMOT et Patrimoine Canada ont été super mais ça suffit. Ils ont fixé décembre 2019 comme date butoir. C’est pour ça qu’il y a comme une urgence», dit Janine Lefebvre.

Contributions confirmées

1- Ministère des Affaires municipales: 200 000$

2- Patrimoine canadien: 125 000$

3- La communauté des Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie: 100 000$

4- Ministère de l’éducation: 100 000$

5- Autofinancement: 87 000$

6- Caisse Desjardins de Beauharnois: 80 000$

7- L’Oeuvre Léger: 50 000$

8- Fonds Agriculture Canada: 20 000$

9- Fonds Évenko: 20 000$

10- Jeunesse Vie: 20 000$

(Source : Maison des enfants Marie-Rose)

Manoir Ellice

Construit vers 1852, le Manoir Ellice à Beauharnois figure au «Répertoire du patrimoine culturel du Québec». C’est l’un des derniers manoirs seigneuriaux bâtis avant l’abolition du régime seigneurial. Le bâtiment situé au centre de la ville a appartenu à la congrégation des religieuses des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie et à l’homme d’affaires Edmund Robert qui donne son nom au Bois Robert situé le long de la rivière Saint-Louis. L’édifice est abandonné depuis 1979.

(Source : Ville de Beauharnois et Beauharnois, une place dans l’avenir)

 

 

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Cyr michelke

Est ce qu’on peu acheter du pain dans la semaine