Hommage aux victimes de Polytechnique : le Chœur en fugue chante pour elles

Par Valérie Lessard
Hommage aux victimes de Polytechnique : le Chœur en fugue chante pour elles
De nombreux dignitaires et membres des familles des victimes étaient présents. (Photo : Gabriel Payant)

Les choristes du Chœur en fugue de Châteauguay ont uni leurs voix au sommet du Mont-Royal le 6 décembre pour rendre hommage aux 14 victimes de la tuerie de Polytechnique dont on célébrait le triste 30e anniversaire cette année.

La cinquantaine de chanteurs du Chœur en fugue ont fait partie du Chœur éphémère, composé de 150 voix, créé pour l’occasion. À un moment pendant la cérémonie protocolaire, ils ont chanté une œuvre arrangée par le directeur musical du Chœur en fugue Frédéric Vogel composée des chansons Aimons-Nous d’Yvon Deschamps et Hallelujah de Leonard Cohen. Pendant ce temps, s’élevaient dans le ciel enneigé, 14 faisceaux lumineux, symbole de ces 14 femmes assassinées en 1989.

Le directeur musical est très fier de ses choristes. «Il n’y a rien de plus exaltant de voir tant de personnes à la fois, construire un son, une ambiance, un sentiment, une émotion en parfaite cohésion pour qu’au final, tous se sentent concernés et touchés à la fois.  Tant les membres du choeur que le public qui était présent.  C’est une démonstration exemplaire d’une collaboration humaine qui parle d’amour et d’espoir», commente-t-il.  M. Vogel rappelle que chanter ne sert pas uniquement à divertir. «C’est aussi un moyen extrêmement puissant pour émouvoir et rassembler», exprime-t-il.

Ghislaine De Roy, une des choristes châteauguoises qui a participé à l’événement, gardera un souvenir précieux de cette journée. Ils ont eu froid, car ils sont restés plusieurs heures dehors, mais cela en a valu la peine, assure-t-elle. «Avec les faisceaux lumineux derrière nous, c’était vraiment, vraiment beau. On a chanté par cœur, avec nos émotions. Je pense qu’on l’a bien rendu», raconte-t-elle.

Le jour de la tuerie de Polytechnique, Mme De Roy et sa famille avaient vécu des heures d’angoisse. «Ma belle-sœur y était secrétaire à ce moment-là. Avant qu’on ait de ses nouvelles, nous étions très inquiets», se souvient-elle.

Le Chœur en fugue s’est retrouvé au sein de cet événement unique grâce à leur directeur musical. Frédéric Vogel avait été approché par Catherine Bergeron, la sœur d’une des victimes de Polytechnique, qui participait à l’organisation de la commémoration de la tuerie. Elle connaissait M. Vogel pour avoir déjà fait partie d’un de ses chœurs et c’est elle qui a proposé les deux chansons. Il a accepté sans hésitation de rassembler le plus de choristes qu’il pouvait.

Les choristes ont chanté devant une foule rassemblée pour l’occasion. (Photo: Gabriel Payant)
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