Un documentaire sur la détresse psychologique des agriculteurs

Article de Stéphane Lévesque, de l'Hebdo Journal, Initiative de journalisme local
Un documentaire sur la détresse psychologique des agriculteurs
Stéphane Gendron et Marco Pouliot lors de l'encan de ce dernier. (Photo : Pcibois Productions)

La sortie de La détresse au bout du rang de Stéphane Gendron ramène à l’avant-plan la question de la santé mentale dans le milieu agricole. Ponctué de nouveaux témoignages touchants, le documentaire sera diffusé, entre autres, le jeudi 3 septembre à 22h sur les ondes de Canal D.

«Ce documentaire part d’une expérience personnelle. Je me suis acheté une ferme en 2012 avec ma conjointe. En parlant avec des gens de la région, on s’est rendu compte d’un problème : tu veux te partir une entreprise agricole, c’est compliqué. Il y a des normes, l’écoanxiété, l’environnement et l’endettement. C’est là que tu découvres le vrai vécu des agriculteurs. Je jasais dans la véranda avec Éric Blouin, le réalisateur, sur la détresse dans le milieu agricole. Tu peux t’imaginer le nombre de suicides»», précise d’entrée de jeu Stéphane Gendron qui n’allait pas en rester là.

Par son documentaire, Stéphane Gendron vise à faire découvrir la tragédie silencieuse qui frappe les agriculteurs québécois.

Après un appel sur les réseaux sociaux, les deux hommes vont recevoir des centaines de cas troublants d’agriculteurs vivant des situations de détresse. Ils prendront ainsi la route des campagnes pour révéler au public le mal à l’âme qui frappe nos agriculteurs , susciter un débat social et politique sur le sujet tout en rappelant l’importance de la résilience humaine et le pouvoir de la relation d’aide.

En pleine saison agricole 2019, il rencontre ainsi la productrice de lait Geneviève Manseau qui accepte de témoigner devant la caméra de la détresse qu’elle vit, il reçoit le cri du cœur de Caroline Tardif, du Ruban bleu, dont le mari s’est enlevé la vie, et il accompagne Marco Pouliot et sa famille le jour de l’encan et du démantèlement de sa ferme laitière.

Ce dernier, résident de Saint-Odilon-de-Cranbourne dans la Beauce, n’a pas hésité à témoigner publiquement de ce qui l’a amené à abandonner la production laitière.

«J’ai voulu parler pour dire la vérité de ce qui se passe dans le monde agricole carrément. Dans l’agriculture, c’est orgueilleux, ça ne parle pas. Tout va bien apparemment, mais on sait toujours bien que ce n’est pas toujours drôle», rapporte Marco Pouliot qui invite les agriculteurs à privilégier leur qualité de vie.

«Depuis l’encan, j’ai des projets en masse. Je continue à faire du foin et je chauffe une van. La paperasse à faire a coupé de moitié. Maintenant, j’ai du temps de libre le soir. Je ne regrette pas ma décision», explique le conjoint de Diane Gosselin qui elle aussi se réjouit de leur nouveau mode de vie.

«On se retrouve comme couple. Cet été, on a suivi notre cours de Spider tous les deux. Les sorties d’amoureux sont plus faciles à faire qu’avant et ça nous fait du bien», rapporte-t-elle avec le sourire dans la voix.

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