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5 années de fouilles étonnantes à l’île Saint-Bernard

jeudi le 26 juillet 2018
Modifié à 15 h 39 min le 26 juillet 2018
Par Production Gravite
(Texte de Marie-Josée Bétournay) Un groupe de 14 étudiants en archéologie de l’École de fouilles de l’Université de Montréal terminera dimanche cinq années de recherches à l’île Saint-Bernard. Adrian Burke, codirecteur du site avec Geneviève Treyvaud, se dit très étonné des résultats obtenus cette saison en ce lieu longtemps habité par la congrégation des Sœurs Grises. «On a trouvé des évidences de même 3000 ans d’occupation, des objets de la traite de fourrure avec les Amérindiens, des perles de verre, des chaudrons en cuivre», mentionne le codirecteur. Cette année, les étudiants ont également aperçu un ancien drain et la fondation d’un mur. «On pense que c’est une étable ou une grange associée à l’ancien manoir», souligne Adrian Burke en faisant référence aux archives consultées sur l’île Saint-Bernard. La liste des découvertes s’allonge. Au cours des fouilles, les étudiants ont mis la main sur un briquet des temps anciens, soit un battefeu, et même un morceau de quartz coupé. «C’est assez surprenant. Ce n’est pas le genre de choses que les Sœurs portaient. On ne sait pas d’où ça vient», convient M. Burke. Des perles de chapelet en os, un hameçon fabriqué par les Amérindiens et des pipes en plâtre s’ajoutent. «C’est typique du 19e siècle. Les gens fumaient tout le temps», dit Adrian Burke à propos des pipes. Et c’est les hommes, ce n’était pas les Sœurs. On n’a jamais vu de photos et les Sœurs nous ont dit qu’elles ne fumaient pas.» Le groupe, qui séjourne sur l’île, fouille le sol depuis le 1er juillet. Ils travaillent sept jours sur sept et les journées se terminent tardivement. Leur réussite leur permet d’accumuler six crédits à leur formation académique. Les archéologues quittent l’île après cinq années de recherches afin de «laisser un peu du site au futur». Lors de leur passage dans la région, ils ont trouvé réponse à l’occupation de l’île avant la venue des Européens et au cours de la période seigneuriale où Charles Lemoyne a laissé des traces, entre autres. «Qui habitait ici? Qu’est-ce qui se passait ici vraiment? C’est par l’archéologie que l’on peut le savoir. Il y a peu d’informations dans les archives», avoue M. Burke. Conférence gratuite et Échange avec les archéologue, conférence et balade guidée Jusqu’au dimanche 29 juillet, les passants sur l’île peuvent voir les archéologues à l’œuvre et même échanger avec eux. Les samedi et dimanche 28 et 29 juillet, des personnages historiques animeront des balades guidées à 11 h, 13 h et 14 h 30. Le sujet : les secrets du berceau de la seigneurie de Châteauguay. Dans le cadre du Mois de l’archéologie, l'île Saint-Bernard sera le théâtre d'une conférence grand public le samedi 28 juillet à 11 h. Les archéologues sur place présenteront un bilan des fouilles de l’été et un résumé des recherches sur l’île depuis les cinq dernières années. Une visite des fouilles est également au programme. L’entrée des trois activités est gratuite.

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