Un papa court 24 heures à la santé de l’école des Trois-Sources

Par Michel Thibault
Un papa court 24 heures à la santé de l’école des Trois-Sources
François Decelles (Photo : Michel Thibault)

François Decelles s’est lancé un grand défi pour promouvoir les saines habitudes de vie à l’école alternative des Trois-Sources à Châteauguay que son «grand» Antoine fréquente : courir sur un tapis roulant durant 24 heures.

Sa démarche visait aussi à amasser des fonds. «Avec les sous récoltés on va acheter de l’équipement sportif, faire venir une nutritionniste, offrir des cours de cuisine, des choses comme ça. Ça ne concerne pas juste le sport mais tout l’environnement santé», a indiqué le sportif papa au Soleil de Châteauguay qui l’a visité vendredi matin. Il courait depuis 18 heures sur un tapis roulant installé dans le corridor de l’école. Il était debout depuis plus de 24 heures. Des gens passaient en l’encourageant et en lui témoignant leur admiration.

«Ça va bien mais j’ai diminué le rythme», a-t-il admis. Adepte d’ultramarathons, l’athlète de 35 ans ne manque pas d’endurance ni de détermination. Parmi ses faits d’armes, il a terminé 3e au championnat canadien That Dam Hill disputé à London, Ontario, en septembre, en franchissant 184 km. Il visait 200 km sur tapis roulant mais a dû réviser l’objectif à la baisse. En courant à l’intérieur, sans vent pour le rafraîchir, il suait beaucoup plus. «J’ai bu 18 litres d’eau jusqu’ici. Je bois un litre à l’heure et je n’urine pas beaucoup», a-t-il observé. La gestion des crampes aux jambes, dont il a souffert pendant un moment, s’est avérée plus difficile. «Sur la route, on recule pour soulager les crampes. Ça étire les muscles. Sur un tapis, ce n’est pas possible», a observé François Decelles. La route permet aussi de varier la foulée alors que ce n’est pas le cas sur un tapis roulant, a-t-il souligné.

Deux tapis

À l’exception d’une période entre minuit et 3 heures du matin, qu’il a trouvée difficile, le papa avait de la compagnie. Des jeunes, des parents et des employés de l’école ont contribué à l’effort en se relayant sur un deuxième tapis.

Préparation

Comment s’est-il préparé au défi ? «Dernièrement, c’était le repos. Les jambes sont là. Déjà, j’ai fait 24 heures en septembre. Sinon à chaque mois, je fais une longue pratique. On pratique la nourriture, l’hydratation, les rythmes. Je fais entre six et dix heures de nuit, autour de la maison, des boucles d’environ deux kilomètres.»

Il vise 70 km par semaine d’ici la fin de le 31 décembre. «J’aimerais ça finir l’année avec 4000 km», a-t-il confié.

Son parcours

Comment celui qui est analyste financier à la Ville de Châteauguay en est-il arrivé aux ultramarathons ? Il s’est mis à la course il y a quelques années, entrainé par une ancienne patronne qui préparait un demi-marathon. «Tout de suite, j’ai eu la piqûre. Après 4 mois, la première année, je courais mon premier marathon. J’ai brûlé certaines étapes. Je me suis inscrit à l’ultramarathon parce que, au marathon je suis bon, mais j’aime ça exceller, j’aime ça me dépasser plus, gagner. En ultramarathon j’ai de bonnes performances, des fois, c’est le fun être sur le podium», a-t-il exposé

Du marathon, il est passé à une compétition de six heures, puis 12 heures, puis 24. «Ça fait deux ans que je fais des 24 heures. Aujourd’hui je complèterais mon quatrième», a-t-il indiqué.

Bien gérer

Dans un marathon, on frappe un mur après 30 km, allez-vous de mur en mur ? «On va de mur en mur mais il faut être capable de passer aux plans b, c et d. On fait un plan de match mais n’importe quoi peut arriver : des ampoules, gérer la nourriture», dit François Decelles. «Tantôt j’ai eu des problèmes de digestion, a-t-il illustré. J’avais beaucoup mal à l’estomac, il fallait que je ralentisse le rythme pour que ça passe.»

Il insiste sur l’importance de bien gérer son énergie. «Dans une vraie compétition, avec des concurrents, ça arrive qu’on a du retard puis on les dépasse. Ça m’est arrivé, j’étais 11e à la mi-course, après 12 heures, et j’ai terminé 3e. Les gens sont partis trop vite. Je m’amuse à dire que c’est comme dans la fable du lièvre et de la tortue.»

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