Subaru Crosstrek 2018 : à la mode

Subaru Crosstrek 2018 : à la mode


Le Guide de l'Auto

Article par Michel Deslauriers

En 1994, figurant que les véhicules utilitaires sport gagneront en popularité, Subaru a astucieusement créé l’Outback à partir d’une Legacy familiale. En élevant simplement sa suspension tout en ajoutant des garnitures de bas de caisse et quelques autres changements, le constructeur a trouvé une solution aux VUS gros et maladroits, ce qui lui a permis de se faire connaître auprès des consommateurs nord-américains.

Subaru a retenté sa chance avec l’Outback Sport, basé sur l’Impreza compacte, avec des résultats modestes. Par la suite, il a répliqué avec le XV Crosstrek – renommé Crosstrek pour 2016 – et les ventes ont grimpé en flèche. L’Outback et le Crosstrek se vendent beaucoup plus que leurs contreparties Legacy et Impreza, alors que les ventes de voitures en général sont en déclin en faveur de VUS et de VUM, et les planificateurs de produits chez Subaru passent pour des visionnaires.

Le Crosstrek a été entièrement repensé pour le millésime 2018 et comme avant, il se positionne dans le segment des VUS sous-compacts par sa taille, sa motorisation et son prix. Toutefois, contrairement à ses rivaux basés sur des voitures sous-compactes, le Subaru possède l’avantage d’offrir un habitacle de dimensions compactes. C’est particulièrement notable pour les occupants assis à l’arrière, du moins, comparativement à la majorité de ses concurrents.

Quant à l’espace de chargement, le Subaru Crosstrek 2018 dispose d’un volume de 588 litres avec les sièges arrière en place, légèrement en baisse par rapport au modèle de génération précédente. Toutefois, en rabattant les dossiers, le volume maximal grimpe à 1 565 litres, surpassé seulement par la capacité des Honda HR-V et Nissan Qashqai.

L’habitacle de notre Crosstrek Limited tout équipé était habillé d’un intéressant agencement de cuir bicolore blanc et gris, avec des coutures contrastantes orange – ces dernières rehaussent également le tableau de bord et les panneaux de porte. Le design en général n’est pas trop risqué, la finition est convenable, et finalement, l’affichage d’informations sur le dessus de la planche centrale est plus moderne et coloré.

Le système multimédia de Subaru n’est pas le plus convivial sur le marché, mais sa récente refonte lui a permis d’offrir des fonctionnalités modernes telles que l’intégration Apple CarPlay et Android Auto. L’écran est réactif à l’effleurement des doigts, bien que son fini reluisant masque l’affichage sous les rayons du soleil.

Chaque Subaru Crosstrek 2018 abrite un quatre cylindres de 2,0 litres développant 152 chevaux et un couple de 145 livres-pied, jumelé à soit une boîte manuelle à six rapports ou automatique à variation continue. La livrée de puissance se situe dans la moyenne du segment, et le Subaru s’avère l’un des rares modèles à proposer une boîte manuelle sur la quasi-totalité de ses déclinaisons. Le Crosstrek bénéficie également de six rapports, alors que l’Impreza doit se contenter d’une boîte à cinq engrenages, un détail à souligner pour ceux qui préfèrent ce type de mécanique.

Les accélérations à bord de ce Subaru sont loin d’être laborieuses, mais on n’a pas affaire à une fusée non plus. On parviendra à s’engager sur une autoroute achalandée sans problème, et bien que la boîte automatique ne rende pas la voiture plus amusante à conduire, elle aide à réduire de façon significative la consommation de carburant. Lors de notre essai hivernal, nous avons observé une moyenne de 8,8 L/100 km, ce qui n’est pas mal du tout vu son rouage intégral et les conditions routières. Subaru a même conféré à son Crosstrek une capacité de remorquage de 680 kilogrammes (1 500 lb).

En parlant de rouage intégral, celui du Crosstrek figure parmi les plus habiles pour confronter la saison froide au Canada. Le système à prise constante permet aux quatre roues de mordre dans les surfaces peu adhérentes avec une ténacité surprenante. Par contre, en été, le Crosstrek perd cette supériorité par rapport à sa concurrence, mais au moins, Subaru a trouvé une façon de préserver l’économie d’essence. En fait, ce modèle est l’un des véhicules multisegments les moins énergivores au Canada.

On peut se promener dans les sentiers hors route sans trop de tracas, grâce à sa garde au sol – une des plus élevées de son segment – et son système X-Mode, une programmation qui contrôle le patinage des roues sur les surfaces dénivelées ou plus risquées. Évidemment, très peu de propriétaires de VUS s’aventureront hors route, cependant il est bon de savoir que le Crosstrek possède de telles habiletés. Sans surprise, on voit beaucoup de ces véhicules avec un support à vélo ou des kayaks sur leur toit, puisqu’il s’agit d’un bon véhicule pour ceux qui profitent d’un style de vie aventurier.

Le prix débute à 23 695 $ avant les frais de transport et de préparation, alors qu’un Crosstrek Sport bien équipé, avec une boîte automatique et l’excellent système d’aides à la conduite sécuritaire EyeSight de Subaru, coûte à peine plus de 30 000 $. À ce prix, on obtient des sièges avant chauffants, un toit ouvrant et une surveillance des angles morts. Le volant chauffant n’est malheureusement réservé qu’aux versions Limited, les plus dispendieuses.

Il y a beaucoup de choix dans la catégorie des VUS sous-compacts, et plusieurs d’entre eux sont de très bons produits. Si notre liste de besoins et de désirs comprend la capacité de survivre aux hivers rigoureux et la qualité de roulement d’une voiture, le Subaru Crosstrek 2018 nous servira bien. Il profiterait d’un peu plus de raffinement et sa cabine pourrait être mieux insonorisée, mais en général, il s’agit d’une amélioration significative par rapport à la génération précédente du Crosstrek.