Ronde et plate

Par Michel Thibault
Ronde et plate
(Photo : Pixabay)

«Qui a décidé que la terre était ronde et pourquoi le croire lui ?»

Qui a demandé ça ? Un bébé de trois ans ? C’est plausible. À cet âge tendre, l’être humain est une usine à pourquoi ?

La question émane plutôt d’une conseillère municipale de Gatineau, qui a manifestement conservé son âme d’enfant. Nathalie Lemieux a exprimé son scepticisme sur les dimensions de notre planète dans un commentaire sur le compte Facebook du Journal de Montréal le 25 janvier.

Sa réflexion est plutôt excellente, je trouve. C’est bien de douter de ce qu’on nous enseigne comme la vérité. De mettre à profit nos neurones pour forger notre propre idée.

Premièrement, on n’a pas à décider si la Terre est ronde ou plate. Les deux sont possibles simultanément. Voici trois preuves : une galette au gruau, un CD et un dix cents.

La vraie question, c’est de savoir si la Terre est sphérique. Comment s’en assurer ?

Si Mme Lemieux dispose d’un portefeuille aussi garni que celui du fondateur du Cirque du soleil, elle peut aller voir de ses propres rétines. Pour l’astronomique somme de 20 M $, Guy Laliberté a pu observer la planète «bleue» à partir de la Station spatiale internationale en 2009.

Si cette excursion est hors de sa portée, la conseillère municipale peut se rabattre sur une preuve circonstancielle. Il s’agira de partir d’un point A et de toujours avancer dans la même direction. Si la Terre est un disque ou un carré, elle va finir par arriver au bout. Dans le cas contraire, son périple va la ramener à son point de départ.

Enfin, si elle vraiment pressée d’élucider le mystère, il existe une recette assez simple.

Ça prend une grande personne, un bébé de deux ans, un bateau et un plan d’eau. Il faut placer les humains sur la rive, le visage tourné vers l’eau. Le bateau doit s’éloigner du bord tranquillement, toujours de plus en plus loin. Si la Terre est ronde, la personne plus grande verra encore le bateau alors qu’il aura disparu de la vue du petit. En effet, la courbure fait en sorte que plus les yeux d’un observateur sont placés haut, plus ils voient loin.

C’est bien de remettre des savoirs en question et de faire soi-même ses preuves. Mais il faut être prudent. Si on doute de la gravitation universelle, par exemple, l’expérimentation peut être douloureuse. Parlez-en à Newton !

Nathalie Lemieux n’est pas la seule sphéricosceptique. La théorie de la Terre plate «séduit 15 millions de personnes dans le monde», selon cet article de National Geographic

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