Elle a mis son grain de sel dans le nouveau Guide alimentaire canadien

Elle a mis son grain de sel dans le nouveau Guide alimentaire canadien

Joëlle Emond (Photo gracieuseté)

Récemment récompensée pour son travail auprès des diabétiques de Kahnawake, la nutritionniste Joëlle Emond a fait partie des professionnels de la santé consultés pour élaborer le nouveau Guide alimentaire canadien. Elle en a aussi révisé les ébauches. Voici ses impressions sur l’évolution du document.

Mme Émond trouve démesuré d’affirmer que les produits laitiers seront «largement écartés du nouveau Guide alimentaire» comme l’a titré La Presse, le 4 janvier.

«Le lait et ses substituts feront encore partie des aliments recommandés dans le prochain Guide alimentaire, mais seraient regroupés avec les viandes et substituts sous la bannière des aliments contenant des protéines», précise-t-elle.

À son avis, cela traduit «de belle façon, qu’il est sain de consommer des produits laitiers et de la viande avec modération, mais qu’une plus grande place devrait être accordée aux protéines végétales comme les noix, les graines, les légumineuses et le soya».

La nutritionniste soulève le fait qu’il n’est pas recommandé pour la population en général d’éviter le lactose et que les produits laitiers natures et faibles en gras sont sains pour leur teneur en protéines, calcium et vitamine D.

Plus de détails

Outre les changements concernant les produits laitiers, Mme Emond note le retrait du tableau qui indique le nombre de portions des différents groupes alimentaires à consommer, remplacé par des informations pour générales et pratiques comme l’image d’un repas équilibré et le retrait des aliments transformés comme le jus et le yogourt aromatisé.

«Même si les recommandations du Guide actuel sont en majeure partie véridiques, quelques nouvelles réalités ont fait surface depuis sa publication en 2007», affirme-t-elle.

La nutritionniste croit aussi que Santé Canada veut redorer la crédibilité du Guide alimentaire.

«Pour la première fois, à ma connaissance, l’opinion de l’industrie agroalimentaire a été écartée. Les données des études ayant été financée de près ou de loin par l’industrie ont aussi été mise de côté lors de de la revue des évidences», souligne-t-elle.

Comment manger

Mme Emond a l’impression que le Canada prendra exemple sur le Brésil en terme de Guide alimentaire. La prochaine parution «s’attarderait davantage sur comment manger».

«Dans le document brésilien, on parle entre autres de l’importance de cuisiner à la maison et de manger à table loin des écrans de télé, du cellulaire ou du volant afin d’augmenter les chances de respecter son réel appétit», dit la nutritionniste.

«La nutrition est une science en constante évolution. Donc, la mise à jour périodique du Guide alimentaire est essentielle.»

-Joëlle Emond

Collation saine, selon Mme Emond  

Avec ou sans produits laitiers, une bonne collation combine soit un fruit, des légumes ou un produit de grains entiers avec un aliment protéiné, par exemple:

– Une pomme et une poignée d’amandes;

– Des poivrons et de l’hummus;

– Des baies et du yogourt grec nature;

– Des craquelins de grains entiers et une tartinade de thon;

– Des raisins et un œuf à la coque.

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