37 entreprises d’ici prennent le virage numérique

Par Hélène Gingras
37 entreprises d’ici prennent le virage numérique
La pandémie force des entreprises à améliorer leur présence en ligne, (Photo : Depositphotos)

Ces derniers mois, près d’une quarantaine de commerces et entreprises de la région ont profité de la pandémie et d’une subvention de la MRC de Roussillon pour développer ou améliorer leur virage numérique, que ce soit par la création d’un site Web, d’une boutique en ligne ou le référencement de leur site.    

Ce, grâce à une enveloppe de 200 000$ mise à leur disposition, en mai, par la MRC de Roussillon dans le cadre d’un plan de relance économique du territoire. Le volet commercial vise à soutenir les commerçants et à favoriser l’achat local.

«On a reçu 57 demandes jusqu’à maintenant et on a approuvé 37 dossiers qui sont complétés ou sur le point de l’être, explique Josyane Desjardins, directrice du développement économique à la MRC. Certaines demandes ont été refusées parce que les entreprises n’étaient pas du territoire, qu’elles ont engendré des dépenses avant la COVID ou parce que celles-ci n’étaient pas admissibles.»

La subvention est de 50% jusqu’à concurrence de 1000$ pour le volet du développement électronique comme créer un site Internet. Pour le développement publicitaire (ex: géolocalisation et référencement), elle s’élève à 25% jusqu’à concurrence de 1000$.

«Tant que l’enveloppe n’est pas épuisée, l’argent demeure disponible.»

-Josyane Desjardins, directrice du développement économique à la MRC de Roussillon

Le but de la subvention est d’aider particulièrement les petites entreprises et les commerces de détail et de services à prendre le virage électronique, comme la Boutique enchantée à Châteauguay.

La propriétaire Angela Mastromonaco n’a pas eu le choix de faire créer son site Web et sa boutique en ligne, puisque son commerce situé à l’entrée de l’Hôpital Anna-Laberge à Châteauguay «est fermé jusqu’à une date indéterminée», explique celle qui a rapatrié l’ensemble des articles chez elle.

Avec la pandémie, les visiteurs à l’hôpital ne sont plus permis, alors qu’ils formaient l’ensemble de sa clientèle avec le personnel hospitalier à la recherche d’un cadeau, de fleurs ou autre présent pour un être cher.

«D’avoir une boutique en ligne, ça aide en attendant, poursuit celle qui regrette néanmoins un peu ce virage numérique un peu tard. Le fait d’avoir eu une petite subvention, ça aide aussi.»

La bijouterie Guy Serres à La Prairie a quant à elle profité de la subvention pour améliorer son référencement sur la Toile, puisqu’elle possédait déjà un site Internet et une boutique en ligne. Pourquoi?

«Surtout à cause de la pandémie, répond Nathalie Serres, la propriétaire. On a été fermés pendant deux mois et demi et on s’est aperçu qu’il était super important [pour continuer à faire des affaires] d’avoir un site Web et une boutique pour que les gens puissent magasiner en ligne.»

Depuis, Mme Serres en ressent les impacts positifs.

«Ça nous a amené beaucoup de clients et de commandes, reconnaît-elle. Quand les gens n’achètent pas en ligne, ils viennent au magasin avec une photo imprimée de notre site pour voir le bijou en vrai.»

Avoir un site Web ou une boutique en ligne n’est pas suffisant, confirme la directrice au développement économique à la MRC de Roussillon.

«Si l’entreprise est mal référencée, le consommateur ne la trouvera pas», illustre Mme Desjardins.

Temps et essoufflement

La MRC de Roussillon ne cache pas qu’elle veut aider le maximum de commerçants locaux à prendre le virage électronique avec la subvention, mais que ceux-ci manquent de temps à planifier à moyen ou long terme tant leurs activités quotidiennes sont prenantes en ce moment. C’est d’autant plus vrai pour les entreprises dont le propriétaire est unique.

Mme Desjardins constate également que «certains s’en sont bien sortis  pendant la première vague», mais que la seconde commence à les rattraper.

«Le commerce électronique demeure d’actualité. Amazon ne va pas disparaître après la COVID et il faut que les commerçants continuent leur réflexion», pourfend-elle.

500 boutiques locales

La MRC de Roussillon n’a pas de chiffres précis sur le nombre d’entreprises sur son territoire, mais elle l’évalue à plus de 4000 entreprises de toutes les tailles, dont la majorité emploie entre 5 et 20 employés. On compterait parmi elles environ 500 boutiques de propriété locale, c’est-à-dire qui n’appartiennent pas à une chaîne.

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