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Les bouleversements du secteur du commerce de détail

mercredi le 03 mars 2021
Modifié à 9 h 06 min le 03 mars 2021
Par Ali Dostie

Avant même que la pandémie ne frappe le Québec – et la planète –, le commerce de détail était en transformation. Ce bouleversement s’est accéléré avec la dernière année. Chaque secteur a vécu différemment la dernière année. «C’est très variable», reconnait Karina Serei, direction des opérations et des communications du Conseil québécois de commerce de détail (CQCD). Treize secteurs sur vingt ont connu des hausses de leurs ventes. Parmi eux, plusieurs étaient des commerces considérés essentiels. Selon une analyse de l’évolution mensuelle des ventes au détail au Québec du CQCD, c’est le cas entre autres des détaillants de matériaux de construction et de jardinage (+16,3%), des magasins d'articles de sport, de passe-temps, de musique et de livres (12,3%), des dépanneurs (11%) et des supermarchés (9,5%). Ces données sont pour les 11 premiers mois de 2020, par rapport à 2019. Mais globalement, pour cette période, les ventes au détail au Québec ont diminué de 1,4% par rapport à 2019. Car la situation est beaucoup moins rose dans d’autres secteurs. Le CQCD évoque une baisse «très significative des ventes» pour les domaines de l’habillement, de l’automobile, des accessoires de maison et des appareils électroniques et ménagers. Celle-ci varie entre 19% et 6,3%. La «révolution» de l’achat en ligne Sans surprise, l’achat en ligne s’est imposé au cours de la dernière année. Durant les 11 premiers mois de 2020, le commerce en ligne a crû de 70% par rapport à ces mêmes mois de 2019. «Nous assistons à la plus grande révolution depuis que les centres commerciaux et les supermarchés ont envahi les banlieues il y a 50 ans, mentionne le CQDC dans son analyse. C’est la forte poussée des achats en ligne, atteignant une proportion qui était attendue dans cinq ans seulement.» En entrevue, Mme Serei explique que toutes les entreprises n’avaient pas forcément entamé le virage en ligne. Le CQCD a d’ailleurs offert du soutien à cet égard, notamment par le biais d’un programme d’accompagnement. «Mais le secteur du détail a toujours été très innovateur, il a toujours su se réinventer, expose-t-elle. La pandémie a accéléré le processus : des détaillants ont profité de l’occasion pour améliorer leurs services en ligne.» Elle note aussi l’utilisation de la technologie en magasin pour améliorer l’expérience de la clientèle. Avenir incertain Selon Karina Serei, il est difficile de prévoir comment se dessinera 2021 pour le commerce de détail. «Il y a beaucoup d’inquiétude et d’enjeux. Mais il y a tellement de fluctuations que je ne peux pas vous répondre», exprime-t-elle. Chose certaine, les fermetures qui ont ponctué l’année 2020 ont engendré deux problèmes majeurs pour ce secteur : le problème de la main-d’œuvre (déjà bien présent avant la pandémie), puis l’enjeu des liquidités. «S’il y a une troisième vague, ce sera difficile», estime-t-elle. Dans une publication de janvier, Desjardins Études économiques a mis à jour ses prévisions, anticipant pour ce secteur une croissance de seulement 1,3% en 2021. «L’impression d’être au pire de la crise de COVID-19, la diminution de l’indice de confiance des consommateurs et l’anticipation d’une détérioration de la situation économique du Québec au cours des douze prochains mois expliquent en grande partie la révision à la baisse de la croissance des ventes au détail pour l’année 2021», détaille le document du CQCD. L’amélioration du virage numérique et la bonification de l’aide gouvernementale demeurent des recommandations du CQCD, qui souhaite aussi que les métiers liés à ce secteur de l’économie soient valorisés.    

Quelques chiffres et statistiques

Le Conseil québécois de commerce de détail constate : -78 % des gens ont un certain niveau de peur de contracter la COVID-19 -90% des achats en alimentation se font en magasin -69% des achats de livres/musique/vidéo se font sur Internet -40% des gens sont «peu inquiets» lors de leur magasinage -L’attitude des autres clients et les files d’attente pour entrer sont les deux plus «grands irritants» parmi les consignes sanitaires (Selon un sondage Internet effectué auprès de 1039 répondants pour le Baromètre CQCD de janvier 2021)

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