Non à l’usine de biométhanisation pour l’immédiat!

Par Denis Bourbonnais
Non à l’usine de biométhanisation pour l’immédiat!
Sylvain Payant, vice-président de la Régie intermunicipale de Beauharnois-Salaberry et de Roussillon, Linda Phaneuf, directrice générale de la MRC de Beauharnois-Salaberry, et Bruno Tremblay, président de la RIVMO. (Photo : (Pierre Langevin))

Le complexe de biométhanisation et de compostage prévu à Beauharnois pour traiter les déchets organiques des MRC de Beauharnois-Salaberry et de Roussillon est mis de côté, du moins dans l’immédiat.

En raison des coûts deux fois plus élevés du projet par rapport aux prévisions, il a été décidé à la suite de l’appel de propositions de ne pas octroyer le contrat à la firme candidate qui a obtenu le meilleur pointage, «Suez-Gagnotec».

Le plus bas soumissionnaire a établi à 140 millions $ le prix de la facture en vue de la conception, du financement, de la construction et de l’opération de l’usine de biométhanisation. La Régie intermunicipale de valorisation des matières organiques (RIVMO) de Beauharnois-Salaberry et de Roussillon avait évalué le projet à 71 millions $, en fonction sa propre analyse.

«Je ne vous cache pas notre déception. Les résultats de l’appel de proposition, qui s’est terminé le 7 septembre dernier, n’étaient pas ceux attendus», valide Bruno Tremblay, président de la Régie intermunicipale et maire de Beauharnois. Cette décision a été prise par les six membres du conseil d’administration de la Régie à la suite du dépôt d’un rapport préparé par le comité de sélection.

Les administrateurs des MRC de Beauharnois-Salaberry ont favorisé cette orientation compte tenu du coût de 110 $ par porte compris dans la proposition de «Suez-Gagnotes» pour le traitement des matières organiques,  comparativement à 50 $ par porte selon les estimations faites par la Régie.  «Il était de notre devoir de préserver et de respecter la capacité de payer de nos concitoyens», affirme M. Tremblay.

Ayant mis fin au processus initial d’appel de proposition, les élus membres de la Régie vont contacter les deux soumissionnaires participants afin de comprendre leur évaluation financière du projet d’implantation d’une installation qui permettrait à près de 235 000 personnes de disposer et de valoriser leurs matières organiques, sur place, à Beauharnois.

«On repart à zéro. Nous devons réfléchir de nouveau afin de bien comprendre (les coûts doublés). Même nos consultants sont abasourdis par un tel écart», ajoute Linda Phaneuf, directrice générale de la MRC de Beauharnois-Salaberry.

Les élus siégeant à la Régie intermunicipale se donnent environ 6 mois pour refaire leurs devoirs et prendre une décision finale dans ce dossier. «On pourrait revoir les devis pour un même complexe ou opter pour un autre modèle», élabore Bruno Tremblay.

Ce dénouement n’empêchera pas les deux MRC de prendre en charge les matières organiques et d’offrir la collecte des bacs bruns dès septembre 2019. Il est prévu qu’environ 30 000 tonnes métriques de matières putrescibles seront détournées de l’enfouissement à partir de l’automne prochain. Ces déchets seront acheminés vers le site de compostage de la compagnie Mironor à Lachute et un contrat de deux ans a été paraphé avec la firme environnementale des Laurentides.

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