La mairesse de Sainte-Martine signe une lettre pour une relance économique «verte»

Lettre d'opinion
La mairesse de Sainte-Martine signe une lettre pour une relance économique «verte»
Maude Laberge a été réélue préfète de la MRC Beauharnois-Salaberry. (Photo : Gracieuseté)

La mairesse de Sainte-Martine,  Maude Laberge, a joint sa voix à 15 élus municipaux, leaders économiques, sociaux, syndicaux et environnementaux du G15+ pour envoyer une lettre au premier ministre François Legault, afin de proposer une relance solidaire, prospère et verte au Québec. 

Voici la lettre ouverte publiée le jeudi 4 juin 2020:

Nous vivons une crise sans précédent. La pandémie teste notre résilience tout comme notre capacité d’intervention sur le terrain, là où les besoins sont les plus criants. Elle révèle nos forces – nombreuses, dont l’exceptionnelle solidarité des Québécoises et des Québécois – mais aussi nos faiblesses, comme le montrent tragiquement les impacts de la crise sanitaire et économique sur nos citoyennes et citoyens et sur nos communautés les plus vulnérables.

Il faut s’occuper de notre monde, de ceux et celles qui ont perdu leur emploi, qui ont mis temporairement la clé dans la porte de leur commerce ou de leur entreprise, de nos aîné.es qui n’ont pas mérité de finir leurs jours dans l’angoisse et l’isolement, et de nos jeunes déjà inquiets pour l’avenir. Nous avons besoin de nous retrouver, de nous aérer, de retisser nos liens entre voisins et avec la nature.

La crise nous déstabilise, nous pousse à reculer nos limites et à entrer en terrain inconnu. Elle nous incite à être créatifs, à nous remettre en question et à nous imaginer nous relevant plus forts, plus solides et mieux armés pour faire face à ce que l’avenir nous réserve encore, alors même que la crise climatique et la croissance des inégalités sociales font toujours partie de notre paysage. Elle nous permet de nous imaginer une nouvelle normale plus verte, plus prospère et plus solidaire.

Répondre à la pandémie est la toute première priorité du monde municipal. La crise crée des enjeux immenses de santé et de sécurité publique, de soutien économique et social aux personnes démunies. Nos services sociaux de premières lignes, nos espaces publics comme les parcs et les équipements municipaux, nos services de voirie, de police et d’urbanisme sont directement mis à contribution. C’est au niveau municipal et local que se déploieront la plupart des mesures de relance, la réouverture des commerces et des services, les grands parcs, la reprise des transports collectifs et l’application des mesures de distanciation sociale.

C’est aussi à notre échelle que se vivront de nouvelles habitudes de vie et de consommation, comme la recrudescence de l’agriculture de proximité et un retour vers les activités de voisinage, à l’échelle des collectivités et des quartiers. C’est aussi là que nous devons resserrer le filet social – au plan du logement, de l’itinérance et du soutien envers nos enfants et nos aîné.es, notamment.

Déjà, le monde municipal a mis au jeu, à travers ses regroupements, de nombreuses propositions de nature à nous permettre une sortie de crise qui renforce les grands consensus économiques, environnementaux et sociaux auxquels nous sommes parvenus au cours des dernières années.

Ces propositions, ancrées dans la réalité de chacune des régions du Québec, doivent être appuyées par les gouvernements. Nous devons miser sur ceux qui habitent nos milieux et mettre en valeur les spécificités territoriales. La réduction des émissions de gaz à effet de serre, tout comme le renforcement de notre tissu social, doivent s’inscrire systématiquement dans notre grille d’analyse pour les investissements à venir, notamment au plan du soutien à nos artères commerciales et noyaux villageois, du développement des transports collectifs et actifs, de la réfection des routes, de la promotion de l’achat local, de la rénovation des bâtiments, de la mise en valeur du patrimoine, de l’aménagement d’écoquartiers, de l’embellissement d’espaces publics, de la construction et la rénovation de logements sociaux et abordables ainsi que de l’accès aux infrastructures numériques.

Cette crise que nous traversons est aussi une occasion précieuse de miser sur le développement durable de nos milieux.

Le Québec tente actuellement des premières mesures de déconfinement. Nous travaillons tous et toutes à stabiliser nos vies et celles de nos collectivités. Bientôt, nous devrons aussi faire des choix sur les suites que nous voulons nous donner, et créer ensemble une nouvelle normalité. La culture du dialogue social est une force et une source de fierté au Québec. Nous, maires et mairesses de plusieurs régions, ajoutons nos voix aux 15 leaders économiques, sociaux, syndicaux et environnementaux qui ont écrit récemment au premier ministre François Legault afin de proposer une relance solidaire, prospère et verte.

Cette vision, partagée par la grande majorité des Québécois.es partout au Québec, est aussi la nôtre.

Travaillons ensemble à la réaliser.

Signataires 

Maude Laberge, mairesse de Sainte-Martine

Normand Dyotte, maire de Candiac
André Bellavance, maire de Victoriaville
Caryl Green, mairesse de Chelsea
Charles Breton, maire de Tadoussac
Geneviève Dubois, mairesse de Nicolet
Jérôme Landry, maire de Matane
Kathy Poulin, mairesse de Val-David
Marc-André Plante, maire de Terrebonne
Mathieu Lapointe, maire de Carleton-sur-Mer
Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau
Philippe Pagé, maire, Saint-Camille
Régis Labeaume, maire, Québec
Valérie Plante, mairesse, Montréal
Vicki-May Hamm, mairesse, Magog

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Normand Dorais
Normand Dorais
4 mois

Je suis très fier de votre discours. J’ose espérer que nous nous en inspirerons partout au Québec.
Cette philosophie est la base même de l’appropriation de notre avenir, voire de notre survie comme humanité.
Depuis trop longtemps les divers intervenants de notre société que nous sommes, travaillent trop souvent en silo ( la crise du Corona Virus nous l’aura démontré une fois de plus) avec les résultats que nous dispersons nos énergies et nos dollars. À mon avis, nous ne pourrons plus, à moyen terme, faire face aux nombreux defis qui nous guettent au niveau environnemental et ce, dans le sens global du terme.
Il devient de plus en plus indispensable de se rassembler par quartiers, voisinages, et communautés pour en arriver à développer des consensus sociaux-économiques, culturels et communautaires valables et durables.
Notre santé mentale ne s’en portera que mieux.

Normand Dorais
Châteauguay