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Un choix déchirant pour Marc-Olivier Crevier-Morin

samedi le 24 avril 2021
Modifié à 9 h 47 min le 23 avril 2021
Par Eric Tremblay
Devant l'arrêt forcé de son équipe en raison de la pandémie, le hockeyeur Marc-Olivier Crevier-Morin a mis le cap sur l'Europe. La Slovaquie a été une terre d'accueil pour le Châteauguois qui ne voulait pas rester inactif. Revenu au pays à la suite de l'élimination du Banska Bystrica HC, il se retrouve devant un dilemme. Retourner aux États-Unis ou en Europe ? «J'ai une décision à prendre et elle ne sera pas facile, confirme le défenseur qui a fêté ses 25 ans le 22 avril. J'ai vraiment aimé mon expérience. J'ai été très bien traité, je me suis fait des amis et j'ai rencontré des bons gars. J'ai des choses à penser avant de prendre ma décision. » L'automne dernier, Crevier-Morin devait entreprendre sa quatrième saison de hockey professionnelle. Avec les Mariners du Maine, de la East Coast Hockey League. La COVID a cependant eu pour effet d'annuler la saison de la section Nord qui comprenait les Mariners. «Un mois avant le début de la saison, j'étais sans emploi, explique-t-il. Je travaillais avec mon père dans la couverture de toit. Un jour, il a reçu un appel d'un ancien coéquipier, Alex Breton. Celui-ci évolue à Banska Bystrica où un poste de défenseur s'est libéré. «Le lendemain, j'ai signé, lance Crevier-Morin. Je me disais qu'une saison sans jouer ferait mal à ma carrière. L'opportunité était excellente. » Utiliser sa vitesse Il a atterri en Europe une semaine avant Noël. L'équipe dans laquelle il arrive connaît peu de succès. La COVID a frappé la ligue et le Banska Bystrica HC qui ont été mis en arrêt. Puis les défaites se sont accumulées et l'entraîneur-chef a été congédié. «Au début, c'était difficile, reconnaît-il. Les importés avant moi n'avaient pas une bonne réputation. Le premier deux semaines, tu te fais regarder avec des gros yeux. Parce que tu arrives et tu leur [les joueurs locaux] voles leur job. Mais les gars ont été gentils. » Le Châteauguois a la réputation de mettre de l'ardeur dans les entraînements. Il fait donc rapidement sa place. Et le calibre de jeu ressemble à celui qu'il jouait dans la ECHL. Sauf pour les patinoires, qui sont plus grandes en Europe. «Je suis un défenseur physique qui aime frapper, annonce-t-il. Au début, je me faisais prendre parce que la bande était plus loin. En bout de ligne, je n'avais pas besoin de me rendre aux gars; ils allaient venir à moi. J'ai donc davantage exploité ma vitesse. » L'arrière-garde de 6'1 et 196 livres a complété la saison avec une passe et 38 minutes au cachot en 28 parties. Son équipe se retrouvait cependant en bas de peloton. Elle a raté sa qualification en série lors d'un tournoi entre quatre formations. En pleine pandémie La Slovaquie et le Québec gèrent la pandémie sensiblement de la même façon. Pour le voyageur qu'était Crevier-Morin, les possibilités d'aventure ont été de courtes durées. «À ma deuxième journée là-bas, tout a été fermé, explique-t-il. Pour la culture, c'était difficile. Je n'ai pas vraiment pu voyager comme j'aurais aimé. J'ai été à l'épicerie et au Shell et c'est pas mal tout. » Les Slovaques respectent un couvre-feu à 20 h, se côtoient peu et portent le masque à l'extérieur. Les hockeyeurs professionnels restaient dans leur bulle et étaient testés chaque semaine. Ce qui a empêché Crevier-Morin de goûter à l'effervescence du hockey slovaque. «Je pense que le hockey est populaire, dit-il. Mais c'est un petit pays; grand comme ici à Rimouski je dirais. Il n'y avait pas de spectateurs aux matchs, mais des fans nous ont fait parvenir des dessins dans les qualifications pour les séries. Ils venaient près de l'autobus avec des posters. »

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