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 Hôpital Anna-Laberge : rapport accablant pour le pavillon des naissances

le mardi 28 juin 2022
Modifié à 16 h 28 min le 30 juin 2022
Par Jules Gauthier

jgauthier@gravitemedia.com

Les allégations portées à l’attention du Protecteur du citoyen ont, pour la plupart, été confirmées par l’analyse de dossiers individuels choisis aléatoirement. (Photo: Archives)

À la suite de signalements préoccupants, le Protecteur du citoyen s’est penché au cours de l’hiver 2022 sur le manque de personnel au pavillon des naissances de l’Hôpital Anna-Laberge à Châteauguay. Le manque de formations de certains travailleurs aurait mené à des situations problématiques.

Mené entre la quatrième et la cinquième vague de la pandémie, l’enquête du Protecteur du citoyen montre que le délestage d’employés occupant un poste-conseil et le départ de plusieurs membres du personnel (retraite, démission, maladie) a « occasionné l’arrivée en nombre important de nouvelles ressources à former, parallèlement à une diminution marquée du personnel expérimenté ».

Le nouveau personnel engagé n’avait donc pas la formation nécessaire et cela a mené à une baisse de la qualité des services offerts, explique le rapport.

Chambres mal préparées

L’enquête du Protecteur du citoyen a révélé que les chambres n’étaient pas toujours adéquatement préparées. Le matériel manquant, dont les tubulures pour l’aspiration de sécrétions, ou le matériel non adapté au poids du nouveau-né, ont eu un impact sur les différents stades d’accouchements.

À titre d’exemple, le Protecteur indique que « à la naissance d’un nouveau-né légèrement prématuré, on ne retrouvait pas dans la chambre un masque à oxygène convenant à sa taille (…) Cette situation est préoccupante puisqu’elle a inévitablement conduit à un délai dans les soins de ce nouveau-né en détresse respiratoire ».

Mauvaise surveillance

Après l’analyse de dossiers, l’enquête a aussi dévoilé des manquements sur le plan de la surveillance des signes vitaux, de la fréquence cardiaque fœtale et de l’administration de la médication lorsque la mère subit un déclenchement d’accouchement.

Les lacunes ne s’arrêtent pas là, selon le Protecteur du citoyen. « En excluant les femmes ayant subi une césarienne, 85 % des mères ont eu recours à la péridurale. Dans certains cas, celle-ci a été demandée moins d’une heure après l’arrivée de l’usagère, ou alors que des méthodes alternatives n’avaient pas été tentées ». Or, selon la politique de périnatalité du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), l’utilisation de méthodes « non pharmacologiques » pour la gestion de la douleur est à prioriser avant toute chose.

Un suivi défaillant

Le manque de suivi à plusieurs niveaux au cours de la période post-partum a été relevé par l’ombudsman.

« Il est arrivé plus d’une fois qu’un nouveau-né nourri au biberon ne buvait pas suffisamment par période de 24 heures, et ce, par manque de suivi de la part du personnel infirmier et d’enseignement aux parent », a indiqué le Protecteur du citoyen.

Dans un autre dossier, il a été rapporté qu’un nourrisson devait faire l’objet d’un contrôle de glycémie toutes les trois heures. Or, cela n’a eu lieu qu’après dix heures et sept heures plus tard pour le deuxième contrôle. Les notes au dossier indiquent que le nouveau-né n’a pas eu droit à son dernier test de glycémie, car même après avoir sonné, il n’y a pas eu de réponse de la part du personnel.

Des réactions

L’enquête et les nombreux exemples d’irrégularités ont permis au Protecteur du citoyen de « constater que la formation globale offerte au personnel infirmier lors de son arrivée au département est déficiente, et que plusieurs des lacunes rencontrées résulteraient du manque d’orientation ».

Le Protecteur du citoyen a tenu à mentionner l’entière collaboration des équipes lors du déroulement de l’enquête dans le contexte difficile de la pandémie de Covid-19.

Pour sa part, le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Ouest (CISSSMO) dit prendre très au sérieux la situation à Anna-Laberge. « Dès la réception du rapport, des actions ont été identifiées pour toutes les recommandations et la majorité sont en cours de réalisation, notamment en ce qui a trait au développement d’outils cliniques et à l’amélioration de la formation offerte au personnel », a indiqué Catherine Brosseau, agente d'information aux communications externes du CISSSMO.

Quinze recommandations ont été proposées à l’établissement hospitalier afin d’assurer des soins de qualité qui respecteront les droits des familles qui fréquenteront le pavillon des naissances.

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