La moitié des élèves feront l’école à la maison à Kahnawake

Par Vicky Girard
La moitié des élèves feront l’école à la maison à Kahnawake
Les écoles de Kahnawake se préparent à la rentrée scolaire. (Photo : Valérie Lessard)

À Kahnawake, la réouverture des écoles ne s’effectue pas comme ailleurs dans la province. L’équipe spéciale d’intervention COVID-19, le Centre d’éducation (KEC) et le conseil de l’hôpital Kateri ont pris la décision de retarder la rentrée scolaire jusqu’à la fin septembre. Les mesures sont plus strictes qu’ailleurs au Québec et la moitié des parents ont opté pour l’école à la maison. 

Selon Dr Annick Gauthier, conseillère médicale de l’équipe spéciale d’intervention, il s’agit d’une «prudente, lente – peut-être trop lente pour certains – mais délibérément une réouverture qui suit celle des commerces, restaurants et gyms, ainsi que la reprise des activités extérieures».

En agissant «prudemment» depuis le début de la pandémie, Kahnawake n’a eu aucuns nouveaux cas de COVID-19 depuis mai.

Alors qu’au Québec le port du masque est obligatoire pour les élèves à partir de la 5e année, à Kahnawake, il le sera pour les élèves de la 3e à la 11e année. Il est également recommandé pour les plus jeunes.

«Nous pourrions avoir à travailler pour que les enfants en bas âge apprennent à porter le masque», reconnaît Robin Delaronde, directrice du Centre d’éducation lors d’une conférence de presse. Elle précise que ces mesures peuvent changer à tout instant.

Sa collègue Juanita Belanger infirmière responsable de la prévention et du contrôle des infections pour le Conseil de l’hôpital Kateri, explique que le rôle de l’hôpital est de soutenir les enseignants dans leur apprentissage pour l’utilisation de l’équipement de protection au besoin, notamment. De plus, le soutien comprend d’aider le personnel et les élèves à bien porter le masque, à assurer l’hygiène des mains, à respecter l’étiquette respiratoire et le nettoyage.

«Nous travaillons ensemble avec le Centre d’éducation, le personnel, les concierges. Nous travaillons avec tout le monde, puisque nous croyons que c’est un effort d’équipe», affirme Mme Belanger, ajoutant être sensible aux inquiétudes des parents.

Les règles sanitaires sont écrites en langue mohawk.

École à la maison

Un sondage effectué au mois d’août révèle que la moitié des parents dans la communauté de Kahnawake enverront leurs enfants en classe. Pour les autres, le Centre d’éducation a élaboré un guide pour l’école à la maison.

Dans chacun des trois établissements scolaires, des enseignants seront affectés à l’apprentissage à distance, et ce, pour chaque niveau. Les familles seront soutenues, notamment à l’aide de rencontres et pourront discuter, par exemple, des difficultés rencontrées. Toutefois, les élèves seront assignés à une classe et à l’enseignant de celle-ci.

Bien que les écoles auront la responsabilité de certains éléments, «enseigner aux élèves reposera sur les épaules des parents». Ceux-ci devront, entre autres, être présents avec leurs enfants au moment des leçons et des rencontres, puis devront s’assurer que les travaux et projets sont remis à temps.

Dr Gauthier confie que ses enfants vont à l’école à Montréal et qu’ils portent le masque lorsqu’ils sont à moins de deux mètres des autres élèves, même si ce n’est pas obligatoire pour eux.
«Comme vous, je vérifie l’état de santé de mes enfants chaque matin. Je vérifie une liste de neuf symptômes et s’ils en ont un, ils vont rester à la maison», explique-t-elle. Elle ajoute que c’est également la procédure des enseignants et celle qui est suivie en garderie.

Idées préconçues

Dr Gauthier exprime qu’il y a une certaine anxiété reliée à la réouverture des écoles, puisque certains croient qu’il y a un danger. Elle rappelle cependant à la communauté que tout s’est bien passé lors de la réouverture des commerces, incluant les magasins de cigarettes, malgré la peur.

Se référant aux données accumulées dans les six derniers mois, elle affirme que «les enfants attrapent la COVID-19 des membres de leur famille, et non de leurs amis».

«Nous avons plusieurs études qui démontrent que les enfants de moins de 10 à 12 ans ne semblent pas beaucoup transmettre la COVID-19. Les enfants au-delà de cet âge la transmettent autant que les adultes», mentionne-t-elle.

Les parents sur le territoire de Kahnawake peuvent choisir d’envoyer ou pas leurs enfants dans des écoles à l’extérieur. S’ils ne le font pas, ils doivent faire l’école à la maison, contrairement au ministère de l’Éducation du Québec qui exige une preuve médicale pour l’exemption d’aller en classe.

Comme dans les autres écoles du Québec des marques de distanciation sont apparues sur le sol.

 

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