chronique

Est-ce que la justice a une colonne vertébrale ?

mercredi le 08 septembre 2021
Modifié à 0 h 00 min le 09 septembre 2021
Par Claude Poirier

Claude Poirier (Photo gracieuseté)

Dans une chronique parue ici il y a quelques semaines, je mentionnais qu’il est temps de mettre les gangs de rue au pas. Depuis, les fusillades et événements liés à ces criminels n’ont pas cessé. Toutefois, un procureur de la Couronne a demandé récemment la prison à vie pour l’un d’eux, Hensley Jean, reconnu coupable d’une tentative de meurtre. Est-ce que la justice donnera enfin l’exemple et se tiendra debout devant lui? Il le faut.

Depuis le début de janvier 2021, il y a eu une centaine d’incidents où des coups de feu ont été tirés à Montréal. Plus de la moitié étaient liés aux gangs de rue, selon une sergente-détective du corps policier montréalais. Je l’ai dit et je le répète, même avec des escouades spéciales et des investissements pour la prévention, le message doit venir des tribunaux. Ils doivent sévir. C’est la direction à prendre pour régler le problème.

J’espère que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) ne sera pas clément avec Hensley Jean. Ce dernier a un lourd dossier. Il a été acquitté dans une autre affaire de tentative de meurtre. La demande de la Couronne pour son emprisonnement à perpétuité n’est que légitime.

Qu’est-ce qui fait réfléchir les criminels et le milieu? Des sentences qui leur pendent au bout du nez. C’est la seule chose. Je l’ai constaté plus d’une fois en 62 ans de carrière. Quand on sévit, ç’a un effet.

Martin Prud’homme

Un autre sujet a retenu mon attention dans l’actualité, soit la conclusion du dossier impliquant l’ancien directeur général de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme. Celui-ci a annoncé qu’il prendrait sa retraite, après qu’une entente à l’amiable soit survenue avec le gouvernement.

Je connais bien Martin Prud’homme; je l’ai côtoyé. Il était un policier intègre et compétent à mes yeux. Je ne suis pas là pour le défendre, mais rappelons que celui qui a été ciblé par le Bureau des enquêtes indépendantes a été blanchi, en mars 2019.  

On ne sait pas si cette entente le satisfait parce qu’elle est confidentielle. On ne saura donc jamais ce qui s’est vraiment passé. Je suis d’avis que ça fait bien l’affaire du gouvernement.

Pour sa part, Martin Prud’homme a dit par voie de communiqué que sa famille et lui ont vécu l’enfer durant deux ans. Il était peut-être suspendu avec salaire, mais je peux comprendre les dommages causés par la tempête dans laquelle il s’est retrouvé trop longtemps.

Au final, sa réputation et sa crédibilité ont tout même été salies. Malheureusement, notre système de justice est ainsi fait.

10-4!

(Propos recueillis par Gravité Média)

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