Des coureurs accablés par l’annulation du Marathon de Montréal

Des coureurs accablés par l’annulation du Marathon de Montréal

Le Marathon de Montréal attire des milliers d'adeptes.

L’annulation du marathon de Montréal en raison de la température tropicale attendue dimanche a jeté une douche froide sur la communauté des coureurs de la région.

Des sportifs qui s’entrainaient depuis des mois pour relever le défi de courir 42 km sont atterrés.

«C’était mon premier marathon. Je suis inscrite depuis le 26 septembre 2016. Ça fait un an que j’en rêve, ça fait cinq mois que je m’entraîne avec acharnement et rigueur et pouffffff. Présentement, je suis extrêmement triste et déçue», a réagi Hélène Cimon, membre du club de course à pied les Riverains de Châteauguay. «Je comprends la décision, mais j’avais espéré d’autres options moins drastiques», a-t-elle exprimé.

Angela Caza vit la même grande déception. «J’ai été dévastée quand j’ai entendu la nouvelle ! Je sais qu’il y a des enjeux plus graves sur notre merveilleuse planète, et je comprends très bien les raisons de l’annulation. Mais je me suis retrouvée assise sur le plancher du salon et j’ai pleuré», a témoigné la dame qui fait partie des protégés de l’entraîneur Gilles Cloutier.

«Ça fait six mois que je m’entraine avec ce but ultime sur ma liste de choses à faire. J’ai organisé ma vie autour de ça. Mon mari, mes enfants, ma famille et mes amis m’ont soutenue et ils ont aussi composé avec mon entrainement au cours des derniers mois», a confié la mère de deux jeunes enfants.

Deux autres membres des Riverains habitués du Marathon de Montréal sont aussi désappointés. «Très déçue, a fait part Isabel Julien. Après 14 semaines d’entraînement, nous attendons ce départ avec impatience et fébrilité. Nos dernières semaines sont en fonction de ce marathon : entraînement, nourriture, sommeil. Par contre, j’anticipais cette température et mon objectif était de finir debout. Je suis déçue mais soulagée. Reste plus qu’à me trouver un autre marathon avant l’hiver.»

Louis-François Hébert a réagi : «C’est mon défi à chaque année. Un entrainement ardu mais, cette année, une blessure m’a contraint à un deux semaines d’inactivité. Une déception mais je ferai le demi avec toute ma passion. Je vais donner mon 100% comme si ça avait été mon marathon».

Les «finishers» pointés du doigt

Entraîneur de longue date dans la région et athlète, Gilles Cloutier pointe du doigt les participants mal préparés qui sont de plus en plus nombreux dans les marathons pour l’annulation de l’épreuve de 42 km qui était prévue à Montréal dimanche. Ceux qu’il appelle les «finishers», qui veulent seulement se rendre au bout de la distance.

«C’est la faute des finishers. En tout respect car on a tous au moins 10 amis qui s’inscrivent pour le thrill, pour voir si ils sont capables, en gageant avec le beau-frère, genre après un demi; quand est-ce que tu fais un VRAI marathon ? On a perdu le respect de la distance à mon avis. De la chaleur et des 30 degrés, il y en a partout mais la clientèle cible, même sur 10k et demi, et pire sur marathon sont des finishers», a-t-il exposé.

Pour appuyer ses dires, Cloutier affirme que plus de 50 % des inscrits mettent entre quatre et six heures à franchir les 42 km, souvent en marchant un grand bout. Selon lui, il ne faudrait pas dépasser quatre heures.

Conseils aux participants

L’entraîneur approuve néanmoins la décision des organisateurs du Marathon de Montréal. «Si ça sauve juste une vie tant mieux, je suis pour. Faut être responsable et prévoir le pire, et de ce temps-ci il en tombe régulièrement», justifie-t-il.
Il prévient ceux qui prendront part aux épreuves plus courtes du Marathon de Montréal toujours au programme que «ça va être dur physiquement». Il leur conseille de «prendre le temps de ralentir et de boire, quitte à marcher et à le faire au pace du bonheur, de courir à l’ombre, oublier le temps».