Noyade au barrage : des recommandations du coroner pas suivies

Noyade au barrage : des recommandations du coroner pas suivies
Le barrage dangereux (Photo : Michel Thibault)

La Ville de Châteauguay n’a pas suivi toutes les recommandations du coroner qui a mené l’enquête sur la noyade de Valérie Fournel le 11 juin 1999.  

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À l’époque âgée de 14 ans, l’adolescente a perdu tragiquement la vie lorsqu’elle a été aspirée dans un passage pour poissons communément appelé le « fish way » dans un barrage de la rivière à Châteauguay.

Dans son rapport d’investigation daté du 3 septembre 1999, feu le coroner Dr Roger Laberge recommande à la Ville de Châteauguay d’installer sur les deux rives des panneaux interdisant la baignade et la traversée à pied du barrage. « Je recommande aussi que sur ces panneaux un montant substantiel d’amende y soit inscrit de façon à décourager les jeunes de passer », écrit-il.

Le conseil municipal de l’époque a fait placer une clôture compliquant l’accès au barrage et des affiches interdisant la baignade mais pas de montant d’amende.

Une clôture et un panneau d’interdiction de baignade ont été installés.

Le coroner recommandait aussi à la Ville et au Procureur général du Canada, ministre de la justice « qu’on étudie sérieusement les lieux du « fish way » et qu’on installe un genre de grillage en amont du barrage qui empêcherait les gens de s’y faire engloutir mais qui permettrait cependant aux poissons de pouvoir y passer. Ou tout autre solution adéquate. » Aucun grillage n’a été ajouté à ce jour.

Inquiétudes

La question de la sécurité au barrage a été soulevée par une citoyenne, Gail Catherine Walker, qui a interpellé le conseil municipal à ce sujet le 15 juin.

Avec le bas niveau de la rivière, le haut du barrage est à sec et des jeunes s’y aventurent. Tout le monde n’étant pas au courant du piège que cache l’endroit,

Mme Walker a dit redouter que survienne une nouvelle tragédie. Les élus ont indiqué qu’ils verraient ce qu’il est possible de faire pour améliorer la sécurité.

Les conditions étaient semblables à celles d’aujourd’hui lorsque Valérie Fournel a péri. « À la date de la tragédie, 11-06-99, le niveau de l’eau de la rivière était assez bas et il était à sec; ce qui permettait aux gens de traverser à pied », indique le rapport du coroner.

Croquis tiré du rapport du coroner montrant le fish way

La tragédie

Valérie Fournel et des amis ont marché sur le barrage pour atteindre une petite île. « En voulant sauter le fish way, elle a glissé sur les algues, perdu pied et s’est retrouvée entraînée par le courant en dessous du barrage », fait part le coroner.

« Avec le courant qui arrive de l’amont, il se fait une succion très importante qui siphonne un peu tout et qui l’entraîne en dessous du barrage de ciment. Vitesse d’entrée et de sortie très violentes », détaille-t-il.

« Ses copains ont tenté l’impossible pour la sortir de sa mauvaise position mais en vain. Leurs cris à l’aide ont fait qu’un résident de la rive a appelé les policiers à 20 :06 et à 20 :10 ils étaient sur les lieux. Les deux policiers, aidés de deux pompiers, ont eu toutes les misères à sortir Valérie d’en dessous. »

Six personnes ont perdu la vie au barrage depuis 1944.

 

Les six victimes

Valérie Fournel (1999)

Gordon Gardner (1975)

Paul Deschênes (1968)

Paul Tissel (1968)

Christopher Brown (1963)

Cécile Dumouchel (1944)

 

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