Les maigres revenus de la vente de terrains plombent les finances de Beauharnois

Par Michel Thibault
Les maigres revenus de la vente de terrains plombent les finances de Beauharnois
Bruno Tremblay

La Ville de Beauharnois tire beaucoup moins de revenus que prévu de la vente de terrains à vocation industrielle lui appartenant. Et dans lesquels elle a investi près de 30 M $. La situation financière de la Ville en souffre.

Le maire Bruno Tremblay a présenté à l’assemblée municipale du mardi 20 août les états financiers de la Ville de l’année 2018. L’exercice se termine avec un déficit de fonctionnement de 1,5 M $, les dépenses atteignant 25,3 M $ et les revenus 23,7 M $. La Ville présentera une demande au ministère des Affaires municipales pour adopter un règlement d’emprunt pour combler le déficit, a indiqué le premier magistrat.

Pour boucler l’année 2018, près de 6,6 M $ ont aussi été puisés dans le surplus de la municipalité. Le manque à gagner résulte du fait que le conseil municipal escomptait dans son budget 2018 des revenus de 6,7 M $ provenant de la vente de terrains. «Malheureusement, ces ventes-là ne se sont pas faites», a révélé Bruno Tremblay. La vente de terrain a rapporté 60 000 $ à la Ville en 2018.

La problématique persiste. Pour équilibrer son budget 2019, le conseil a augmenté les taxes de 15 %, coupé des postes, sabré des dépenses et prévu des revenus de 4 M $ provenant de la vente de terrain. Rendu à mi-année, les transactions immobilières ont enrichi la Ville de 500 000 $, soit environ le quart de la cible. Le maire Tremblay entrevoit cependant une embellie. La municipalité a plusieurs offres d’achat sur la table, a-t-il assuré.

Bas de laine rouge

Le surplus de la Ville se chiffrait à 9,6 M $ au 1er janvier 2018. Il est passé dans le rouge au 31 décembre 2018 à – 9,3 M $. Une ponction de 8,1 M $ a servi à payer des activités de fonctionnement. La Ville a aussi affecté 7,9 M $ au «redressement du parc industriel». Ce, en lien avec l’achat par la municipalité en 2012 de terrains d’Hydro-Québec dont une partie a été vendue à Ikea. Les revenus de la transaction n’avaient pas été appliqués au remboursement de l’emprunt concerné, comme l’exige la loi, a répété le maire Tremblay mardi. La Ville a corrigé le tir à la suite d’une demande du ministère des Affaires municipales.

La municipalité n’a pas à payer les 9,3 M $ maintenant. «C’est clair que les prochaines ventes de terrain vont obligatoirement être affectées à la réduction de la dette au montant minimalement de 7,8 M $», a averti Bruno Tremblay. La date butoir est 2023.

Ministère des Affaires municipales

À la demande du maire Tremblay, le ministère des Affaires municipales a amorcé en décembre 2017 une vérification des finances de la Ville de Beauharnois. Avec le soutien du ministère, la municipalité a notamment resserré les contrôles de ses dépenses, a rappelé Bruno Tremblay. «On est là pour accompagner la municipalité. On veut aider et on aide déjà», a affirmé la ministre Andrée Laforest, en entrevue à RDI mercredi, qui posait la question «Beauharnois au bord du gouffre ?». «L’administration en place a déjà pris des mesures pour redresser la situation et elle devra continuer», a affirmé la ministre à RDI.

À lire aussi : Le ministère scrute les opérations de Beauharnois à la demande du maire

Irrégularités dans l’octroi de contrats à Beauharnois entre 2015 et 2017

L’ancienne administration de Beauharnois pointée du doigt par le Commissaire à l’intégrité municipales

Une hausse de 15 % qui fait des vagues à Beauharnois

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Notifier de