Quelle ville voulons-nous?

Claude Boileau, Châteauguay
Quelle ville voulons-nous?
(Photo : Pixabay)

L’interrogation en titre ne concerne pas seulement nos dirigeants politiques, mais bien les quelque 50 000 êtres humains qui vivent à Châteauguay, parce que c’est leur milieu de vie, le territoire où ils habitent; c’est aussi le « lien privilégié » qu’ils entretiennent avec la Terre, notre maison commune. On pourrait écrire la même chose à propos de n’importe quelle ville ou territoire de la région métropolitaine de Montréal, du Québec ou de la planète.

La nécessité d’une réponse adéquate à cette question se fait de plus en pressante dans une société au service d’une économie qui n’en a que pour la croissance où, globalement, nous courons toujours plus, sans savoir où cela nous mène, au risque de frapper un mur à très court terme. Or, cette économie, dite de marché, à laquelle nous sommes soumis entre en conflit avec l’écologie, à un moment de l’histoire où nous avons besoin, plus que jamais, d’une réconciliation entre ces deux réalités qui ont pourtant une même origine. En effet, au sens étymologique, économie signifie « gestion de la maison ». S’il y a conflit entre l’économie et l’écologie, serait-ce que la maison est mal gérée? À voir aller les choses à tous les niveaux, on pourrait le croire. Ça ne peut plus continuer ainsi. Remettre en question l’économie de marché apparaît de plus en plus comme une nécessité vitale.

« Il y a plus de 7,5 milliards d’humains sur la planète et les Nations Unies prévoient que nos effectifs auront dépassé les 10 milliards en 2056. Parmi eux, il y aura sans doute nos enfants, nos petits-enfants et les enfants de nos petits-enfants »1 et, possiblement, quelques baby-boomers.7,5 milliards par rapport à 10, cela veut dire une augmentation de la population mondiale de 33% en moins de 40 ans, tout en ayant moins de ressources disponibles si nous continuons à agir selon les règles du « laisser faire » et du « chacun pour soi » à la base du système économique actuel.

Notre monde est viable pour au moins dix milliards d’humains, mais attention! « C’est valable pour 10 milliards d’égaux, pas pour 10 milliards d’ego! » Cette réalité en appelle à la solidarité, au partage, à la coopération. Si nous voulons un avenir pour l’humanité, nous avons une remise en question importante à faire par rapport aux valeurs dominantes véhiculées dans nos sociétés dites avancées. Il devient urgent de passer d’une économie de marché centrée sur le consommateur (là où il y a de l’argent à faire, même quand c’est au détriment de tout le reste ») à une économie solidaire, celle du « vaisseau spatial »2, centrée sur les êtres humains et leurs besoins véritables.

La mission à laquelle nous sommes appelé-e-s dorénavant peut se résumer ainsi : faire en sorte que notre planète demeure habitable! C’est à partir de notre petit bout de Terre que nous sommes invité-e-s à participer à ce grand projet pour « Notre avenir à tous »3. Quelle ville voulons-nous?  D’une ville à échelle humaine, qui nous ressemble, où il fait bon vivre entre égaux ou bien…  La réponse nous appartient.

[1] Villeneuve, Claude, Dix milliards d’égaux, Le Soleil (de Québec), 2019/07/30, p. 19

2Beaudin, Michel, Céline Beaulieu, Ariane Collin, Guy Côté, Claire Doran, Lise Lebrun, Richard Renshaw, Nous sommes le territoire, Les Éditions Novalis inc. 2016, p. 68

3 Titre de la version française du rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, publié en mai 1988

 

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