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Développement à Châteauguay : qu’en est-il pour les locataires?

le mercredi 23 mars 2022
Modifié à 16 h 09 min le 28 mars 2022
Par Paula Dayan-Perez

pdayan-perez@gravitemedia.com

Le Quartier du centre, situé sur la rue de la Maçonnerie à Châteauguay, construira 4 nouveaux immeubles de 75 logements d'ici 2023.. (Photo : Le Soleil – Denis Germain)

L’offre d’appartements locatifs est particulièrement basse à Châteauguay. Si la construction de nouveaux logements est une des solutions, cela amène des défis particuliers pour les locataires qui ont déjà vu leur coût de loyer «exploser» ces dernières années, selon le Comité logement Rive-Sud.

Le taux d’inoccupation d’appartements privés était de 0,9 % à Châteauguay, en 2021, révèlent les données les dernières données de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL). À titre comparatif, l’île de Montréal avait un taux d’inoccupation de logements de 3,7 % pour la même année.

Même si 789 logements ont été construits à Châteauguay depuis 2018, ce n’est pas assez pour combler la demande.

«Il n’y a pas beaucoup de logements locatifs [à Châteauguay]. Ce qui a été développé, c’est sous forme de condo qu’ils mettent en location, indique Stéphane Moreau, organisateur communautaire du Comité logement Rive-Sud. Donc, c’est facile à retirer du marché par la suite puisqu’un locateur peut en prendre possession.»

La croissance de la population dans la région, le coût d’achat des propriétés et un récent exode des citadins vers la banlieue sont d’autres facteurs qui gardent le taux d’inoccupation à un bas niveau. La rareté des logements contribue à augmenter le prix du loyer.

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En fait, le coût du loyer moyen a augmenté de 15,4 % entre 2018 et 2021 à Châteauguay, selon les informations de la SCHL. Entre 2020 et 2021, c’était une hausse de 5,5 %.

«Nous, on a constaté qu’au cours des trois dernières années, ça n’a cessé d’augmenter principalement dû à une bulle immobilière qui a lieu présentement, informe M. Moreau. Des propriétaires qui achètent un immeuble et ensuite ajustent le loyer sous le prétexte de dire ‘on va mettre ça au coût du marché’. C’est souvent ce qu’ils disent aux locataires et parfois les gens mal informés croient que le propriétaire a le droit d’agir ainsi, d’augmenter à sa guise.»

Plusieurs propriétaires offrent deux options aux locataires lors de la période du renouvellement du bail, soit d’accepter l’augmentation proposée ou quitter le logement, soutient M. Moreau. Il y a toutefois une troisième option: c’est possible de refuser l’augmentation et de rester quand même. Il invite les gens à contester une hausse de loyer non justifiée.

Stéphane Moreau est organisateur communautaire du Comité logement Rive-Sud. (Photo : Le Soleil – Denis Germain)

Châteauguay en plein développement

Questionné sur le bas taux de disponibilité des logements dans la région, le maire de Châteauguay Eric Allard informe que 427 nouveaux logements seront construits prochainement sur le territoire de la municipalité.

«On a deux endroits en particulier où l'on veut avoir une densification assez haute, dit-il. C’est le TOD à l’entrée de la ville où on a fait un changement de zonage. On demande, je pense, un minimum de 10 ou 12 étages.»

Le TOD est un concept de développement immobilier structuré autour d’une station de transport en commun à haute capacité, peut-on lire sur le site de la Communauté métropolitaine de Montréal. Celui de Châteauguay est envisagé près du futur terminus d’autobus, sur le boulevard Saint-Jean-Baptiste.

«L’autre place où veut une haute densification, c’est dans le Faubourg, ajoute le maire. On veut une mixité commerciale et résidentielle.»

M. Allard indique que les infrastructures municipales comme l’aqueduc et les égouts sont en mesure d’absorber les nouvelles constructions. «Je pense qu’on est capable de répondre à ça sinon on n’aurait tout arrêté», conclut-il.

L’enjeu des nouveaux logements

Avec les nouvelles constructions viennent aussi d’importants défis pour les locataires. Selon la loi québécoise, les propriétaires peuvent augmenter le loyer à leur volonté si le logement a été construit au cours des cinq années précédentes.

C’est le cas pour Alain Davied et sa conjointe. Le couple a déménagé dans un immeuble récemment construit à Châteauguay en décembre 2019. Après avoir vendu leur maison et pris la retraite, ils ont voulu se «permettre un luxe» en louant un appartement 4 ½ avec plusieurs services inclus au coût de 1919 $ par mois. Cette année, leur propriétaire leur demande une augmentation de 4,25 %, soit 81 $ par mois, pour un total de 972 $ par an.

«À moment donné, on ne pourra plus rester ici avec les augmentations, déplore M. Davied. On est à la retraite, ma femme et moi. On ne travaille plus, on a une pension et avec la pension, on ne peut pas se le permettre.»

La «fameuse clause F» avait été initialement mise en place pour permettre aux propriétaires d’immeuble une période d’adaptation pour évaluer les coûts d’une nouvelle construction, fait savoir Stéphane Moreau. C’est l’un des facteurs qui fait grimper les prix des loyers selon lui.

Le journal 24 Heures rapportait en février que la ministre de l’Habitation et des Affaires municipales, Andrée Laforest, se penchait sur le nombre d’années comprises dans cette clause.

Projets résidentiels à venir à Châteauguay

410 St-Francis : 117 logements

33 Vanier : 26 logements

234 Principale : 192 logements

280 Principale : 72 logements

116 Principale : 20 logements

150, rue de la Maçonnerie : 300 logements

Source : (Ville de Châteauguay)

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