Au coeur de la clinique de vaccination de Châteauguay

« C’est historique ce qu’on vit-là, c’est historique pour une multitude de personnes, pour une multitude de raisons. Ce qu’on réalise aujourd’hui, c’est le fruit de miracles par-dessus des petits miracles, d’exploit par-dessus exploit », lance Dominique Pilon faisant référence à la vaccination de masse contre la COVID-19.

Dominique Pilon

Responsable de l’opération en Montérégie-Ouest pour le CISSSMO, M. Pilon a accueilli le Soleil de Châteauguay à la clinique de vaccination établie au Centre 55 + à Châteauguay le mercredi 31 mars. «  Il y a ce qu’on voit ici mais en arrière de tout ça il y a une immense machine », souligne-t-il. Pour mener la mission à bien, il a fallu mettre au point un concept, trouver des locaux, organiser la distribution des fournitures ainsi que recruter et former des gens de l’extérieur ainsi qu’à l’interne, illustre-t-il.

« On a même créé un laboratoire qui simule une clinique de vaccination pour pouvoir former nos gens parce que chaque personne qu’on embauche, selon le profil d’emploi, il va y avoir un volet formation et une journée d’intégration pour simuler le travail, avant d’être intégré dans un îlot réel de vaccination », explique-t-il.

Guillaume Quesnel-Mercier

Guillaume Quesnel-Mercier fait partie des employés du CISSSMO qui ont changé de poste pour les besoins de la mission. Titulaire d’une maîtrise en administration, il était gestionnaire au CISSSMO. Il est maintenant chef d’équipe sur le terrain. « On a dû développer des gens comme moi pour prêter main-forte. On ne veut pas dégarnir nos hôpitaux, nos CHSLD. Je viens de Saint-Lambert, dans une autre communauté anglophone, ça me fait plaisir de servir une autre communauté anglophone à Châteauguay », a-t-il fait part.

Yvon Poirier vacciné par Anne-Marie Duval.

Assis

L’aménagement de la clinique a été conçu pour faciliter la vie aux gens et au personnel, laisse entendre le chef d’équipe. L’endroit compte trois îlots comptant sept chaises. Les patients y prennent place et n’auront pas à se lever de tout le processus. « On va asseoir le patient à une chaise directement et c’est nos injectrices, nos administrateurs et nos agents administratifs qui vont se promener autour. On vous accueille, on regarde que vous avez bien un rendez-vous. Vous n’avez pas à vous relever. C’est ça l’avantage comparativement aux anciennes cliniques de vaccination où l’on devait faire plusieurs files. Quand vous quittez, tout est fini, tout est magnifique », expose M. Quesnel-Mercier.

Le centre de vaccination de Châteauguay.

Petit centre

Plusieurs ont déploré être incapables d’obtenir un rendez-vous à Châteauguay en début de campagne, toutes les plages horaire affichant complet. M. Pilon explique que « des gros sites assez centraux » ont d’abord été établis à Candiac, Valleyfield et Vaudreuil, où il sera possible d’administrer 2000 doses par jour. « Par la suite, on a essayé de voir qu’est-ce qu’on pouvait faire avec des partenaires et voir les salles qui étaient disponibles. On a eu, ici, le partenariat de la Ville qui est fort apprécié », a-t-il indiqué. La capacité du site de Châteauguay est d’environ 240 doses par jour. M. Pilon a précisé que le déploiement ne s’effectuait pas par municipalité. « La perspective dans laquelle on l’a vu, ce n’est pas en fonction de la Ville, c’est en fonction de la MRC et de notre réseau local de service. Le territoire du Haut-Saint-Laurent, c’est 25 – 26 000 personnes. Donc ils ont une clinique qui dessert 25 – 26 000 personnes. Ici, dans Jardins-Roussillon, on a deux cliniques, il y en a une troisième qui va voir le jour et on devrait annoncer bientôt l’ouverture d’une 4e clinique sur le territoire », a-t-il exposé.

Des petits centres mobilisent plus de ressources, a-t-il souligné. « Faire de petits sites, ça demande beaucoup plus de ressources pour la quantité qu’on peut faire, donc on est limité de pouvoir ouvrir des sites partout sur notre territoire », informe M. Pilon.

Néanmoins, dit-il, « à partir du mois de mai, juin, juillet et août, ça va être des gros mois. Va falloir doubler, pratiquement, et se rendre à 6 ou 7000 doses par jour. Donc on continue à chercher des endroits pour pouvoir vacciner et augmenter notre capacité vaccinale. »

En  date du 31 mars, 973 personnes avaient été vaccinées à la clinique de Châteauguay.

Embauche

En vue de cette augmentation, le CISSSMO est en quête d’effectifs pour la vaccination mais il n’y a pas de « pénurie » à ce chapitre actuellement, a assuré Dominique Pilon. « On ne peut pas parler d’un manque de personnel à l’heure où l’on est. On est rendu à plus de 650 embauches qui ont été faites depuis le mois de janvier exclusivement pour la vaccination. Donc, ça répond bien et ça continue de bien répondre. Mais c’est vrai qu’il nous en faut, on estime entre 1000 et 1200 personnes pour pouvoir vacciner jusqu’à 6 à 7000 doses par jour. Au moment où je vous parle, ça va bien, on ne parle pas de pénurie. On est capable de répondre à nos besoins. Par contre, on sait qu’il ne faut pas lâcher les efforts, il faut continuer à interpeller nos partenaires, à interpeller la communauté pour prêter main-forte à cette grande campagne qui mobilise l’ensemble de la population, en fait. »

« Il y a quatre grandes classes d’employés, les évaluateurs composés principalement d’infirmières, de médecins, sages-femmes, ça peut être inhalothérapeute, pour les injecteurs, le ministère a permis dans le cadre de la campagne de vaccination d’augmenter le nombre de professionnels admissibles. C’est plus de 23 nouvelles professions qui peuvent injecter le vaccin. Ça aussi, il y a une très belle réponse des partenaires du réseau, physiothérapeutes, ergothérapeutes, vétérinaires », fait part Dominique Pilon.

 

Heureux vaccinés

Anne-Marie Duval fait partie de celles qui ont répondu à l’appel du gouvernement de prêter main-forte. « Je suis physiothérapeute retraitée formée pour vacciner. J’avais le goût de participer à cette grosse aventure-là et de venir aider. Ça ne fait pas longtemps que j’ai pris ma retraite, je me suis dit je vais aider de cette façon-là », a-t-elle exprimé après avoir vacciné Yvon Poirier, de Mercier, avec le Moderna.

Qu’est-ce que ça représente pour lui ? « Beaucoup, parce que ça va me sauver la vie. Notre gouvernement est bon avec nous autres et les gens qui travaillent ici, ce sont des gens qui sont capables de nous aider. C’est très gros », a-t-il commenté.

Les résidents de Mercier Claire Lamoureux et Jacques Leduc ont été vaccinés le samedi 27 mars à Ormstown.

Également de Mercier, Claire Lamoureux et Jacques Leduc ont été vaccinés contre la COVID-19 avec le Pfizer le samedi 27 mars au centre récréatif d’Ormstown.

« Je suis très satisfaite. C’est une libération. Une porte d’entrée vers un mouvement social, si on veut. L’espoir de rencontrer nos amis, nos enfants », a exprimé Mme Lamoureux.

« Je suis très content. Ça représente une sécurité », a apprécié M. Leduc.

Chantal Cyr, infirmière à la dilution.

Moderna et Pfizer

Les gens ont reçu le vaccin Pfizer et Moderna à Châteauguay et Ormstown.

Les centres obtiennent des doses chaque jour. Elles sont conservées dans un réfrigérateur. Du personnel s’assure de remplir adéquatement les seringues, comme Chantal Cyr à Châteauguay.

« On double vérifie toujours nos doses deux fois, avec une autre infirmière, pour s’assurer que les doses sont bien préparées, qu’il n’y a pas de bulles et qu’il y a exactement la dose nécessaire dans chaque seringue », a informé Mme Cyr.

Vaccins Moderna à la clinique de Châteauguay.

 

Rendez-vous

Depuis le 6 avril, la vaccination est accessible aux 60 ans et plus en Montérégie. Les intéressés doivent prendre rendez-vous par téléphone au 1 877 644-4545 ou via internet sur clicsanté.

 

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