«On espère que l’hiver n’est pas commencé»- Jean-Yves Cécyre, président de l’UPA Roussillon

Par Valérie Gagnon
«On espère que l’hiver n’est pas commencé»- Jean-Yves Cécyre, président de l’UPA Roussillon
Alexandre Jodoin, cultivateur de maïs et soya dans la municipalité de Sainte-Martine, est découragé des conditions climatiques qui rendent son travail plus dur. (Photo : Valérie Gagnon)

Après la température du printemps qui retarde les semences; les records de pluie en octobre et les forts vents du 1er novembre, c’est maintenant la chute hâtive de 20 centimètres de neige qui donne du fil à retorde aux agriculteurs de la région.

«C’était une question d’heures pour que je finisse avant la tempête», dit le producteur de maïs et de soya Alexandre Jodoin, de Sainte-Martine. Ce qu’il redoute c’est que lorsque la neige fondera, la terre sera boueuse, ce qui rend la tâche de la récolte plus difficile. Au moment d’écrire ces lignes, les plans de soya ensevelis par cette première bordée de neige n’étaient pas récoltables.

Quant à Jean-Yves Cécyre, président de l’UPA (Union des producteurs agricoles) Roussillon, il espère que Dame nature sera plus clémente dans les prochaines semaines. « En 2019, on a eu plein de choses comme ça, la pluie et là; la neige. La neige est collée sur l’épi de maïs, on ne peut pas le ramasser sinon ça bloque dans la machinerie, illustre-t-il. Si la neige ne fond pas, ce sera du jamais vu », renchérit-il.

Malgré tout, ce dernier ne s’est pas découragé pour effectuer sa récolte. Il a fait des tests avec la moissonneuse-batteuse sur la croute glaciale dans ses champs le mercredi 13 novembre à une température affichant un mercure de moins 10. Et il a finalement pu procéder malgré la neige. « C’est la première fois que je fais ça, mais ça marche », se réjouit Jean-Yves Cécyre.

La neige sur les épis de maïs rend la récolte plus difficile.

Plus de gaz pour sécher le grain

Pour Alexandre Jodoin, c’est le procédé d’assécher le grain qui sera plus long à cause de la neige.

«Le maïs est très humide et nous sommes obligés de le sécher pour l’amener à un taux d’humidité qui va pouvoir se conserver dans le silo à grains. Normalement, le grain est à 24 % d’humidité et nous devons réduire le taux d’humidité à 14 % », soutient le jeune cultivateur de 26 ans.

La journée après la tempête, le maïs était humide à 34%, informe-t-il. Les coûts de séchage ne sont pas couverts par la financière agricole. Dans cette circonstance, il devra doubler le temps que passeront les grains dans le séchoir alimenté au gaz propane.

« Ça s’est déjà vu des agriculteurs qui récoltent au printemps, mais pendant l’hiver avec les grands vents, les plants de maïs sont couchés au sol et ils ne peuvent plus être récoltés, illustre Alexandre Jodoin. On travaille déjà assez fort, tu sais que c’est plate quand on a des conditions qui vont te rallonger la tâche », dit celui qui peut travailler jusqu’à 24 heures en ligne.

Du côté des producteurs maraîchers, la majorité n’ont pas été touché par la problématique, les récoltes étant déjà terminé pour la plupart.

Casse tête pour le déneigement

Certains agriculteurs utilisent leur tracteur pour déblayer les routes de la neige, mais avec cette tempête hâtive; « c’est un casse-tête », rend-compte M. Cécyre.

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