Une page d’histoire est disparue en fumée à Beauharnois

Par Mario Pitre
Une page d’histoire est disparue en fumée à Beauharnois
L’ancienne meunerie avait été construite en 1837. Un second étage avait été ajouté en 1893. (Photo : Érick Ouellet )

L’incendie d’un vieux bâtiment industriel ayant déjà abrité un moulin à farine, à Beauharnois le 4 avril, marque la disparition d’un lieu important de l’histoire nationale.

C’est en effet dans ce moulin qu’avaient été emprisonnés temporairement plusieurs patriotes, lors du soulèvement de l’automne 1838.

Auteur du livre L’insurrection des patriotes à Beauharnois en 1838, Marcel Labelle rappelle les faits reliés à ce bâtiment. « Les militaires anglais avaient arrêté un si grand nombre de patriotes qu’ils ont dû les emprisonner dans le moulin, qui était suffisamment grand », dit-il.

Ce livre de Marcel Labelle relate les événements entourant l’assaut du manoir seigneurial de la famille Ellice en novembre 1838, de même que l’arraisonnement du navire Henry Brougham, par quelques centaines de patriotes. Événements qui avaient entraîné l’intervention des forces britanniques.

D’ailleurs, dans son récit publié en 2011 aux éditions Septentrion, on peut lire : « À Beauharnois, c’est le moulin à farine qui est converti en prison… C’est la partie inférieure, en pierres, qui est la prison. Les hommes s’y entassent dans le froid et l’humidité. »

C’est de cet endroit que les patriotes enfermés dans le moulin avaient ensuite été amenés, à pied, à la prison Au pied du courant, à Montréal.

Marcel Labelle était d’ailleurs allé au moulin il y a quelques années pour le tournage de l’émission Les Récupérateurs.

Le chercheur en histoire Marcel Labelle et son livre sur l’histoire des patriotes de Beauharnois. (Photo Mario Pitre – Archives)

De nombreux incendies

Plusieurs incendies ont requis l’intervention des pompiers de Beauharnois et des alentours sur le site des anciennes usines Domtar et Spexel au cours des dernières années.

(Photo Gracieuseté Marcel Labelle)

Deux incendies ont d’ailleurs été signalés successivement dans le vieux moulin, les 3 et 4 avril. «Hier, ils ont essayé de mettre le feu dans l’ancienne cheminée de l’usine avec des pneus, fait savoir le directeur du Service des incendies de Beauharnois, Maurice Marleau. On n’a pas trouvé de coupable, mais c’est vraiment intentionnel, au même titre que le bâtiment d’aujourd’hui. C’est un bâtiment désaffecté, pas d’électricité, pas d’eau, rien.»

«Quand on est arrivés sur les lieux, c’était un embrasement généralisé, ajoute-t-il. On voyait les flammes à partir de l’autoroute 30 avec un panache de fumée.»

(Avec la collaboration de Katherine Harvey-Pinard)

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