Incursion dans la plus grande serre de cannabis bio au monde

Par Mario Pitre
Incursion dans la plus grande serre de cannabis bio au monde
David Bernard-Perron, vice-président de la production horticole chez TGOD, a expliqué le procédé de culture biologique (Photo : Pierre Langevin)

Les journalistes n’ont pas eu besoin de consommer du cannabis le mardi 26 février pour constater l’ampleur des installations de TGOD, à Salaberry-de-Valleyfield, appelée à devenir «la plus grande serre de cannabis biologique au monde».
Le chantier en marche depuis quelques mois bat son plein. Entre les roulottes et le chemin de terre qui serpente le site, se dessinent les fondations des deux bâtiments destinés à la recherche et à la transformation du cannabis puis, l’immense serre de 600 000 pieds carrés, une première phase dont la capacité de production sera de 65 000 kg de cannabis.
Mais avant toute chose, il nous a fallu revêtir bonnet et survêtement hygiéniques pour visiter le petit bâtiment où on procède à la procréation des plants de cannabis selon un procédé biologique reconnu par l’organisme Ecocert Canada. Cela est indispensable, affirme David Bernard-Perron, vice-président de la production, pour éviter toute contamination provenant de l’extérieur.

L’immense serre en construction chez TGOD possède une superficie de 600 000 pieds carrés. Photo : Pierre Langevin)

Ce procédé biologique fait d’abord appel à la qualité du terreau utilisé, provenant de producteurs québécois, de même que des engrais bio. «Notre sol agit comme un bio-réacteur», explique l’expert. La qualité du produit se veut un gage d’assurance pour les consommateurs de cannabis médicinal, dit-il, dont plusieurs s’approvisionnent déjà via le site web de TGOD, que ce soit en herbe séchée, en huiles comestibles ou en vaporisateurs. Le producteur n’a pas encore signé d’entente avec la SQDC, mais les discussions sont en cours et pourraient coïncider avec la mise en production des installations, vers la fin d’octobre.

Partenaire de la communauté
Puisque la production biologique requiert une plus grande manipulation et plus de main d’œuvre, elle entraîne aussi un plus grand impact dans la communauté. Incidemment, la directrice des Affaires gouvernementales chez TGOD, Karine Cousineau, a souligné l’accueil fantastique manifesté par les autorités municipales campivallensiennes. «Notre objectif est de développer une relation constante avec la communauté en établissant des partenariats, que ce soit avec Moisson Sud-Ouest ou la Chambre de commerce.»

Ces premiers plants de cannabis sont âgés de 6 semaines, a fait savoir l’expert en horticulture.(Photo Journal Saint-François Pierre Langevin)

La vice-présidente aux Ressources humaines, Marie-Josée Lafrance, indique que l’entreprise emploiera jusqu’à 300 personnes, dont 80 dans la phase 1 prévue cet automne. Les salaires débutent à environ 38 000 $ a-t-elle précisé. L’entreprise prévoit tenir une foire de l’emploi en juin prochain. Elle compte également devenir une référence dans son domaine en créant des partenariats pour la formation d’employés. Des discussions sont encours à ce sujet avec le Collège de Valleyfield et le Collège MacDonald.
Par ailleurs, la culture du bio qui caractérise la production de cannabis chez TGOD se reflète aussi parmi ceux et celles que nous avons rencontrés lors de cette visite. Nous avons pu le constater à travers le menu bio et les habitudes de réutilisation des ressources qui semblent animer son équipe.
Une serre entièrement automatisée
C’est une serre à perte de vue, qui verra évoluer annuellement quelque 2,5 millions de plants de cannabis en rotation pour la phase 1 des activités de TGOD, à compter de l’automne prochain
Entièrement automatisée, la serre destinée à la floraison des plants de cannabis est entièrement fermée afin d’éviter toute contamination extérieure ou la présence d’insectes, a expliqué James Daughters, horticulteur en chef chez TGOD.
Il ajoute que la structure est dotée de filtres au charbon, ce qui permettra de réduire passablement les émanations dans l’environnement du site. De plus, des conduites d’eau chaude sillonnent les panneaux solaires pour faire fondre les accumulations de neige et récupérer l’eau dans des bassins.
Selon M. Daughters, la serre procure une énergie thermique estimée à 300 watts en hiver, mais qui peut atteindre 1100 watts en été. En échange, elle requiert aussi une forte consommation en électricité, pour laquelle TGOD bénéficie d’un tarif préférentiel d’Hydro-Québec.

L’aménagement des serres devrait être complété pour l’automne prochain.(Photo Journal Saint-François Pierre Langevin)

«Les plants seront transportés grâce à un système de convoyeurs dans les 12 sections que comporte la serre et bénéficieront d’un système d’aération destiné à maintenir un environnement le plus homogène possible», dit-il.
Un bâtiment de 220 000 pieds carrés de superficie destiné à la transformation du cannabis est également en construction juste à côté de l’immense serre. Incidemment une serre de la même dimension sera aménagée plus tard sur la toiture de ce bâtiment, ce qui augmentera d’autant la dimension de la surface serricole.
La production de la phase 1 se mettra en marche de façon progressive cet automne, une section à la fois, chacune comptant quelque 16 000 plants. À terme, quelque 5 millions de plants y transiteront annuellement.
Un troisième bâtiment destiné à la Recherche et Développement est également en construction du côté sud du site, près du boul. Gérard-Cadieux. Celui-ci verra se développer des sous-produits du cannabis, tels breuvages et aliments divers.

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