Il y a 30 ans, la crise d’Oka

Michel Thibault
Il y a 30 ans, la crise d’Oka
Les barricades entre Châteauguay et Kahnawake. (Photo : Archives )

Il y a 30 ans cet été, la région a été éprouvée par l’un des pires conflits de l’histoire entre les autochtones et les gouvernements.

Le 11 juillet 1990, des Mohawks de Kahnawake ont bloqué les routes menant au pont Honoré-Mercier dans la foulée d’une dispute territoriale à Oka. Les résidants de Châteauguay et des environs ont été forcés d’effectuer de longs détours pour aller et revenir de Montréal pendant 57 jours.

Le blocus a suivi l’augmentation de la tension de plusieurs crans entre la localité d’Oka et les Mohawks de la réserve voisine de Kanesatake. La municipalité a donné le feu vert à l’agrandissement d’un terrain de golf et la réalisation d’un projet domiciliaire dans un ancien cimetière amérindien en 1989. Des Mohawks contrecarrent les plans en occupant l’endroit connu comme la pinède et bloquent un chemin de terre qui y mène à partir du 11 mars 1990.

Résolu à concrétiser le projet, le maire d’Oka Jean Ouellette obtient une injonction de la Cour ordonnant aux manifestants de cesser leur occupation.

Ministre québécois délégué aux Affaires indiennes à l’époque, John Ciaccia prêche en faveur de la négociation et il s’oppose à toute intervention musclée. Il demande au maire Ouellette de mettre le projet sur la glace indéfiniment. L’élu municipal n’en fera rien.

Assaut de la SQ

La Sûreté du Québec donne l’assaut au petit matin du 11 juillet 1990. La police lance des gaz lacrymogènes. Une fusillade éclate. Le caporal Marcel Lemay est atteint mortellement. L’opération est ratée.

Avec le concours du bras armé des Warriors, les Mohawks renforcent leurs barricades. En guise d’appui, des Mohawks de Kahnawake dressent des barrages sur la route 138 qui mène au pont Mercier, le rendant inaccessible.

Grogne intense

La grogne est intense dans la région de Châteauguay. Chaque jour, des gens se réunissent à la frontière de la Ville et de Kahnawake gardée par la SQ puis l’armée. Des pierres sont lancées, des indiens brûlés en effigie, des déclarations incendiaires sont proférées. Des appels au calme sont aussi lancés, entre autres par le maire de Châteauguay de l’époque, Jean-Bosco Bourcier. On voit aussi une marche de 500 personnes «pour une solution sans effusion de sang», comme le titrait Le Soleil du 29 juillet 1990.

Après de longues négociations, les barricades à Kahnawake sont enfin démantelées le 29 août 1990.

 

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